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Mythologie
 
 

 

 

La troisième république (1870 - 1945)

CHAPITRE SIXIEME : La Seconde Guerre mondiale

(septembre 1939 à septembre 1945)

 

VIII : 1945

           

            1° L’action du GPRF en temps de guerre (hiver 1944 à printemps 1945)Comme nous l’avons vu précédemment, le gouvernement provisoire de la république française, dirigé par le général de Gaulle, s’était installé à Paris en août 1944.

Profitant de la libération progressive du territoire français (en fin d’année, la majeure partie du pays était libérée, à l’exception de quelques ports.), les membres du gouvernement procédèrent à une série de réformes en l’espace de quelques mois.

 

a) L’épuration : à la Libération, l’on assista à deux vagues d’épuration : l’épuration spontanée, organisée par les résistants ou les civils, frappant les Français ayant collaboré avec l’occupant pendant la guerre ; puis l’épuration légale, menée par le gouvernement.

 

- L’épuration spontanée fit son apparition dès l’été 1944, date à laquelle une grande partie du territoire français fut libérée. C’est ainsi que plusieurs milliers de personnes furent exécutées : pétainistes, fascistes, miliciens, organisateurs du marché noir, etc.

Ces exécutions sommaires frappèrent durablement l’inconscient collectif, l’extrême-droite avançant le chiffre de 100 000 victimes, les communistes se félicitant de telles statistiques.  

Mais en réalité, l’épuration spontanée fit bien peu de victimes, proportionnellement aux pays voisins de la France. Ainsi, l’on estime à 10 000 le nombre de personnes ayant trouvé la mort à cette occasion[1].

 

Outre les collaborateurs, furent incriminées de nombreuses femmes, accusées d’avoir entretenu des relations avec les Allemands. Le châtiment pour ses dernières était la tonte, souvent publique, une pratique répandue dans la majorité des départements.

Outre les collaboratrices et fascistes convaincues, étaient tondues les prostituées, qui avaient eu des relations sexuelles avec les Allemands, mais aussi les femmes veuves ou divorcées, qui travaillaient pour l’occupant afin de survivre[2].

Même s’il est difficile de chiffrer le nombre de tondues, l’on estime que 20 000 femmes auraient subi cette punition entre 1944 et 1946.

Femme promenée nue dans les rues de Marseille.

 

- L’épuration légale, qui avait débuté en Afrique du nord, suite à l’opération Torch, fit son apparition en France à compter de l’été 1944.

Les ordonnances de juin et novembre 1944, promulguées par le GPRF, confirmaient l’illégalité du régime de Vichy et prévoyaient donc des sanctions pour les Français ayant obéi aux ordres du maréchal Pétain.

C’est ainsi que 300 000 personnes furent rapidement mises en accusation par la justice française, 50 000 d’entre elles étant internés dans les anciens camps de Vichy (vélodrome d’Hiver, Drancy, etc.).

Toutefois, si 180 000 personnes furent rapidement innocentées, 50 000 prévenus furent condamnés à la dégradation nationale[3] (perte du droit de vote, inéligibilité, exclusion de la fonction publique, exclusion des fonctions de direction dans les entreprises privées, interdiction du port d’arme, etc.), et 6 000 à la peine capitale (700 exécutions furent réellement appliquées.).

 

A noter que plusieurs décrets d’amnistie furent promulgués entre 1947 et 1953, visant à  annuler les condamnations les moins graves. Bénéficièrent donc de ces mesures les propagandistes de la Révolution nationale, les prisonniers condamnés à moins de trois ans de prison ferme, les Alsaciens et Lorrains incorporés de force dans la Wehrmacht (sauf ceux coupables de crimes de guerre.), les prévenus coupables de collaboration économique avec l’Allemagne, les mineurs au moments des faits (quel que soit leur crime.), etc.

Par ailleurs, les peines de dégradation nationale furent adoucies (possibilité d’exercer une fonction de direction dans le privé, autorisation du port d’armes, etc.).

 

- En parallèle de l’épuration légale, le gouvernement procéda à une épuration économique, nationalisant les entreprises ayant collaboré avec l’Allemagne pendant la guerre : Renault, en janvier 1945 ; la Société des Moteurs Gnome et Rhône[4], en avril 1945 ; Air France, en juin 1945.

A noter que le gouvernement procéda à la nationalisation d’entreprises n’ayant pas collaboré, mais dont l’implantation sous le giron de l’Etat était importante, à une époque ou le pays était en crise : les banques, telles que le Crédit Lyonnais[5], le Comptoir national d'escompte de Paris, la Banque nationale pour le commerce et l'industrie[6], et la Société générale, en janvier 1946 ; les compagnies minières privées, les producteurs et distributeurs de gaz et d’électricité, dont la nationalisation donna naissance aux Charbonnages de France, à Gaz de France[7] et à Electricité de France[8], en avril 1946.

