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Mythologie
 
 

 

 

La troisième république (1870 - 1945)

CHAPITRE CINQUIEME : L’entre-deux-guerres

(novembre 1918 à septembre 1939)

 

I : La difficile gestion de l’après-guerre (1918 à 1929) - partie 2

           

            7° Le long ministère Poincaré (janvier 1922 à juin 1924), l’arrivée de Mussolini au pouvoir (octobre 1922) Briand ayant présenté sa démission, Millerand décida de confier la charge de président du conseil à Raymond Poincaré[1].

 

Plusieurs radicaux ayant décidé de quitter le gouvernement (ces derniers étaient hostiles au rétablissement des relations diplomatiques avec le Vatican[2].), Poincaré fut contraint de remanier le précédent ministère.

Faisant appel à une majorité de membres de l’AD ou de la FR, le nouveau président du conseil, conservant le ministère des Affaires étrangères, confia à Barthou le portefeuille de la Justice ; Frédéric François-Marsal eut des Finances ; Sarraut reçut les Colonies ; enfin, Maginot fut nommé ministre de la Guerre et des Pensions.

 

a) L’Italie d’après guerre : l’Italie, depuis 1881 membre de la Triplice[3], avait décidé de rejoindre les alliés en 1915. Toutefois, ce renversement des alliances n’était pas désintéressé, le gouvernement italien comptant récupérer plusieurs territoires, dès la fin de la guerre : le Trentin, l’Haut-Adige, Trieste, l’Istrie et la Dalmatie[4].

 

Cependant, la conférence de Versailles, organisée au printemps 1919, fut une véritable déconvenue pour Vittorio Emanuele Orlando[5], le président du conseil italien. Ainsi, sur tous les territoires réclamés en 1915, seule Trieste lui fut cédée.

Outré, Orlando décida de quitter la conférence de paix à la fin avril 1919, et son ministère fut renversé en juin.

 

Son successeur, Francesco Saverio Nitti[6], fut contraint de faire face à une importante agitation, menée aussi bien par l’extrême-gauche que par l’extrême-droite, de nombreux Italiens étant scandalisés par les clauses du traité de Versailles.

Francesco Saverio Nitti.

Cependant, une partie des revendications italiennes furent satisfaites lors de la conférence de Saint-Germain-en-Laye, l’Italie recevant le Trentin et l’Haut-Adige ; toutefois, l’Istrie et la Dalmatie étaient rétrocédées au royaume des Serbes, Croates et Slovènes[7].

 

La question de l’Istrie fut une pomme de discorde qui envenima pendant plusieurs mois les relations internationales.

C’est ainsi que Fiume, qui devait être placée sous mandat de la SDN, fut prise en septembre 1919 par l’italien Gabriele d’Annunzio[8]. Ce dernier, vétéran de la première guerre mondiale, offrit alors au gouvernement italien d’annexer la ville, mais ce dernier préféra refuser.

Gabriele d'Annunzio.

D’Annunzio y fonda alors la régence italienne du Carnaro en septembre 1920, Etat utopiste combinant idées démocratiques, communistes et fascistes.

Drapeau de la république italienne du Carnaro.

Mais en novembre 1920, le gouvernement italien de Giovanni Giolitti[9] signa le traité de Rapallo avec le royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Ainsi, L’Italie abandonnait ses prétentions sur la côte dalmatienne, mais elle récupérait l’Istrie (hors Fiume.).

Giovanni Giolitti.

En décembre 1920, la marine italienne chassa d’Annunzio et ses hommes de la ville, qui fut rétrocédée au royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

 

b) La montée du fascisme, la marche sur Rome de Benito Mussolini (octobre 1922) : comme nous venons de le voir, de nombreux Italiens avaient été déçus par les différents traités de paix signés entre 1919 et 1920.

Benito Mussolini[10], ancien membre du parti socialiste italien, créa les faisceaux de combat en mars 1919. Cette organisation était à l’origine un regroupement de syndicalistes et de nationalistes, dotée d’un programme mélangeant socialisme et nationalisme : suppression des spéculations boursières, soutien à la SDN, prétentions sur Fiume, etc.

 

A l’hiver 1920, Mussolini se déclara favorable au traité de Rapallo, ce qui lui permit de se rapprocher avec Giolitti, président du conseil italien.

Fort de ce soutien, Mussolini se présenta aux élections législatives de mai 1921, se faisant élire député et récupérant 35 sièges.

 

Forts ce succès à la Chambre des députés, les fascistes, organisés en squadres[11], lancèrent de nombreuses expéditions punitives dans les campagnes d’Italie, organisées à l’encontre des syndicalistes, des grévistes et des socialistes.

Les faisceaux de combat, transformés en parti national fasciste en novembre 1921, parvint à s’emparer de villes de taille moyenne pendant l’été 1922 : Milan, Gênes, Parme, Trente, Ancône, etc.

 

Mussolini, à la tête d’un parti comptabilisant près de 300 000 membres, décida de marcher sur Rome à la fin octobre 1922

Cependant, craignant que le coup d’Etat soit un échec, ce furent les lieutenants de Mussolini, à la tête de 40 000 hommes[12], qui organisèrent la marche sur Rome.

La marche sur Rome, octobre 1922.

Le roi d’Italie, Victor Emmanuel III, était alors à la tête d’une armée bien équipée et mieux entraînée que les milices fascistes. Toutefois, ce dernier préféra négocier avec Mussolini, préférant éviter de plonger le pays dans la guerre civile.

Victor Emmanuel III.

Mussolini ayant refusé le portefeuille des Affaires étrangères, Victor Emmanuel III décida alors de confier au président du PNF la charge de président du conseil[13].

