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Mythologie
 
 

 

 

Les Capétiens


CHAPITRE PREMIER : La France au XI° siècle, ou l’apogée du régime féodal


II : Les quatre premiers Capétiens (987 – 1108)

           

            1° Hugues Capet (987 – 996) – En 987, il était loin le temps où Charlemagne régnait en maître sur l'Europe entière. Au fil des siècles, le pouvoir royal avait été battu en brèche, et, à son avènement sur le trône de France, Hugues Capet ne possédait qu'un minuscule territoire.

La France en 987.

L'élection d'Hugues Capet, gravure issue de l'ouvrage Histoire de France, par François GUIZOT, France, 1875

 

Cependant, le changement de dynastie fit peu de sensation, car l’on s’attendait à cet événement depuis longtemps déjà. Le nouveau roi fut donc reconnu quasiment partout, sauf dans le Midi. Mais les seigneurs les plus puissants, comme le comte de Poitiers, le duc d’Aquitaine, le comte de Toulouse et le comte de Barcelone firent hommage à Hugues, soit immédiatement, soit après une courte hésitation. Dans le Nord, seul le comte de Champagne refusa le serment, et son refus dura jusqu’à sa mort.

Le principal rival du roi était Charles de Lorraine, qui réclamait la couronne en qualité d’héritier de son neveu Louis V. Charles se rendit maître de la place forte de Laon, et Reims lui fut livrée par traîtrise. Hugues parvint à reprendre Reims, mais échoua devant Laon. Mais la trahison vint au secours du roi : Charles fut chargé de chaînes et livré à Hugues Capet, qui l’enferma dans la tour d’Orléans, où il mourut un an après.

 

            Le règne de Hugues Capet fut, au final, aussi peu agité que court. Le roi mourut en 996, âgé de 54 ans. En 988, il avait déjà fait couronner roi et associer au trône son fils Robert. Pendant deux siècles, les Capétiens prirent coutume de faire couronner de leur vivant leur fils aîné. Ainsi, grâce à cet usage, la royauté qui était élective à l’avènement des Capétiens, devint héréditaire, comme sous la dynastie mérovingienne et carolingienne.

Hugues Capet, par RAGGI, XIX° siècle, château de Versailles, Versailles.

 

            2° Robert le Pieux (996 – 1031) – Robert fut surtout connu pour sa piété, d’où son surnom. Le roi se rendait souvent dans les églises, et là, couvert de ses habits royaux, il chantait avec les moines. Poète et musicien, il aimait composer des chants religieux. Etre charitable, il venait au secours de nombreux pauvres, leur distribuant de la nourriture.

 

Robert, qui avait pris pour épouse une parente, Berthe, du chasser cette dernière devant les menaces proférées par Rome.

L'excommunication de Robert II, peinture académique orientaliste de Jean-Paul LAURENS, XIXe siècle, conservée au Musée d'Orsay.

Il se résolut à obéir, et épousa Constance en secondes noces, fille du comte de Toulouse. Cette dernière, fière et impérieuse, n’appréciait pas la piété de son époux, et emmena avec elle à la cour les mœurs légères du Midi. La cour se scandalisa d’abord, puis commença à imiter la reine.

Robert le Pieux et son épouse, scandalisée par la vie quasi-monachale du roi, par Paul Lehugeur, XIX° siècle.

Le règne de Robert, s’il fut long (contrairement à celui de son père.), reste cependant peu riche en faits.

En 1010, à la nouvelle que le calife du Caire venait de renverser l’église du Saint Sépulcre à Jérusalem, le peuple, croyant que les juifs étaient complices du sacrilège, en tua un grand nombre. Et en 1016, le duché de Bourgogne fut réuni à la couronne puis à nouveau détaché quelques années plus tard.

Gisant de Robert II, réalisé à la demande de Saint Louis, vers 1263-1264, église saint Denis.

 

            3° Henri I (1031 – 1060) – Bien que sacré du vivant de son père, Henri eut à lutter contre l’ambitieuse constance, sa mère, qui voulait la couronne pour son quatrième fils, Robert.

Statue d'Henri I°, château de Versailles.

Henri, soutenu par Robert le Diable, duc de Normandie, l’emporta, mais il dut céder la Bourgogne à son frère, et ainsi commença la première maison capétienne de Bourgogne, qui s’éteignit en 1361. Le roi paya les services de Robert le Diable quelques années après, en secourant son jeune fils et héritier, Guillaume le Bâtard, contre ses vassaux révoltés.

Henri I° en campagne, par Jean Fouquet, enluminure issue de l'ouvrage Grandes chroniques de France, Paris, France, XV°siècle.