Une troisième vague de nationalisation fut effectuée à compter de 1948, dans le secteur du transport terrestre, aérien et maritime.

 

b) Politique extérieure du GRPF : l’une des premières mesures prises par le gouvernement de Gaulle fut de s’opposer à la mise en place de l’AMGOT[9] en France.

Cet organisme militaire américano-britannique, chargé d’administrer les territoires libérés du joug allemand, était apparu en Sicile, en fin d’année 1943.  

 

Lors de la planification de l’opération Overlord, il était prévu de confier l’administration de la France à l’AMGOT, une fois le pays libéré. C’est pour cette raison que les soldats américains débarquèrent sur les plages de Normandie avec des billets drapeaux[10] dans leurs poches, ces derniers ayant été imprimés au Etats-Unis en début d’année 1944.

Billet drapeau de 50 francs recto verso.

 

Rappelons qu’à cette date, le GPRF n’avait pas été reconnu par les Etats-Unis, Roosevelt refusant de céder le territoire français au général de Gaulle.

Ce dernier, arrivant à Paris au mois d’août, annonça que les billets drapeaux n’étaient que de la fausse monnaie. Il donna donc des instructions à ce sujet au commissaire de la république en Normandie : cette devise américaine, mal acceptée par la population, devait être acceptée par la Banque de France, afin d’en bloquer la circulation au plus tôt.

 

Roosevelt, qui avait été longtemps hostile à de Gaulle, accepta toutefois de reconnaitre le GPRF à la fin octobre 1944. Le président américain, bien que se méfiant toujours du chef de l’Etat, suspecté d’avoir des aspirations dictatoriales, considéra que de Gaulle constituerait après-guerre un rempart contre le communisme.

Le GRPF ayant été reconnu, l’AMGOT ne fut donc pas instauré en France.

 

A la mi-mai 1945, la France (grâce à l’appui de la Grande-Bretagne.) parvint à obtenir un siège de membre permanent au sein de la future Organisation des Nations Unies[11].

 

c) Politique intérieure du GRPF : alors que l’épuration battait son plein, le vote des femmes fut officiellement reconnu (octobre 1944), les Françaises étant appelées aux urnes pour la première fois lors des élections municipales d’avril 1945 ; en outre, le gouvernement procéda à la création des comités d’entreprises dans les sociétés de plus de cent employés[12] (février 1945.).

 

            2° La bataille des Ardennes (16 décembre 1944 au 31 janvier 1945)A la mi-décembre 1944, les alliés étaient installés sur une ligne de front reliant le sud des Pays-Bas à l’Alsace (hormis la poche de Colmar, toujours occupée par les Allemands.) : le 21° groupe d’armées, commandé par le maréchal Montgomery, de Nimègue à Maastricht ; le 12° groupe d’armées du général Bradley, de Maastricht à Sarrebruck ; et le 6° groupe d’armées du général Jacob Loucks Devers, de Sarrebruck à la Suisse.

 

a) A l’aube de la bataille des Ardennes : à cette date, si les services de renseignements alliés faisaient état d’une possible contre-offensive allemande dans les Ardennes, l’Etat-major américain considérait que l’ennemi était trop affaibli pour tenter quoi que ce soit.

 

Côté allemand, les défaites de 1944 avait au moins eu l’avantage de réduire la ligne de front, à l’ouest comme à l’est. La production de matériel militaire restant correcte, de nouveaux chars sortirent des usines, renforçant ainsi de nombreuses divisions.

Par ailleurs, le conflit se déroulait désormais en Allemagne, renforçant l’esprit patriotique des soldats allemands.

 

De son côté, Hitler procéda à l’élaboration de l’opération  Wacht am Rhein[13], de concert avec l’OKW, prévoyant une vaste contre-offensive contre la Belgique, en direction d’Anvers (rappelons que ce port était particulièrement important pour le ravitaillement allemand.).   

L’on retrouvait, des rives de l’Escaut à Roermond, le groupe d’armées H ; de Roermond au Luxembourg, le groupe d’armées B[14] ; du Luxembourg à la Suisse, le groupe d’armées G.

 

La 6° division SS Panzer-Armee, récemment constituée, était chargée d’opérer la manœuvre principale, perçant la ligne ennemie en direction de Liège.