 

            8° Le long ministère Poincaré (janvier 1922 à juin 1924), l’invasion de la Ruhr (janvier 1923 à janvier 1925) – En 1922, l’économie française n’était pas au beau fixe. Ainsi, outre les dettes colossales contractées par l’Etat[14] et l’important coût de reconstruction des départements du nord de la France, l’inflation avait multiplié les prix par trois, entre 1914 et 1922.

 

Le paiement de l’indemnité de guerre allemande prenait du retard, les tensions montèrent peu à peu entre Paris et Berlin. Ainsi, de nombreux journaux de droite réclamait la saisie de gages en Allemagne afin de contraindre le Reich à payer ; par ailleurs, de nombreux députés étaient favorable à un coup de force.

Ainsi, le 10 janvier 1923, Poincaré d’envahir la Ruhr, la plus riche région industrielle d’Allemagne. Ce faisant, la France était désavouée par l’Angleterre, mais bénéficiait du soutien de la Belgique.

Entrée des troupes françaises dans Wiesbaden, janvier 1923.

 

a) Petite histoire de la république de Weimar (1918 à 1923) : comme nous l’avons vu lors du chapitre précédent, Friedrich Ebert, membre du parti social-démocrate d’Allemagne[15], avait été nommé chancelier[16] le 9 novembre 1918.

Malgré des conditions très dures[17], ce dernier avait incité la délégation allemande à signer l’armistice le plus rapidement possible, ce qui fut chose faite le 11 novembre[18].

Cependant, si l’Allemagne avait été vaincue militairement, la guerre n’avait pas été portée sur son sol[19]. Ainsi, de nombreux militaires diffusèrent l’idée de la Dolchstoßlegende, la « légende du coup de poignard dans le dos », disculpant l’armée allemande et rejetant la responsabilité de la défaite sur les civils de l’arrière, les juifs et les communistes.

Affiche de propagande allemande (les participants de la conférence de Versailles (France, Angleterre, Etats-Unis, Japon et Italie) sont assis sur un bloc représentant le traité incriminé. Ce dernier est peu à peu renversé par deux mains géantes sortant d'un tombeau, sur le quel porte l'inscription : "c'est ici que réside la vérité").

 

A l’hiver 1918, Ebert se rapprocha toutefois de l’Oberste Heeresleitung (il s’agissait de l’Etat-major allemand, qui contrôlait le pays depuis 1914.), dirigé par le général Wilhelm Grœner[20].

Cette alliance accordait une certaine sécurité à la jeune république de Weimar[21], mais elle était perçue comme une trahison par la frange gauche de l’échiquier politique.

 

Ainsi, d’importantes émeutes éclatèrent à Berlin en janvier 1919, menées par près de 500 000 ouvriers en grève. Cet évènement fut surnommé révolution spartakiste (du nom de la ligue spartakiste[22], mouvement d’extrême-gauche, qui avait fondé le parti communiste allemand[23] en décembre 1918.), même si les spartakistes ne participèrent pas (ou tardivement.) à cette révolte populaire.

La révolution spartakiste, janvier 1919.

Cependant, la révolution spartakiste fut matée dans le sang grâce au soutien de l’armée. Plusieurs centaines d’ouvriers furent passés par les armes, ainsi que Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, fondateurs de la ligue spartakiste.

Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht.

 

Suite aux élections législatives de janvier 1919, une majorité de députés modérés firent leur entrée au sein de l’assemblée nationale allemande (les communistes avaient refusé de se présenter.). Ebert fut alors élu président du Reich[24] par les députés.

 

Cependant, la jeune république de Weimar se retrouva malgré elle la cible de toutes les critiques, émanant de l’extrême-gauche (qui souhaitait imiter la Russie révolutionnaire.) comme de l’extrême-droite (qui était opposée à la démocratie et regrettait l’Empire.).

C’est dans ce contexte tendu que se déroula le putsch de Kapp, en mars 1920. L’amiral Herman Ehrardt, à la tête d’une milice composée de 6 000 hommes, marcha vers Berlin, contraignant le gouvernement à s’enfuir à Stuttgart.

A l’issue de ce coup de force, Ehrardt invita le journaliste conservateur Wolfgang Kapp (fondateur en 1917 du parti Allemagne mère-patrie[25].) à former un nouveau gouvernement.

L'amiral Ehrardt et Wolfgang Kapp.

Cependant, si l’armée allemande (la Reichswehr[26].) refusa de tirer sur les insurgés, les partis de gauche et les syndicats appelèrent les ouvriers et les fonctionnaires à une grève massive.

Le putsch de Kapp, mars 1920.

N’étant pas en mesure de gouverner, Kapp abandonna ses fonctions quatre jours après le putsch[27].

Cependant, ce coup de force démontra la faiblesse de la république de Weimar, et le KPD[28] en profita pour organiser plusieurs émeutes révolutionnaires, entre 1920 et 1921 (ces dernières furent néanmoins réprimées sans ménagement par l’armée.).

A noter enfin qu’un nouveau coup de force contre l’Etat se déroula en novembre 1923. Le putsch de la Brasserie à Munich, organisé par Adolf Hitler (fondateur en 1920 du parti national-socialiste des travailleurs allemands[29].) et Erich Ludendorff[30]. Toutefois, le putsch fut un échec, car Adolf Hitler, persuadé de pouvoir rallier la Reichswehr, constata que cette dernière préféra rester loyale à la république de Weimar[31].

Adolf Hitler pendant le putsch de Munich.

 

b) L’hyperinflation allemande, l’occupation de la Ruhr (1923 à 1924) : à l’issue de la conférence de Cannes, organisée en janvier 1922, Aristide Briand, comme nous l’avons vu plus tôt, avait accepté une réduction de l’indemnité de guerre allemande, en raison de la grave crise économique qui frappait alors le pays.

