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Mythologie
 
 

 

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Histoire de la Grèce antique


CHAPITRE TROISIÈME :
L'époque classique (V° - IV° siècles avant Jésus Christ)

 

IV : La deuxième guerre médique

           

            1° Les préparatifs de l’invasion – Lorsque Darius I° mourut en 486 avant Jésus Christ, ce fut son fils Xerxès qui lui succéda sur le trône. Ce dernier, tout comme son père, voulait se venger des Grecs pour l’affront qu’ils avaient fait subir à l’Empire perse à Marathon.

Cependant, avant de se lancer dans ce nouveau conflit, Xerxès dut réprimer l’insurrection d’Égypte, ainsi qu’un soulèvement à Babylone.

Une fois les révoltes matées, le roi de Perse put concentrer toute son attention sur la Grèce. Les préparatifs en vue de cette nouvelle expédition furent très longs, et rien ne fut laissé au hasard. En outre, Xerxès fit alliance avec les Carthaginois, qui reçurent l’ordre d’attaquer les Grecs résidant en Grande Grèce (Sicile et Italie du sud.). Ainsi, les habitants de cette région ne pourraient pas prêter main forte à leurs compatriotes, les Grecs vivant en Grèce.

Les Perses savaient qu’ils pouvaient aussi compter sur les habitants des territoires qu’ils avaient conquis, comme les Thraces et les Ioniens. Xerxès reçut en outre l’aide de cités grecques continentales (en Locride et en Béotie.), la plus importante étant Thèbes.

Xerxès décida de suivre les plans d’invasion de son cousin Mardonios. Ce dernier s’inspira des plans de l’expédition ratée de 492 avant Jésus Christ. Son projet était de transporter jusqu’à Athènes une armée de terre par l’Hellespont, puis passant par la Thrace et la Macédoine ; alors que la flotte suivrait par mer un chemin parallèle. Athènes serait alors le point de jonction des deux armées.

Xerxès fit alors ancrer dans le détroit de l’Hellespont des centaines de navires, qui formèrent alors deux ponts (l’un comptait 360 embarcations, l’autre 314.). Après avoir été ancrés, ils furent liés entre eux par des cordes. Les Perses y posèrent ensuite des planches, entourées de barrière de bois (afin que les animaux ne soient pas effrayés par la mer.).

Le roi de Perse fit aussi creuser un canal dans l’isthme d’Acté, afin que ne se reproduise pas la mésaventure de 492 avant Jésus Christ.

 

            2° La réaction des Grecs – Au printemps 480 avant Jésus Christ, Xerxès lança l’offensive. Son armée franchit les deux ponts de navires, alors que les Carthaginois partirent attaquer les Grecs de Sicile (ils furent cependant vaincus à Himère, par Gélon de Syracuse. Cependant, ce dernier ne vint pas au secours de ces compatriotes par la suite.).

Quels étaient les effectifs de l’armée perse ? Hérodote raconte que Xerxès avait sous ces ordres 1 700 000 soldats, chiffre qui semble largement exagéré. Aujourd’hui, l’on estime que le roi de Perse avait une armée d’environ 300 000 hommes (composée de nombreux peuples : Perses, Mèdes, Assyriens, Indiens, Caspiens, Ethiopiens, Lybiens, Ioniens, etc.), et que sa flotte se composait de 1 200 navires (en provenance d’Egypte, Phénicie, Perse, etc.).

 

Les Grecs, quant à eux, avaient vu avec appréhension l’armée perse se préparer à l’invasion. A l’automne 481 avant Jésus Christ, les cités de Grèce se réunirent à un congrès qui eut lieu à Corinthe (présidé par Sparte.). Les 31 villes présentes décidèrent alors de s’unir contre l’armée perse et de lever des troupes. Il fut décidé que l’armée de terre serait dirigée par le roi de Sparte, Léonidas ; la marine fut confiée à Eurybiade, un autre Spartiate (C’est Athènes qui fournit cependant le plus grand nombre de navires, commandés par le stratège Thémistocle.).   

Les Grecs de la Ligue de Corinthe n’opposaient donc aux Perses qu’une armée composée de 20 000 hommes environ, ainsi que de 350 navires.

Cependant, au cours de l’hiver 481 – 480 avant Jésus Christ, les Grecs coalisés ne parvinrent pas à s’entendre sur la mise en place d’un plan de bataille : ils ne purent donc pas empêcher l’invasion de la Thessalie par les Perses.

Il fallut attendre le mois d’août 480 pour que les Grecs mettent un plan au point : ils choisirent d’occuper les Thermopyles, une position défensive donnant accès à la Béotie et à la Grèce centrale. La flotte grecque, de son côté, s’installa au nord de l’Eubée, à l’Artémision (ainsi, les Perses ne pourraient prendre les Grecs placés aux Thermopyles à revers.).