Cette contre-offensive devait être complétée par le parachutage de soldats allemands aux alentours de Malmédy (opération Stösser[15].) ; mais aussi une opération sous fausse bannière[16], menée par Otto Skorzeny[17], afin de s’emparer des ponts de la Meuse (opération Greif[18].).  

 

b) L’opération Wacht am Rhein (16 au 17 décembre 1944) : à l’aube du 16 décembre 1944, les Allemands effectuèrent une intense préparation d’artillerie, donnant l’assaut une demi-heure après.

 

Le général Bradley, surpris par l’attaque allemande, ne parvint pas à s’opposer à la rapide progression allemande. Ainsi, alors que la 6° division SS avançait vers Malmédy, les hommes de Skorzeny procédaient à la coupe des lignes téléphoniques, créant la confusion au sein de l’Etat-major américain.

Toutefois, l’opération Stösser, prévoyant un parachutage en Belgique, fut un échec, en raison de l’inexpérience des pilotes de la Luftwaffe et du mauvais temps.  

A noter que du côté des alliés, les opérations Greif et Stösser furent amalgamées, de nombreux soldats craignant que des Allemands sous uniforme américain ne soient parachutés sur les lignes arrière. Par ailleurs, les rumeurs faisant état d’une tentative d’assassinat sur Eisenhower, orchestrée par Skorzeny, la protection du général américain, installé à Versailles, fut considérablement renforcée.

 

Le 17, la division SS Leibstandarte Adolf Hitler captura à Baugnez, hameau de Malmédy, une centaine d’artilleurs américains. Les prisonniers, installés le long de la route, furent alors passés par les armes par les SS.

Suite au départ des Allemands, une quarantaine de survivants parvinrent à quitter la zone, puis rejoignirent leurs lignes.

 

Dans la soirée, les Allemands se trouvaient sur une ligne reliant Saint-Vith à Clervaux, bordée au sud par Echternach et Diekirch, au Luxembourg.

 

c) L’offensive allemande ralentit (18 au 24 décembre 1944) : face à la menace allemande, le général Eisenhower ordonna au général Devers de déplacer ses troupes vers le nord. En outre, le général Patton, qui se trouvait alors en Lorraine à la tête de la III° Armée américaine (qui faisait partie du 12° groupe d’armées.), parvint à atteindre le Luxembourg en l’espace de trois jours, malgré les routes gelées.

La bataille des Ardennes.

 

Côté allemand, la vive résistance alliée autour de Saint-Vith entraîna un considérable ralentissement de l’avancée de la Wehrmacht. Afin de compenser les pertes, l’OKW fut contraint de faire appel aux réserves allemandes, qui furent hâtivement déployées sur le terrain.

Bénéficiant de renforts, les Allemands parvinrent à prendre Hotton, au nord, et Saint-Hubert, au sud, à compter du 22 décembre (à noter que Bastogne, à 25 kilomètres à l’ouest de Clairvaux, ne pouvant être prise, fut encerclée par les Allemands.).  

 

Les troupes alliées ayant renforcé leurs positions, la progression allemande devint plus difficile. Ainsi, l’ultime conquête de la Wehrmacht fut Celles, à 35 kilomètres à l’ouest de Hotton, village pris le 24 décembre 1944.

A cette date, les Allemands avaient réussi à progresser d’une centaine de kilomètres en territoire ennemi en l’espace de dix jours. Toutefois, ces derniers étaient épuisés par les combats, et se trouvaient à court de carburant.

 

d) La contre-attaque alliée (25 décembre 1944 au 31 janvier 1945) : à compter du 25 décembre, profitant du beau temps, l’aviation alliée fit plusieurs milliers de sorties chaque jour, attaquant des troupes allemandes à bout de forces.

Ainsi, les alliés parvinrent à reprendre Celles le 25 décembre (capturant 1 500 soldats et de nombreux blindés à cours d’essence.) ; Bastogne, qui avait bénéficié pendant le siège d’un ravitaillement aérien, fut secourue le 26.

 

- A noter qu’Hitler, averti de l’échec de l’armée allemande, modifia les objectifs de la bataille des Ardennes. Désormais, le but n’était plus de prendre Anvers, mais d’infliger un maximum de dégâts à l’ennemi.

 

C’est ainsi que fut élaborée l’opération Bodenplatte, déclenchée à compter du 1er janvier 1945. Cette offensive, exécutée par la Luftwaffe, avait pour objectif de détruire les bases aériennes américaines installées entre Liège et Bruxelles.

 

Toutefois, si les 900 chasseurs de la Luftwaffe parvinrent à détruire ou endommager près de 500 appareils, près de 250 pilotes allemands perdirent la vie au cours de l’offensive.