 

En avril 1922 fut signé le traité de Rapallo entre l’Allemagne et la Russie soviétique, rétablissant les relations commerciales et diplomatiques entre les deux pays (une clause secrète prévoyait aussi une collaboration militaire[32].).

Cependant, en l’espace de quelques mois, l’Allemagne connut une hyperinflation[33] de sa monnaie, et fut contrainte de mettre un terme au remboursement de la dette. Ainsi, alors que le dollar était côté à 192 marks en janvier 1922, il en valait 4 000 en octobre, un million en août 1923, et 4.2 billions en fin d’année.

Un billet de 500 millions de marks, 1923.

Cette hyperinflation contraignait les ouvriers à se faire payer une, voire deux fois par jour, en raison des prix qui augmentaient d’heure en heure. Cette grave crise économique contraignit de nombreux allemands à avoir recours au troc, principalement pour les denrées alimentaires.

 

En France, l’arrêt des paiements fut considéré comme une insulte par de nombreux députés, et Poincaré fit envahir la Ruhr.

La France, soutenue par la Belgique, prit alors possession des centres de production de charbon, de fer et d’acier. L’objectif était de s’emparer de ces matières premières si le gouvernement allemand refusait de reprendre le paiement des indemnités.

La Société des Nations[34], quant à elle, n’émit pas d’objection, étant chargée de superviser la bonne application des clauses du traité de Versailles.

Les Etats-Unis et l’Angleterre, au contraire, manifestèrent leur désapprobation. Ainsi, ces derniers exercèrent une importante pression financière sur la France, visant à faire baisser la valeur du franc.

 

En contrepartie, le gouvernement allemand riposta par la mise en place du Ruhrkampf[35], une résistance passive se traduisant par des grèves massives (plus quelques sabotages.) et une paralysie économique de la région.

Par ailleurs, plusieurs communistes français, dont Marcel Cachin[36], se rendirent dans la Ruhr afin d’encourager les ouvriers allemands à la résistance contre l’occupation française[37].

Cependant, les conséquences du Ruhrkampf furent désastreuses, et contribuèrent largement à l’hyperinflation qui sévissait alors dans le pays.

A noter toutefois que de nombreuses compagnies industrielles allemandes n’étaient pas hostiles à la crise économique, qui leur permettait de réduire leurs dettes mais aussi d’exporter plus facilement leur production à l’étranger.

 

Finalement, en septembre 1923, le chancelier Gustav Stresemann[38] (fondateur du parti populaire allemand[39].), qui avait été nommé à ce poste par Ebert en août 1919, décida de mettre un terme au Ruhrkampf.

Gustav Stresemann.

Cependant, cette politique provoqua d’importants remous, tels que le putsch de la Brasserie à Munich[40], plusieurs émeutes, ainsi que des attentats contre les troupes belges. Enfin, une éphémère république autonome du Rhin fut proclamée à Aix-la-Chapelle en octobre 1923[41].

 

Néanmoins, en raison de la bonne volonté apparente de Stresemann, Britanniques et américains soumirent à l’Allemagne le plan Dawes, qui prévoyait un échelonnement du remboursement de la dette de guerre.

Cet arrangement avait été élaboré par un groupe d’experts financiers américains et britanniques, présidé par Charles Dawes[42]. Le texte prévoyait l’évacuation de la Ruhr ; une réorganisation de la Reichsbank[43] sous le contrôle des alliés[44] ; les paiements de l’indemnité de guerre étaient fixés à 1 milliard de marks-or par an pendant cinq ans, période à l’issue de laquelle le remboursement passerait à 2.5 milliards de marks-or par an (jusqu’à extinction de la dette[45].).

Le plan Dawes, validé par les alliés et l’Allemagne, entra en application en septembre 1924.

En décembre de la même année fut créé le Rentenmark, une nouvelle devise destinée à remplacer le Papiermark[46], fixée au taux de 4.2 billions pour un dollar.

 

Les paiements de l’indemnité de guerre ayant repris, la France ordonna l’évacuation de la Ruhr en janvier 1925 (toutefois, les mouvements de troupes furent longs, et les derniers bataillons français quittèrent l’Allemagne au cours de l’été.).

 

c) Les derniers mois du ministère Poincaré (printemps 1924) : ayant promis d’évacuer la Ruhr, Poincaré parvint à obtenir une aide des banques américaines et anglaises afin de redresser le franc[47].

Le président du conseil, qui refusait de dévaluer la monnaie, décida d’adopter une série de nouvelles mesures au printemps 1924, afin d’enrayer la chute du franc. Ainsi, tous les impôts furent augmentés de 2% (la double décime[48].) ; le contrôle fiscal fut renforcé ; les dépenses de l’Etat furent diminuées d’un milliard de francs.

Cette opération (surnommée le Verdun financier.), mise en place à deux mois des élections législatives, ne fut toutefois pas au goût de tous les électeurs…

 

            9° Le long ministère Poincaré (janvier 1922 à juin 1924), la guerre d’indépendance turque (mai 1919 à juillet 1923) – Alors que l’Allemagne subissait une importante crise, la Turquie connaissait des troubles analogues.

 

a) Le début de la guerre d’indépendance turque (mai 1919 à juillet 1923) : comme nous l’avons vu plus tôt, l’armistice de Moudros, signé le 31 octobre 1918, mettait un terme aux hostilités entre la Grande Bretagne et l’Empire ottoman. Ainsi, les Turcs acceptaient la présence des forces alliées dans le détroit des Dardanelles et sur le Bosphore ; l’armée turque était démobilisée ; Constantinople était occupée ; enfin, l’Empire ottoman devait reculer ses troupes dans le Caucase, reconnaissant les nouveaux Etats de cette région[49].