Ainsi, les Perses, s’ils voulaient conserver leur contacts avec la flotte, étaient obligés de passer par le défilé des Thermopyles : un chemin zigzagant, large d’une dizaine de mètres.

 

            3° La bataille des Thermopyles – Après être passées par la Thessalie, les soldats perses descendirent vers le sud. La flotte, quant à elle, attendit pendant une dizaine de jours afin que la jonction entre les troupes terrestres et maritimes puisse avoir lieu au bon moment. 

Eurybiade, voyant arriver cette imposante escadre, préféra quitta l’Artémision, longeant le canal d’Eubée jusqu’à Chalcis, où il prit position.

Voyant le repli de leur adversaire, la flotte perse décida de descendre plus vers le sud. Cependant, une violente tempête s’abattit sur les Perses, qui perdirent en quelques jours plusieurs centaines de navires (entre 300 et 400.).

Apprenant la nouvelle, Eurybiade décida de reprendre sa position à l’Artémision. C’est alors qu’Achéménès, l’amiral de la flotte perse, décida de faire diversion. Il envoya 200 navires contourner l’Eubée par le sud, mais ces derniers furent pris dans une nouvelle tempête, et sombrèrent tous.

En août 480 avant Jésus Christ, les Perses décidèrent alors de s’attaquer aux Thermopyles. Cependant, bien que disposant d’une armée supérieure en nombre, les Perses ne parvinrent pas à prendre le défilé, vaillamment défendu par Léonidas.

C’est alors que les Grecs furent trahis par un citoyen de Malia nommé Ephialtès. Ce dernier révéla aux Perses qu’il existait un sentier qui leur permettrait de prendre Léonidas et ses troupes à revers.

Léonidas, se rendant compte de la manœuvre des Perses, renvoya ses alliés grecs. Il décida de rester sur place, seulement accompagné de 300 Spartiates, afin que l’armée grecque puisse se retirer en bon ordre et se réorganiser.

Léonidas aux Thermopyles, par Louis DAVID, 1814, musée du louvre, Paris.

 

Les troupes de Xerxès, ayant réussi à encercler les Spartiates, les tuèrent tous, jusqu’au dernier.

Plus tard, un mausolée fut érigé en ce lieu, portant l’inscription suivante : Passant, va dire à Sparte qu'ici ses fils sont morts pour obéir à ses lois

 

            4° Le sac d’Athènes –Après la bataille, les Perses continuèrent d’avancer vers Athènes, le lieu qui devait voir la jonction entre l’armée et la flotte. Les hommes de Xerxès soumirent au passage les villes de Béotie (dont Thèbes, qui se rendit sans combattre.).

Les Perses se rendirent ensuite en Attique, progressant vers Athènes. Les habitants de la ville étaient alors dans une situation délicate : la ville ne possédait pas de remparts, et les troupes étaient trop peu nombreuses pour rivaliser avec les Perses.

Thémistocle décida alors d’évacuer la population vers les cités environnantes. Seule une poignée d’habitants de la ville, désireux d’en découdre avec les Perses, décidèrent de rester. Ils furent massacrés par les hommes de Xerxès, qui pillèrent ensuite la cité.

 

            5° La bataille de Salamine – La flotte grecque était alors à l’Artémision quand eut lieu la bataille des Thermopyles. Les chefs décidèrent alors de se retirer vers le sud.

La situation, en août 480 avant Jésus Christ, était désastreuse pour les Grecs : le défilé des Thermopyles été tombé, la Béotie avait été prise, Athènes avait été pillée. Le frère de Léonidas, le roi de Sparte Cléombrote I°, décida de concentrer ses efforts sur la protection du Péloponnèse, décidant de construire un mur sur l’Isthme de Corinthe. La flotte grecque, quant à elle, abandonna l’Attique et se réfugia à Salamine.

Xerxès décida alors de les y attaquer, persuadé que la supériorité numérique de la marine perse lui donnerait l’avantage. En effet, les Perses possédaient entre 500 et 600 navires (Hérodote avance le chiffre de 1 200 navires, ce qui correspondait à l’effectif de la marine perse au début du conflit.), alors que les Grecs ne pouvaient en aligner que 350 environ.

Le commandant de la flotte grecque, Eurybiade, préférait se retirer vers le Péloponnèse, afin de se rapprocher des forces terrestres. Thémistocle, pour sa part, lui demanda de rester à Salamine. Ce dernier pensait, à juste titre, que les navires ennemis ne pourraient que se gêner mutuellement en s’engageant dans le détroit, et seraient alors des proies faciles pour la flotte grecque.