Ainsi, si les alliés parvinrent à reconstituer rapidement leur flotte aérienne, la Luftwaffe ne se remit jamais de cette victoire à la Pyrrhus.

 

- Si les Allemands avaient mis un terme à leur offensive le 24 décembre 1944, la contre-attaque alliée, dirigée par le maréchal Montgomery, ne débuta qu’à compter du 3 janvier 1945, à cause du mauvais temps.

A noter qu’Eisenhower avait confié au Britannique le commandement de la et de la IX° Armée américaine, faisant autrefois partie du 12° groupe d’armées du général Bradley[19].

 

En attaquant en direction d’Houffalize, à 40 kilomètres au sud-est de Hotton, Montgomery attaquait l’ennemi sur les deux fronts, car Patton se trouvait au sud de la position allemande.

Parvenant à combler les rebords du saillant allemand, les armées britanniques et américaines firent jonction le 16 ; à la même date, l’OKW ordonna le recul de ses troupes, les Soviétiques ayant repris l’offensive à l’est.

 

Le 25, les troupes alliées d’installèrent sur une ligne reliant Saint-Vith à Clervaux, retrouvant leurs positions initiales à la fin du mois.  

 

e) Le bilan de la bataille des Ardennes : la bataille des Ardennes fut la dernière contre-offensive allemande de grande ampleur. Toutefois, cette dernière ne parvint pas à atteindre ses objectifs initiaux.

A l’issue de l’affrontement, la Wehrmacht comptait 15 000 tués, 40 000 blessés et 20 000 prisonniers (plus 600 chars détruits.) ; contre 19 000 tués, 47 000 blessés, et 20 000 prisonniers du côté des alliés (plus 800 chars détruits.).

 

A noter que si les pertes alliées étaient importantes, ces derniers disposaient de ressources considérables par rapport à la France de 1940. Par ailleurs, alors qu’au début de la guerre, la Luftwaffe bénéficiait d’une nette supériorité, ce n’était plus le cas en fin d’année 1944. 

 

            3° La conférence de Yalta (février 1945) Au début du mois de février 1945, Roosevelt, Churchill et Staline se réunirent à Yalta, en Crimée, sur les rives de la mer Noire.

L’objectif de cette nouvelle réunion réunissant les trois hommes, faisant suite à la conférence de Téhéran[20], était de fixer une stratégie commune afin de mettre un terme à la guerre, mais aussi de fixer les frontières de l’Europe d’après-guerre.

La conférence de Yalta (de gauche à droite sur l'image : Churchill, Roosevelt et Staline).

 

a) Les clauses militaires : d’un point de vue militaire, il fut décidé que les troupes Américaines et Britanniques, dont l’objectif prioritaire était Berlin, ne dépasserait finalement pas l’Elbe. L’objectif de Roosevelt, très affaibli par la maladie, était d’économiser des vies humaines, quitte à laisser un territoire plus important aux Soviétiques.

Par ailleurs, il fut décidé d’organiser trois zones d’occupation en Allemagne (Etats-Unis, Angleterre, URSS.), où les alliés devaient stationnés jusqu’à la signature du traité de paix. Cependant, en raison de l’insistance de Churchill une quatrième zone fut ouverte à la France[21].

En ce qui concerne le Japon, Staline s’engagea à déclarer la guerre à Tokyo dans un délai de trois mois après la capitulation allemande.

 

b) L’avenir de l’Allemagne en question : en ce qui concerne l’Allemagne, les représentants des trois grandes puissances réaffirmèrent leur volonté de détruire le nazisme et le vieux militarisme prussien.

Ainsi, l’idée d’un démembrement et d’une démilitarisation complète de l’Allemagne était approuvée par Churchill, Roosevelt et Staline, mais les projets de chacun étaient sensiblement différents.

 

Côté britannique, le premier ministre souhaitait diviser le pays en deux grandes entités : un Etat nord-allemand à majorité protestante, et un Etat à majorité catholique, rassemblant l’Allemagne du sud, l’Autriche et la Hongrie (plus une zone internationale en Rhénanie.).

Côté américain, Roosevelt avait songé à partitionner l’Allemagne en cinq entités, correspondant aux anciennes provinces du pays (Hanovre, Prusse, Hesse, Saxe, Bavière.), avant de se rallier au plan Morgenthau, élaboré par Henry Morgenthau, ministre des Finances américain : l’Allemagne devait être divisée en deux entités, au nord et au sud, la Rhénanie devenant une zone internationale (par ailleurs, la Sarre serait cédée à la France, la Silésie à la Pologne, la Prusse orientale à l’URSS.).

Malgré les protestations, ce fut le plan Morgenthau qui fut adopté par les trois grandes puissances.