 

Cependant, tout comme en Allemagne, cet accord était jugé inacceptable par de nombreux Turcs.

Le général Moustafa Kemal[50], à la tête du mouvement nationaliste, dénonça les conditions de paix, s’attaquant vivement à la politique du sultan Mehmed VI[51].

Mustafa Kemal.

Ce dernier, en septembre 1919, convoqua une importante assemblée à Sivras, à laquelle participèrent de nombreux Turcs, civils comme militaires. Ce congrès décida de constituer un comité exécutif, dont Kemal fut nommé président, qui se transforma rapidement en gouvernement provisoire.

 

Toutefois, le sultan Mehmed VI, demandant l’aide de l’Angleterre, parvint à fermer l’assemblée de Sivas, et déclara Kemal hors-la-loi.

Malgré ce contretemps, les nationalistes parvinrent à organiser de nouvelles élections législatives au printemps 1920, entraînant la création de la Grande assemblée nationale de Turquie[52] à Ankara (avril 1920.).

Rapidement, un nouveau gouvernement provisoire fut mis en place, et Kemal fut élu président de l’assemblée nationale.

 

Mais une fois encore, Mehmed VI décida de riposter, levant une armée pour repousser les nationalistes.

Les Turcs légitimistes, mieux préparés et mieux armés, soutenus en outre par une intense propagande, parvinrent à progresser rapidement vers Ankara. La situation n’était guère brillante pour Kemal, ses troupes fraternisant avec les hommes du sultan ou déposant les armes.

 

Cependant, la signature du traité de Sèvres (août 1920.) bouleversa totalement la donne. 

Ainsi, ce texte prévoyait entre autres l’abandon de l’Ionie, de l’Egypte, de la péninsule arabique et du Proche Orient ; la constitution d’un Etat kurde ; l’agrandissement de l’Arménie ; ainsi que plusieurs restriction d’ordre militaire.

Par ailleurs, plusieurs zones d’influence européennes étaient établies : la région de Constantinople et les détroits, démilitarisée, devenait une zone internationale ; l’Italie et la France occupaient respectivement les zones sud-ouest et le sud-est de la Turquie.

L'Empire ottoman en 1919.

 

Ces conditions particulièrement sévères firent scandale au sein de l’armée, mais aussi parmi les civils. Très rapidement, les soldats légitimistes cessèrent les combats, et Kemal, qui était quelques jours auparavant en position de faiblesse, parvint à fédérer les nombreux mécontents.

 

Très rapidement, Kemal décida de contre-attaquer. A l’automne 1920, les armées turques s’attaquèrent à l’Arménie et territoires kurdes ; début 1921, les troupes italiennes et françaises décidèrent de quitter la Turquie.

A cette date, le premier ministre grec, Elefthérios Venizélos[53], proposa aux alliés de faire intervenir la Grèce dans le conflit. Son objectif était de reconstituer la Grande Grèce, un vieux projet politique datant du début du XIX° siècle, à savoir un territoire couvrant la Grèce mais aussi une large moitié ouest de la Turquie, avec Constantinople comme capitale. 

La "Grande "Grèce".

 

b) La guerre gréco-turque (janvier 1921 à octobre 1922) : l’armée grecque, mieux entraîné et mieux équipée, remporta plusieurs victoires en début d’année 1921, s’installant à Smyrne.

La guerre d'indépendance turque (1919 à 1923).

 

Toutefois, à la mi-janvier 1921, les hommes du général Anastasios Papoulas[54] se heurtèrent aux troupes kémalistes, près de la gare d’Inönü[55].

Dans un premier temps, les Grecs parvinrent à repousser les Turcs du colonel Mustafa Ismet[56], mais ce dernier, après avoir reculé, reçut des renforts et décida de tenir ses positions.

Papoulas, quant à lui, ne souhaitant pas s’engager dans une bataille rangée, décida finalement de reculer.

Cette bataille d’Inönü, présentée comme une éclatante victoire par les kémalistes, eut un important retentissement. Ainsi, le gouvernement provisoire fut baptisé Gouvernement de l’assemblée nationale : en outre, ayant démontré que la Turquie était capable de se battre, Ankara et Moscou signèrent un traité d’amitié en mars 1921.

 

Les Grecs, parvenant à prendre la cité d’Eskisehir, au nord-ouest de la Turquie, furent à nouveaux confrontés aux Turcs lors de la deuxième bataille d’Inönü.

Les Kémalistes étant installés non loin d’Eskisehir, le général Papoulas décida de les attaquer à la fin mars 1921. Les Grecs parvinrent alors à prendre la colline de Metristepe, qui fut le théâtre de violents combats jusqu’à la fin du mois. Finalement, la position étant finalement reprise par Mustafa Ismet, Papoulas décida de sonner la retraite.

La deuxième bataille d'Inönü.

Si cette deuxième bataille d’Inönü s’achevait à nouveau sur un statu-quo, cette fois-ci les Turcs avaient démontré qu’ils étaient capables de se battre[57].

 

A Athènes, la situation politique était devenue délicate. En octobre 1920, le roi de Grèce Alexandre I° était mort d’une septicémie, causée par une morsure de singe.

Alexandre I° de Grèce.

Le défunt souverain ayant contracté un mariage morganatique[58], sa fille Alexandra fut écartée du trône, plongeant le pays dans une crise successorale.

Venizélos refusa de faire appel au roi déchu Constantin I° ou à son fils Georges, les deux hommes étant en exil depuis juin 1917 en raison de leurs liens avec l’Allemagne. Il proposa néanmoins de confier la couronne à Paul, troisième fils de Constantin. Toutefois, ce dernier décida de refuser, arguant que son père et son frère aîné étaient encore en vie.