Au matin du 29 septembre 480 avant Jésus Christ, les Perses engagèrent le combat. Ils progressèrent dans le défilé, à la poursuite de la flotte grecque. C’est alors que cette dernière apparut, et fondit sur l’ennemi. Les navires perses, trop nombreux, ne purent manœuvrer dans cet étroit passage : les trirèmes grecques, plus rapides et mieux dirigées les éperonnèrent alors de flanc.   

Le plan de Thémistocle fonctionna à merveille, et, bien que les Perses et leurs auxiliaires luttèrent avec courage, ils connurent à Salamine une sanglante défaite (ils perdirent environ 200 navires.). Après douze heures de lutte, les Perses se retirèrent en désordre, se repliant sur Phalère.

Thémistocle décida de ne pas poursuivre la flotte Perse, craignant une hypothétique contre attaque de leur part (les Grecs avaient perdu une quarantaine de navires, et ne se sentaient pas en position dominante face à leur ennemi.).

 

            6° La bataille de Platées – En fait, l’on peut se poser des questions quant au comportement de Xerxès suite à la bataille de Salamine. En effet, la marine de Xerxès avait connu une cuisante défaite. Cependant, les Perses possédaient alors quasiment autant de navires que n’en possédait les Grecs ; et d’autre part, les ressources de l’Empire perse étaient alors bien plus grandes que ne l’étaient celles des cités grecques. Construire de nouveaux navires était une tâche beaucoup plus aisée pour les Perses que pour les Grecs (dont les chantiers de l’Attique avaient été détruits lors du conflit.). 

En outre, si la flotte perse avait été vaincue à Salamine, ce n’était pas le cas de l’armée de terre, qui elle était intacte.

Quoi qu’il en soit, Xerxès préféra rentrer en Perse, confiant ses troupes à son cousin Mardonios (l’armée comptait alors plus de 100 000 soldats.). Les Perses hivernèrent donc en Grèce continentale, en Thessalie.

Thémistocle, voyant que les Perses étaient inactifs, proposa de partir à l’assaut, mais Eurybiade préféra rester sur la défensive.

Au cours de l’hiver, des ambassades en provenance de Perse se rendirent dans les cités grecques, leur demandant de s’allier avec Xerxès. Ces dernières furent partout rejetées.

 

Finalement, au printemps de l’année 479, Mardonios et ses troupes se remirent en mouvement. Ils ré-envahirent l’Attique, ré-occupèrent Athènes et s’installèrent en Béotie.

A la même époque, les Grecs levèrent une armée, commandée par Pausanias, régent de Sparte et neveu de Léonidas (l’on y trouvait des Spartiates et des Athéniens en majorité, ainsi que des soldats issus de différentes petites cités de Grèce.). Au total, l’on estime aujourd’hui que les effectifs grecs étaient de l’ordre de 40 000 soldats environ.

L’armée grecque franchit alors l’isthme de Corinthe, progressant vers la Béotie. Mardonios, quant à lui, installa ses hommes près de la cité de Platées.

 

            Les deux armées se retrouvèrent alors face à face. Le 27 août 479 avant Jésus Christ, Mardonios décida de lancer l’assaut. Les Perses se heurtèrent alors à une farouche résistance de la part des Grecs, en particulier des Spartiates, et Mardonios trouva la mort au cours du combat.

C’est alors que les Perses, pourtant bien supérieurs en nombre, décidèrent de se retirer, en direction de l’Hellespont. Les Grecs victorieux s’emparèrent alors d’un important butin dans le camp de Mardonios.

Par la suite, l’armée grecque s’empara de Thèbes, qui avait collaboré avec les Perses, et les dirigeants de la ville furent exécutés.

 

            7° La bataille du cap Mycale – La victoire grecque fut complétée par la destruction de la flotte perse au cap Mycale, à l’automne 479 avant Jésus Christ : en effet, les navires qui avaient été épargnés lors de la bataille de Salamine avaient été tirés à terre près du cap Mycale. Les Grecs avaient ensuite incendié ces navires, suite à une attaque surprise.

Cet évènement est traditionnellement considéré comme la fin de la seconde guerre médique.

 

Cependant, d’autres affrontements eurent lieu peu après : les Grecs (principalement des Athéniens, dirigés par Cimon, le fils de Miltiade.) s’attaquèrent aux possessions perses de l’Hellespont et des îles de la mer Egée.

En 478 avant Jésus Christ, la prise de Sestos, à l’entrée des détroits, marqua la fin de la menace perse et le début d’une nouvelle politique athénienne d’expansion maritime

La paix (dite paix de Callias.) ne fut officiellement signée avec le roi Artaxerxés qu’en 449 avant Jésus Christ[1].

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[1] Nous reviendrons sur le déroulement de ces évènements à la section suivante.

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