 

c) La question polonaise : par ailleurs, alors que Staline s’était assuré de la satellisation de la satellisation des pays d’Europe de l’est suite aux conférences de Téhéran et de Moscou, de nouvelles discussions eurent lieu quant aux futures frontières de la Pologne. En effet, le secrétaire général du parti communiste de l’Union soviétique souhaitait fixer la frontière orientale polonaise sur une ligne Curzon[22] « soviétisée », reliant Grodno à Lvov, tout en annexant la région de Bialystok et de Lvov.  

 

Churchill et Roosevelt n’étaient pas hostiles à l’idée de fixer les nouvelles frontières polonaises sur la ligne Curzon. En contrepartie, comme cela avait été annoncé à la conférence de Téhéran, la Pologne recevrait des territoires à l’ouest à titre de compensation.

Toutefois, la ligne Curzon « soviétisée » ne plaisait guère, suscitant l’indignation du gouvernement polonais en exil, et les négociations à se sujet se poursuivirent jusqu’à l’été 1945.

 

D’un point de vue politique, il fut décidé de procéder à de nouvelles élections en Pologne, le gouvernement provisoire ayant été constitué par des communistes polonais partisans favorables à Moscou.

Staline y fut favorable, mais ne les organisa jamais, faisant de la Pologne un Etat satellite de l’URSS.

 

d) La naissance difficile de l’Organisation des Nations unies : Roosevelt, sachant sa fin arriver, souhaiter réussir à mettre en place la future Organisation des nations unies, destinée à remplacer la SDN (les premières discussions concernant l’ONU s’étaient déroulées dans la villa de Dumbarton Oaks, à Washington, d’août à octobre 1944.).

L’objectif du président américain était de réussir ou Thomas Woodrow Wilson [23] avait échoué, en donnant naissance à une entité supranationale chargée de veiller à maintenir la paix dans le monde.

 

Mais Staline, craignant une mainmise anglo-saxonne sur le projet (via le Commonwealth[24] et les Etats d’Amérique du sud.), réclama seize sièges, l’URSS étant constituée de seize républiques soviétiques (il n’en obtint finalement que trois, pour la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine.).  

Par ailleurs, outre l’assemblée générale qui devait réunir tous les pays membres, il fut décidé d’instaurer un conseil de sécurité, auquel ne participeraient que les trois grandes puissances. Toutefois, des négociations entre les participants furent entamées afin de céder un siège à la France (soutenue par l’Angleterre.) et à la Chine (soutenue par les Etats-Unis.).

 

Enfin, il fut décidé d’organiser une nouvelle conférence à San Francisco, en avril 1945, destinée à entériner la création de l’ONU.

 

            4° Le bombardement de Dresde (13 au 15 février 1945)En début d’année 1945, l’Etat-major américain décida de lancer une offensive aérienne en direction de Dresde, en Saxe, la ville étant considérée comme un important nœud ferroviaire (l’objectif était de bloquer les soldats allemands en partance pour le front est.).

A noter que Dresde, septième ville d’Allemagne, n’avait jamais été visée par les bombardements alliés (étant réputée pour être une ville culturelle, les dignitaires nazis de pensaient pas que Dresde serait victimes des bombardements alliés.).

Dresde au début du XX° siècle.

 

Le bombardement de la ville, débutant dans la nuit du 13 au 14 février, se poursuivit jusqu’au 15. Toutefois, si ces raids s’étaient déroulés sur une période plus courte qu’à Hambourg[25], les 3 900 tonnes de bombes larguées au dessus Dresde détruisirent près de 90% de la cité.

Ruines de Dresde suite aux bombardements.

 

Suite à l’annonce du bombardement, Joseph Goebbels, ministre de la Propagande, n’hésita pas à multiplier par dix le nombre des victimes, afin de présenter les alliés comme des barbares sanguinaires (d’autant que les zones industrielles avaient été épargnées par les bombes[26].).

Ainsi, alors que le bilan présenté par les nazis faisait état de 200 000 victimes, il semblerait que les bombardements de Dresde n’aient causé la mort « que » de 25 000 Allemands.

 

            5° Les offensives alliées vers le Rhin (février à mars 1945)L’Etat-major allié, après avoir regagné jusqu’à la fin janvier 1945 le terrain perdu lors de la bataille des Ardennes, décida de marcher en direction du Rhin, en vue d’une pénétration plus poussée en territoire ennemi.

 

Trois opérations furent donc planifiées, visant le nord de l’Allemagne (une fois encore, l’objectif à moyen-terme était de s’emparer de la Ruhr, riche région industrielle allemande.) : l’opération Veritable, de Nimègue à Wesel ; l’opération Grenade, de Wesel à Düsseldorf ; et l’opération Lumberjack[27], de Düsseldorf à Euskirchen.