La crise de succession entraîna une vive lutte entre les républicains, menés par Venizélos, et les monarchistes, menés par Dimitrios Rallis[59].

Constantin I° et Dimitrios Rallis.

Finalement, un référendum fut organisé, les Grecs se prononçant en faveur de la restauration de Constantin I°. Rallis, quant à lui, fut nommé premier ministre en novembre 1920.

Cependant, le retour de ce souverain germanophile fut mal accepté par la France et l’Italie, qui préférèrent se rapprocher de la Turquie[60].

 

Pendant l’été 1921, Constantin I° se rendit en Ionie, tenant de renverser le cours de la guerre.

A la mi-juillet, le roi de Grèce et le général Papoulas parvinrent à reprendre Eskisehir, causant d’importants dégâts à Mustafa Ismet qui décida de reculer vers les rives du Sakarya.

Les berges de la rivière n’étant qu’à 80 kilomètres d’Ankara, les Turcs décidèrent de fortifier leurs positions.

A la mi-août 1921, Constantin décida d’attaquer les Kémalistes, souhaitant vaincre ces derniers à plates coutures afin de mettre un terme à la guerre.

Se lançant à l’assaut des positions ennemies, les Grecs furent confrontés à une résistance acharnée de la part de Turcs, commandés par Kemal en personne ; par ailleurs, les lignes de ravitaillement grecques furent coupées à plusieurs reprises, privant les soldats d’eau et de munitions.

A la mi-septembre, constant que ses troupes ne parvenaient pas à avancer, et craignant d’être encerclé par les Turcs, Constantin I° décida de faire reculer ses troupes.

La bataille de Sakarya, bien que n’ayant pas accordé une nette victoire aux Turcs, eut toutefois un important retentissement. Ainsi, Kemal fut nommé maréchal par l’assemblée nationale en septembre 1921 ; Constantin I°, faisant face à de graves difficultés économiques, et laissant en Turquie une armée grecque démoralisée, rentra à Athènes à l’automne 1921.

 

Très rapidement, la victoire de Sakarya fut saluée par de nombreux pays étrangers.

En octobre 1921, la France signa le traité d’Ankara avec la Turquie. Ainsi, les soldats français abandonnaient définitivement leur zone d’influence dans le pays ; en contrepartie, l’assemblée nationale de Turquie reconnaissait le mandat français de la SDN sur le Liban et la Syrie.

 

Déclarant la mobilisation générale de tous les hommes âgés de 18 ans et plus, Kemal lança une nouvelle offensive à l’été 1922.

Les Grecs, vaincus à Eskisehir, se replièrent en toute hâte vers Smyrne, qui fut prise par les kémalistes en septembre. A noter toutefois que la capture de cette cité s’accompagna d’importants massacres de chrétiens, leurs quartiers étant dévastés par le feu pendant plusieurs jours[61].

 

c) La fin de la guerre gréco-turque, le traité de Lausanne (été 1922 à juillet 1923) : si les Grecs avaient été chassés d’Ionie, la guerre n’était pas achevée. Cependant, ne souhaitant pas relancer un conflit mondial, France et Angleterre invitèrent la Grèce à mettre en place des pourparlers.

C’est ainsi que fut signé l’armistice de Mudanya en octobre 1922. La Grèce s’engageait à rétrocéder la Thrace à la Turquie ; Constantinople et le détroit des Dardanelles repassaient sous souveraineté turque.

Mehmed VI, déposé en septembre 1922, s’exila en novembre, de peur d’être mis en accusation. Son cousin Abdülmecit II, quant à lui, fut nommé calife[62] (ce dernier fut déposé à son tour en mars 1924.).

 

Conformément aux accords passés à Mudanya, une conférence internationale fut organisée à Lausanne en juillet 1923.

Dessin humoristique caricaturant les conférences internationales (les participants demandent aux conférencier : Maître, vous n'avez pas eu froid ? Vous étiez en plein courant d'air. Ce à quoi ce dernier répond : Ca ne fait rien, je parle toujours à mots couverts...), Le Petit Journal Illustré, N° 1779, 25 janvier 1925.

Ce nouveau traité de paix, destiné à remplacer celui de Sèvres, accordait de nombreux avantages à la Turquie. Ainsi, la Grèce abandonnait la Thrace et l’Ionie ; en échange, la Turquie reconnaissait les mandats de la France et de l’Angleterre sur la Syrie et la Mésopotamie. Par ailleurs, Constantinople et le détroit des Dardanelles repassaient sous souveraineté turque ; la nouvelle Arménie[63] et les territoires kurdes restaient sous domination de la Turquie ; enfin, il était prévu de procéder à un échange de population, entre musulmans de Grèce et orthodoxes de Turquie.

 

A noter enfin que la république de Turquie fut proclamée en octobre 1923, Kemal étant élu président. Ce dernier, mettant fin à l’Empire ottoman, instaura un programme s’appuyant sur plusieurs grands principes, dont la laïcité, la modernisation et l’occidentalisation.

 

            10° Les élections législatives de mai 1924 Alors que le gouvernement Poincaré occupait encore la Ruhr, de nouvelles élections législatives furent organisées en mai 1924.

 

Rappelons que depuis décembre 1920, à l’issue du congrès de Tours, la SFIO[64] s’était séparée de sa frange gauche, ce qui avait entrainé la fondation de la SFIC[65].

Mais en décembre 1923, les communistes invitèrent toutefois la SFIO à fonder une liste commune, afin de battre le bloc national. Cependant, les socialistes préférèrent refuser afin de s’allier avec les radicaux.