Mais Henri I ne tarda pas à s’inquiéter de la puissance du jeune duc, et, pour l’affaiblir, s’associa avec le comte d’Anjou, Geoffroy Martel. Le roi ne réussit qu’à se faire battre à plusieurs reprises, notamment en 1054 à Montemer.

 

            4° L’an mille – Aux alentours de l’an mille, la France subissait les affres de la maladie, de la famine, de la guerre. Tout ces maux arrivèrent à un point tel que l’on crut la fin du monde prochaine. Cependant, les chroniques de l’époque ne rattachent pas la fin des temps à l’an mille en particulier.              

En outre, sous le règne de Henri I, en 1033, une famine ravagea la France entière. Les chroniqueurs de l’époque racontent que les pluies avaient causé de graves inondations, la moisson fut perdue, et il fallut se nourrir de bêtes et d’oiseaux. Une fois cette ressource épuisée, les gens se nourrirent de l’écorce des arbres et de l’herbe des ruisseaux. Les sources affirment que certains se résolurent à consommer de la viande humaine, attirant des enfants pour ensuite les dévorer, ou déterrant les cadavres et s’en faisant un repas. On peut cependant se demander ici où s’arrête la réalité et où commence la fiction, alimentée par les fantasmes des chroniqueurs (à noter que certains d'entre eux crurent voir la fin du monde arriver, mille années s'étant écoulées depuis la mort du Christ, en 33 après Jésus Christ[1]…).

 

Ce qui se dégage de ces récits du XI° siècle, c’est l’impression d’une profonde angoisse vis à vis du futur, d’une grande inquiétude concernant la banalisation de la violence (de plus en plus présente depuis la fin du règne de Charlemagne.).

C’est à cette époque que l’Eglise lança de vastes mouvements de paix, constatant que le pouvoirs des rois n’étaient plus en mesure d’assurer la paix publique. C’est ainsi que furent mises en place la Paix de Dieu (1020.) et la Trêve de Dieu (1041.) : les professionnels de la guerre étaient sommés de cesser de se battre du jeudi au samedi (en souvenir de la Passion du Christ.), ainsi que lors des temps forts de l’année liturgique (Avent, Carême, Pâques, etc.).

La Paix de Dieu et la Trêve de Dieu ne mirent bien évidemment pas fin à la violence, mais parvinrent cependant à la limiter. En outre, il s’en dégageait une notion de guerre injuste (les conflits entre chrétiens.) et de guerre juste (qui plus tard se transforma en guerre sainte.).

Gisant de Henri I, réalisé à la demande de Saint Louis, vers 1263-1264, église saint Denis.

 

            5° Philippe I (1060 – 1108) – Philippe I monta sur le trône à l’âge de huit ans, et son règne de 49 ans fut à peu près stérile. Pendant que Guillaume de Normandie, son vassal, conquérait l’Angleterre, alors que de nombreux seigneurs participaient à la première croisade, le roi resta inactif.

Portrait de Philippe I, par Jean de TILLET, oeuvre peinte au XVI°.

Philippe I reste surtout dans les mémoires pour avoir eu un comportement particulièrement peu élogieux, dont il s’excusa à la fin de sa vie. En effet, il avait répudié la reine Berthe, dont il avait eu deux enfants, puis avait ensuite enlevé à son vassal, Foulques d’Anjou, son épouse Bertrade.

Philippe I°, son épouse Berthe, et leur deux enfants Louis et Constance, enluminure issue de l'ouvrage Grandes chroniques de France, Paris, France, XIV°siècle .

Au bout de dix ans de vie commune, de 1094 à 1104, menacé d’excommunication par le pape, Philippe dut mettre fin à cette relation.

Philippe I° et Bertrade, par Paul Lehugeur, XIX° siècle.

Au bout de quelques années, le roi s’aperçut que Guillaume le Conquérant, qui avait rattaché le royaume d’Angleterre à son duché de Normandie, devenait un vassal redoutable. Philippe I tenta de soutenir une révolte fomentée par le fils aîné de Guillaume, Robert Courte Heuse. Hélas pour lui, le soulèvement échoua. Furieux contre le roi de France, le duc de Normandie voulut se venger, mais la mort le surprit en 1087, avant qu’il ne puisse mettre ses menaces à exécution.   

Philippe I parvint cependant à ajouter au domaine royal la ville de Corbie, le Vexin, le Valois et la ville de Bourges.

La France au XI° siècle.

La mort de Philippe I°, enluminure issue de l'ouvrage Chroniques de France, Paris, France, XV°siècle.

 

[1] Pour en savoir plus sur l’an mil et l'an 1033, cliquez ici !

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