A noter qu’il n’y eut pas d’offensive depuis l’Alsace, car la poche de Colmar était toujours entre les mains des Allemands à cette date ; en outre, Eiseinhower considérait qu’il était préférable de traverser des terrains plats, le relief alsacien étant bien plus accidenté.

 

a) Les opérations Veritable et Grenade (8 février au 11 mars 1945) : le maréchal von Rundstedt, chargé de la défense du Rhin[28], demanda début février à Hitler l’autorisation de s’installer sur des positions plus défensives derrière le Rhin.

Toutefois, le Führer répondit par la négative, ordonnant une fois encore à ses troupes de ne pas abandonner le moindre pouce de terrain.

Afin de faire face à la menace alliée, von Rundstedt fit alors détruire les barrages de la Roer et de l’Urft, deux rivières de Rhénanie.

 

Le 8 février, les troupes alliées lancèrent l’offensive, mais firent rapidement face à d’importantes difficultés.

Au nord, les Britanniques partis de Nimègue (opération Veritable.) firent face à la résistance acharnée des troupes allemandes, solidement installées entre la Waal et la Meuse ; au centre, la IX° Armée américaine (opération Grenade.), fut bloquée pendant trois semaines par la soudaine montée des eaux.

 

Le maréchal Montgomery, bénéficiant d’une nette supériorité numérique (200 000 Britanniques contre 90 000 Allemands.), parvint tant bien que mal à repousser l’ennemi derrière le Rhin, mais au prix d’importantes pertes : 23 000 tués et blessés ; contre 40 000 tués et blessés (plus 50 000 prisonniers.) côté allemand.

Les troupes américaines, quant à elle, reprirent leur progression à la fin du mois de février, alors que les eaux commençaient à baisser. Attaquant les troupes de von Rundstedt, qui, conformément aux ordres d’Hitler, ne s’étaient pas repliées, les alliés remportèrent une large victoire, s’installant désormais sur les rives du Rhin.

 

b) L’opération Lumberjack (1er au 7 mars 1945) : contrairement aux opérations Veritable et Grenade, Lumberjack ne fut lancée par le général Bradley qu’à compter du 1er mars 1945.

 

Toutefois, l’ennemi étant à cette date en plein repli, les alliés parvinrent à s’installer sur une ligne Düsseldorf-Euskirchen en l’espace d’une semaine.

Dans les jours qui suivirent, Bradley ordonna au général Patton de poursuivre sa progression, les Américains s’installant sur une ligne Düsseldorf-Coblence-Worms d’ici la fin du mois.

 

            6° La traversée du Rhin, les opérations Plunder et Varsity (24 mars 1945)A la fin mars 1945, les alliés s’étaient installés sur la rive gauche du Rhin, suite au succès des opérations Veritable, Grenade et Lumberjack.

Toutefois, le général Eisenhower craignait que la traversée du fleuve ne soit coûteuse en hommes, le Rhin étant bien défendu par l’ennemi (par ailleurs, tous les ponts le traversant étaient détruits[29].).

 

Afin de mener à bien les projets d’invasion, l’Etat-major allié élabora deux offensives parallèles : l’opération Plunder[30], traversée du Rhin par les troupes au sol ; et l’opération Varsity, prévoyant un soutien aérien via le largage de parachutistes sur la rive droite du fleuve.

 

Le 23 mars au soir, les alliés commencèrent à bombarder la rive droite du Rhin, débutant l’opération Plunder aux premières heures du 24 mars.

 

Mais contrairement aux prévisions de l’Etat-major allié, la résistance allemande fut particulièrement faible, la Wehrmacht étant affaiblie par les violents bombardements et les récents combats. Les alliés parvinrent ainsi à établir plusieurs têtes de ponts le long de la rive droite du Rhin en l’espace de quelques heures.  

 

L’opération Varsity, déclenchée à dix heures du matin, permit aux troupes au sol de recevoir le soutien des troupes aéroportées.

A noter que la tactique d’emploi des parachutistes avait été revue depuis l’opération Market-Garden. Ainsi, plutôt que de larguer des troupes à plusieurs dizaines de kilomètres des troupes au sol, il fut décidé que les parachutistes seraient employés en tant que soutien.

Cependant, si l’opération Varsity s’achevait sur un succès, les pertes alliées restaient lourdes : 2 500 tués et blessés, plus 60 appareils détruits. Ce bilan humain élevé s’explique principalement par le fait que l’opération Varsity se déroula en plein jour, exposant les appareils alliés à une dangereuse riposte de la Flak.  