C’est ainsi que fut créé le Cartel des gauches, alliance des forces de gauche à laquelle participèrent le PRRRS[66], les socialistes indépendants du PRS[67], les radicaux indépendants[68] et la SFIO.

Logo de la SFIO.

A noter toutefois que les socialistes refusaient toujours de faire partie d’un gouvernement bourgeois ; les radicaux, quant à eux, conservèrent néanmoins des liens avec l’AD, se méfiant quelque peu de la SFIO.

Le programme du Cartel reposait sur quelques mesures phares : retour à la laïcité (suppression des relations diplomatiques avec le Vatican, et introduction de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en Alsace-Lorraine[69].) ; diminution du coût de la vie ; égalité fiscale, etc.

 

Les élections, organisées à la mi-mai 1924, n’accordèrent toutefois pas une nette majorité au vainqueur.

Ainsi, le Cartel des gauches remportait 287 sièges, les partis composant cette union réalisant un meilleur score qu’en 1920 (soit 139 élus pour le PRRRS, 44 pour les socialistes indépendants du PRS, 104 pour les socialistes.).

A l’extrême-gauche, les communistes quant à eux récupéraient 26 sièges.

 

Le bloc national étant dissous, la droite obtenait un bien plus mauvais score qu’au scrutin précédent. Cependant, la droite ne s’était pas effondrée, comme cela avait pu se produire par le passé. Ainsi, la FR récupérait 104 sièges, l’AD en obtenait 81, et le parti démocrate populaire 14[70].

 

Enfin, l’on retrouvait 40 radicaux indépendants[71] (membres de la gauche radicale[72].) et 29 non inscrits.

 

            11° Les élections présidentielles de juin 1924 Suite à l’élection de la nouvelle assemblée, les députés du Cartel des gauches réclamèrent la démission d’Alexandre Millerand.

De prime abord, les socialistes n’aimaient pas le chef de l’Etat, qu’ils considéraient comme un traitre[73] ; en outre, les tentatives de Millerand pour augmenter les pouvoirs du président de la république, en dépit de la constitution Grévy, étaient jugées illégales[74].    

 

Suite à la démission de Poincaré au début du mois de juin 1924, Millerand décida de faire appel à Edouard Herriot[75], chef du parti radical, pour former un nouveau gouvernement. Toutefois, ce dernier refusa, les députés du Cartel réclamant la démission de Millerand.

Edouard Herriot, Le Monde Illustré, 20 juin 1914.

 

Le 10 juin, Frédéric François-Marsal accepta la charge de président du conseil ; toutefois, ce dernier était membre de la FR, à une époque ou la Chambre des députés avait basculé à gauche. Cet éphémère ministère fut donc renversé le même jour, et Millerand, à l’issue d’une semaine de tensions entre l’Elysée et le palais Bourbon, décida de démissionner[76].

 

Dès le lendemain, des primaires furent organisées à gauche, ces dernières donnant l’avantage à Paul Painlevé[77], candidat du Cartel. Son adversaire malheureux, Gaston Doumergue[78], refusa toutefois de se retirer sa candidature, comme cela était l’usage. Ce dernier, soutenu par Millerand, savait en effet que la droite et le centre voteraient en sa faveur.

 

Le 13 juin 1924, Doumergue fut élu président de la république dès le premier tour, avec 60% des voix ; Painlevé, arrivé deuxième, ne récoltait que 36%.

Le candidat communiste, Zéphyrin Caliménat[79], quant à lui, obtenait moins de 2.5% des suffrages.


 

[1] Rappelons que ce dernier avait été président de la république de 1913 à 1920.

[2] La Chambre des députés avaient voté en faveur du rétablissement en mai 1921.

[3] L’Italie avait rejoint l’Allemagne et l’Autriche, suite à la mise en place d’un protectorat français sur la Tunisie, territoire que le gouvernement italien considérait comme « chasse gardée. » Pour en savoir plus à ce sujet, voir le c), 2, section II, chapitre deuxième, la troisième république.

[4] Il s’agissait de territoires appartenant à l’Autriche, peuplés d’une minorité italienne.

[5] Orlando était un avocat né en mai 1860. Député à compter de 1897, il fut nommé plusieurs fois ministre au début du XX° siècle. Il obtint la charge de président du conseil en octobre 1917.

[6] Nitti, né en juillet 1868, était professeur d’économie et journaliste. Elu député à compter de 1904, il fut plusieurs fois ministre avant d’être nommé président du conseil en 1919.

[7] Le royaume des Serbes, Croates et Slovènes fut renommé Yougoslavie en 1929. Comme son nom l’indique, il s’agissait d’un regroupement d’Etats indépendants (Serbie et Monténégro.), d’Etats annexés par l’Autriche (Bosnie-Herzégovine.), et de régions autrefois sous domination de l’Empire austro-hongrois (Slovénie et Croatie.). 

[8] Gabriele d’Annunzio était un poète né en mars 1863. Il s’engagea dans l’aviation en 1915, suite à l’entrée en guerre de l’Italie contre les puissances centrales.

[9] Giolitti naquit en octobre 1842. Haut fonctionnaire des finances, il fut élu député à compter de 1882. Ce dernier fut cinq fois président du conseil, entre 1893 et 1920, mais il fut aussi accusé de corruption et de pression électorale.  

[10] Mussolini, né en juillet 1883, s’engagea au sein du parti socialiste italien à compter de 1900. Après avoir connu une jeunesse tumultueuse, il décida de faire carrière dans le journalisme. Opposé à l’entrée en guerre de l’Italie en 1914 (ce qui lui valut d’être exclu du parti socialiste.), il participa néanmoins à la Grande guerre à compter de 1915. Il fut toutefois blessé et réformé en 1917.  