 

Au final, l’opération Plunder fut un franc succès. D’ici la fin du mois de mars 1945, Américains et Britanniques enfoncèrent la ligne de front, progressant de 50 kilomètres en territoire ennemi[31].

 

            7° Jusqu’au cœur de l’Allemagne (avril à mai 1945)Au début du mois d’avril 1945, la situation était catastrophique pour le troisième Reich. A l’ouest, Américains et Britanniques avaient franchi le Rhin ; à l’est, les troupes soviétiques ne se trouvaient qu’à trente kilomètres de Berlin[32].

 

a) Le troisième Reich en difficulté : à cette date, la Luftwaffe était décimée (l’opération Bodenplatte avait été extrêmement coûteuse en hommes et en véhicules.), souffrant d’un manque de pétrole et de pilotes formés (même si l’on vit apparaitre à cette époque les premiers avions à réaction, tels que les chasseurs Messerschmitt ME-262 et Heinkel HE-162, ainsi que les bombardiers Arado AR-234, aux performances stupéfiantes pour l’époque[33], mais construits en trop petit nombre pour jouer un rôle déterminant.) ; la Kriegsmarine, qui n’avait jamais été en mesure de rivaliser avec la Royal Navy, fut cantonnée à un rôle humanitaire, chargée d’évacuer les populations des territoires envahis par les Soviétiques (elle fut aussi utilisée en tant que renfort d’artillerie sur les côtes de la Baltique.) ; enfin, la Heer[34], épuisée, était contrainte de faire face à un ennemi supérieur en nombre, attaquant sur deux fronts (la Ruhr étant encerclée début avril par les alliés, les chars sortis des usines ne purent être envoyés vers le régiments combattants.).

Heinkel HE-162, Imperial war museum, Londres.

  

Afin de faire face à ces colossales pertes humaines, la Wehrmacht commença à puiser des troupes dans les réserves des Jeunesses hitlériennes[35], organisation paramilitaire fondée en 1926[36]. Puis, à compter de 1945, les Hitlerjugend âgés de plus de douze ans furent armés par le troisième Reich, afin de participer à la défense de la patrie.

Défilé des Hitlerjugend.

En parallèle de la militarisation des Jeunesses hitlériennes, le Führer annonça la création du Volkssturm[37] à l’automne 1944. Cette milice populaire, composée d’hommes âgés de 16 à 60 ans, avait pour objectif de combattre aux côtés de la Wehrmacht. 

A noter que l’objectif d’Hitler était avant tout de galvaniser les foules afin d’éviter le scénario de l’été 1918, lorsque les Allemands vaincus avaient multiplié les insurrections contre l’autorité. Ainsi, les membres du Volkssturm, simplement équipés de brassards[38] et de Panzerfausts[39], reçurent une formation militaire plus que sommaire.

Le Voklssturm.

 

b) La poche de la Ruhr (1er au 21 avril 1945) : suite à la traversée du Rhin, les troupes alliées ne rencontrèrent guère de difficultés lors de leur progression vers l’ouest.

Progressant de 120 kilomètres vers l’est, Américains et Britanniques encerclèrent peu à peu la région de la Ruhr, dernière poche de résistance allemande. Ce secteur, commandé par le maréchal Model, était défendu par les restes de la Wehrmacht, les membres du Volkssturm, les Hitlerjugend et quelques unités SS.

Défilé des Hitlerjugend aux côtés de la Wehrmacht.

 

Américains et Britanniques, faisant jonction à Lippstadt le 1er avril, finalisèrent l’encerclement de la Ruhr le 4.

Toutefois, la région étant défendue par 430 000 hommes au total, sans compter les civils, l’Etat-major allié décida de poursuivre l’offensive en Allemagne, chargeant la I° et la IX° Armée américaine[40] de s’emparer de la position ennemie.

A noter cependant que si l’ennemi était en supériorité numérique (l’on ne comptait que 300 000 soldat alliés.), ses troupes étaient insuffisamment formées et ne disposaient que d’un équipement sommaire.

 

Côté allemand, Model reçut l’ordre de ne pas abandonner le moindre pouce de terrain, Hitler exigeant en outre que les usines soient détruites afin de ne pas tomber entre les mains de l’ennemi.

Le 12 avril, les alliés lancèrent une offensive depuis le sud, coupant la région en deux, à quelques kilomètres à l’ouest de Dortmund.

La moitié est décida alors de déposer les armes le 13, mais Model, retranché dans la moitié ouest, décida de poursuivre la lutte. Toutefois, ce dernier étant dans une situation catastrophique, il décida de dissoudre son armée, quelque jour avant de se suicider, le 21 avril 1945.