[11] Ce qui signifie « escouades. »

[12] Les sources sont contradictoires concernant le nombre de personnes ayant participé à la marche sur Rome. C’est ainsi que les chiffres varient habituellement entre 20 000 et 100 000 participants.

[13] L’Italie fut ainsi le premier pays d’Europe (à l’exception de la Russie soviétique.), à établir une dictature. 

[14] Comme nous l’avons vu précédemment, 31 milliards de dettes, plus 177 milliards de dépenses de guerre (financées à 80% par des emprunts.).

[15] Sozialdemokratische Partei Deutschlands (ou SPD.) en allemand.

[16] Ce qui était équivalent à un poste de premier ministre.

[17] L’Allemagne devait évacuer les territoires envahis (France, Belgique, Luxembourg, Alsace-Lorraine, Roumanie, Afrique.) ainsi que de la rive gauche du Rhin ; libérer des tous les prisonniers de guerre ; et livrer aux alliés 160 sous-marins, 5 000 canons, 25 000 mitrailleuses, 3 000 mortiers, 2 000 avions, 5 000 camions, 5 000 locomotives et 150 000 wagons.

[18] Pour en savoir plus sur la signature de l’armistice du 11 novembre 1918, voir le 10, section VI, chapitre quatrième, la troisième république.

[19] Même si les alliés avaient effectué un efficace blocus du pays à partir de 1915.

[20] Groener était un militaire né en novembre 1867.

[21] La constitution de la nouvelle république ne fut toutefois proclamée à Weimar qu’en août 1919.

[22] Ce nom s’inspirait du gladiateur Spartacus, qui s’était révolté contre Rome en 73 Jésus Christ. Pour en savoir plus à ce sujet, voir le 6, section IV, chapitre troisième, histoire de la Rome antique.

[23] Kommunistische Partei Deutschlands (ou KPD.) en allemand.

[24] Reichspräsident en allemand. Ce dernier était doté de pouvoirs importants : nomination aux emplois publics, chef des armées, droit de dissolution de l’assemblée nationale, etc. 

[25] Deutsche Vaterlandspartei en allemand.

[26] Ce qui signifie « forces de défense du Reich. »

[27] Suite à l’échec du putsch, Kapp s’exila en Suède. Autorisé à rentrer en Allemagne en 1922, il mourut cependant la même année.

[28] Parti communiste allemand.

[29] Nationalsozialistische deutsche Arbeiterpartei (NSDAP.) en allemand. Appelé aussi parti nazi (nationalsozialistische.).

[30] Ludendorff, né en avril 1865, rentra jeune dans l’armée. En 1894, il fut nommé à l’Etat-major, participant à l’élaboration du plan Schlieffen. Nommé chef d’Etat-major en août 1916, ce dernier abandonna ses fonctions en novembre 1918, peu de temps avant la signature de l’armistice.

[31] Suite à l’échec du putsch, Hitler et ses complices furent condamnés à cinq années de prison. Hitler, profitant de cette période pour écrire Mein Kampf (« Mon Combat. »), fut toutefois libéré en décembre 1924.

[32] C’est ainsi que des camps d’entrainement secrets furent installés en Russie soviétique, afin de passer outre la limitation de 100 000 hommes pour l’armée allemande, imposée par le traité de Versailles.

[33] On appelle « inflation » un phénomène de hausse des prix entraînant une forte diminution de la valeur de la monnaie. Dans un Etat en bonne santé économique, l’inflation est en moyenne de 2% par an ; cependant, l’on appelle « hyperinflation » une hausse des taux dépassant 50% par mois (soit une augmentation annuelle de 12 500%.).

[34] La SDN, ancêtre de l’ONU, était installée à Genève, en Suisse. Elle avait été créée à l’initiative du président américain Thomas Woodrow Wilson, suite à la signature du traité de Versailles, mais les Etats-Unis refusèrent néanmoins de faire partie de cet organisme.

[35] Ce qui signifie « combat de la Ruhr. »

[36] Cachin, né en septembre 1869, commença sa carrière en tant que professeur de philosophie. Adhérant à la SFIO au début du siècle, il fut un partisan de la scission lors du Congrès de Tour en 1920, participant à la fondation de la SFIC (rebaptisé plus tard parti communiste.). En 1923, il fut un temps emprisonné pour avoir protesté contre l’invasion de la Ruhr.

[37] A noter qu’en février 1923, la Chambre des députés vota la levée de l’immunité diplomatique de Cachin, qui fut arrêté et incarcéré.

[38] Né en mai 1878, Stresemann était un homme d’affaires, élu député en 1914.

[39] Deutsche Volkspartei (DVP.) en allemand. Il s’agissait d’un parti de droite (ou de centre-droite.) représentant les intérêts des industriels allemands.

[40] Que nous avons abordé en a), 8, section I, chapitre cinquième, la troisième république.

[41] Cette république, soutenue par la France qui souhaitait affaiblir l’Allemagne (Clémenceau avait demandé en vain lors de la conférence de Versailles la création d’une république du Rhin.), survécut jusqu’en février 1924.

[42] Charles Dawes était un avocat américain né en août 1865. Exerçant plus tard des fonctions banquières, il participa à la première guerre mondiale.

[43] Il s’agissait de la banque centrale allemande, créée en 1876.

[44] C'est-à-dire les pays ayant gagné la première guerre mondiale.

[45] Qui, rappelons le, s’élevait à 132 milliards de marks-or.

[46] C’’était ainsi qu’était appelée la monnaie allemande depuis 1914.

[47] Ce dernier était sans une situation difficile, la livre étant cotée à 127 francs (contre 40 francs en 1919.).

[48] Soit une hausse totale des impôts de l’ordre de 20%.

[49] A savoir l’Arménie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, et la république montagnarde du Nord-Caucase.

[50] Kemal, né en mai 1881, s’engagea très tôt au sein de l’armée ottomane, malgré ses origines modestes. Admirateur de Voltaire et Napoléon, il participa à la première guerre balkanique (voir le b), 3, section III, chapitre troisième, la troisième république.) et à la bataille des Dardanelles (8, section III, chapitre quatrième, la troisième république.). Kemal, hostile à la politique de rapprochement avec l’Allemagne (les troupes turques étaient équipées et formées par les Allemands.), fut relevé de ses fonctions de général en juin 1919. 

[51] Mehmed VI, né en janvier 1861, succéda à son frère Mehmed V en juillet 1918. Ce dernier, considérant que la Turquie n’était plus en mesure de se battre, et espérant que les alliés seraient cléments, décida de négocier une reddition. Cependant, ce geste fut perçu comme une trahison par la population, qui ne tarda pas à se révolter contre le sultan.

[52] Türkiye Büyük Millet Meclisi en turc.

[53] Venizélos naquit en août 1864, dans une Grèce encore réduite à la région du Péloponnèse. Exerçant le métier d’avocat (il était aussi journaliste.), il fut élu député en 1889.  Nommé premier ministre en 1910, Venizélos fit face aux guerres balkaniques, entre 1912 et 1913, parvenant à agrandir la Grèce grâce aux conquêtes militaires (pour la première guerre balkanique, voir le b), 3, section III, chapitre troisième, la troisième république ; pour la seconde, le b), 4, section III, chapitre troisième, la troisième république.). Pendant la première guerre mondiale, le roi de Grèce Constantin I°, proche de l’Allemagne, refusa de participer au conflit aux côté des alliés. Venizélos provoqua alors un schisme national, formant un gouvernement provisoire en Thessalie. Constantin I°, menacé par la France et l’Angleterre, décida finalement d’abdiquer en faveur de son fils Alexandre I° (7, section IV, chapitre quatrième, la troisième république.).

[54] Ce dernier, né en 1859, était un proche du roi Constantin I° de Grèce.

[55] Il s’agit d’un village situé au nord-ouest de la Turquie.

[56] Ismet, né en septembre 1884, s’engagea très tôt dans l’armée ottomane. Participant à la première guerre mondiale, il rejoignit le mouvement nationaliste dès 1919.

[57] A noter que Mustafa Ismet prit plus tard le surnom d’Inönü, en référence aux deux batailles.

[58] Un mariage est considéré comme morganatique, lorsque l’un des deux époux se marie avec quelqu’un étant d’un rang inférieur au sien. Ce distinguo n’était toutefois pratiqué que dans les pays à tradition germanique (rappelons la dynastie royale grecque était originaire d’Allemagne.).

[59] Rallis, né en 1844, fut élu député en 1872. Par la suite, il fut nommé premier ministre à plusieurs reprises, entre 1897 et 1909.

[60] D’autant plus que Kemal était francophile.

[61] Les sources étant lacunaires, l’on estime que 30 000 chrétiens furent victimes de ces exactions.

[62] Rappelons que le sultanat était une fonction politique, le califat une fonction religieuse

[63] Ne pas confondre la nouvelle Arménie, agrandissement de l’Arménie concédée suite au traité de Sèvres ; et l’Arménie, reconnue par la Turquie.

[64] Section française de l’internationale ouvrière.

[65] Section française de l’internationale communiste.

[66] Parti républicain, radical et radical-socialiste.

[67] Le Parti Républicain Socialiste, né en 1911, regroupait les socialistes indépendants, hostiles à la SFIO.

[68] Il s’agissait de la franche droite du PRRRS.

[69] L’Alsace et la Lorraine, cédées à l’Allemagne en 1871, n’avaient donc pas été concernées par la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, adoptée en décembre 1905.

[70] Le parti démocrate populaire avait été fondé en 1924, dans la mouvance de la démocratique-chrétienne.

[71] Ces derniers pouvaient s’allier avec la droite ou la gauche.

[72] Les radicaux indépendants refusaient l’alliance avec la SFIO.

[73] Rappelons que Millerand était entré en politique aux côtés des socialistes, avant de s’orienter vers la droite.

[74] Pour en savoir plus sur la constitution Grévy et la théorie de l’effacement présidentiel, voir le b), 8, section I, chapitre deuxième, la troisième république.

[75] Né en juillet 1872, Herriot obtint son agrégation de lettres en 1894. Rejoignant le PRRRS, il fut élu sénateur de 1912 à 1919, puis député à partir de 1919.

[76] Evincé de l’Elysée mais ne quittant pas la politique, Millerand fut élu sénateur en 1925. Il conserva son poste jusqu’à sa mort, en avril 1943.

[77] Painlevé, né en décembre 1863, fit ses études à l’Ecole normale supérieure, avant de devenir professeur de mathématiques. Entrant en politique suite à l’affaire Dreyfus, Painlevé fut élu député en 1910, siégeant aux côtés des socialistes indépendants. Nommé plusieurs fois ministre, il fut aussi président du conseil entre septembre et novembre 1917.

[78] Doumergue était un avocat né en août 1863. Elu député en 1893, il participa à plusieurs ministères entre 1902 et 1916. Il fut aussi président du conseil de décembre 1913 et juin 1914.

[79] Né en 1840, Caliménat avait participé à la fondation de la Première internationale et à la Commune de Paris. Exilé pendant quelques années à Londres, il rentra en France en 1880. Elu député entre 1885 et 1889, il participa à la formation de la SFIO ; lors du congrès de Tours, il favorisa la naissance du parti communiste français.

 
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