 

Les alliés, pénétrant dans la moitié ouest sans rencontrer de résistances, prirent rapidement le contrôle de la Ruhr, faisant plus de 300 000 prisonniers.  

Soldats allemands faits prisonniers dans la poche de la Rurh.

 

c) En parallèle de la bataille de la Ruhr (avril 1945) : alors que la I° et la IX° Armée américaine étaient chargées de réduire la poche de la Ruhr, le reste des troupes alliées continuait sa progression vers l’est.

Par ailleurs, le général Eisenhower décida de changer l’objectif principal, qui ne fut plus Berlin mais Leipzig, cité où devait s’opérer la jonction avec les troupes soviétiques (l’objectif d’Eisenhower était vraisemblablement de ne pas user ses troupes à conquérir un territoire qui serait rétrocédé aux Soviétiques après-guerre). L’Etat-major britannique critiqua vivement cette décision, mais les plans ne furent pas modifiés.

 

Le 18 avril, soit quelques jours avant le suicide du maréchal Model, la ligne de front s’étendait sur une ligne Groningue-Lunebourg-Leipzig-Nuremberg-Strasbourg.

 

Toutefois, si les défenses de la Ruhr s’étaient rapidement effondrées, la Wehrmacht opposa au contraire une farouche résistance dans plusieurs villes sous contrôle allemand, comme à Francfort-sur-le-Main (30 mars au 4 avril.), Groningue (13 au 16 avril.), Leipzig (18 avril.), etc.

Si les pertes alliées restaient légères, ces affrontements démontraient la volonté de résister jusqu’au bout de certains nazis fanatiques.

 

A noter que c’est au mois d’avril 1945 que les soldats américains découvrirent les premiers camps de concentration, où ils furent témoins des horreurs perpétrées par le régime nazi.

 

d) L’offensive finale (21 avril au 8 mai 1945) : à l’issue de la bataille de la Ruhr, Eisenhower décida de réintégrer la IX° Armée américaine au sein du 12° groupe d’armées du général Bradley.

Cette unité, chargée d’opérer le gros de la progression vers l’est, devait donc être soutenue par le 21° groupe d’armées de Montgomery au nord, et par 6° groupe d’armées de Devers au sud.

 

- Progressant vers l’est, les alliés atteignirent les rives de l’Elbe au cours de la dernière semaine d’avril, date à laquelle l’offensive fut stoppée.

Eisenhower fit de cette rivière traversant l’Allemagne du nord au sud, reliant Hambourg à Prague, la zone de jonction avec les troupes soviétiques (une fois encore, l’objectif était de ne pas user les troupes à conquérir un territoire qui serait rétrocédé à L’URSS après-guerre.).

Attendant l’arrivée de l’armée rouge pendant plusieurs jours, les Américains firent finalement jonction avec les Soviétiques à Torgau, à 50 kilomètres au nord-est de Leipzig, le 25 avril 1945.

Américains et soviétiques faisant jonction sur l'Elbe.

 

A noter que cette décision de s’arrêter le long de l’Elbe, conformément aux engagements pris lors de la conférence de Yalta, scandalisa plusieurs officiers américains et Britanniques, dont le général Patton, qui n’appréciait pas de laisser le champ libre aux Soviétiques.

 

- A la même date, le général Devers reçut l’ordre de lancer une importante offensive dans le sud de l’Allemagne (qui avait été relativement épargné jusqu’à présent.), tout en continuant de protéger le flanc droit du 12° corps d’armées du général Bradley.

Pour ce faire, Devers reçut le soutien de la I° Armée française, stationnée en Alsace (la poche de Colmar avait été réduite en février 1945.), sous le commandement du général de Lattre de Tassigny.

 

Alors que les troupes américaines progressaient vers le Danube, la I° Armée, traversant la frontière allemande, s’empara de Stuttgart le 21 avril 1945 (les alliés s’emparèrent de Sigmaringen le 29, où les derniers collaborateurs français avaient établi un gouvernement en exil.).

A noter que la résistance allemande fut plus vive dans le sud du pays, les unités de la Wehrmacht se trouvant dans la région ayant moins souffert que leurs homologues du nord. Les alliés, s’emparant de Munich le 30 avril, firent jonction avec les troupes d’Italie au début du mois de mai. A la même date, Américains et Britanniques s’emparèrent de la pointe ouest de la Tchécoslovaquie.

 

- Au nord, le maréchal Montgomery décida de traverser l’Elbe à la mi-avril 1945, s’emparant de Hambourg, puis de Lübeck et Wismar le 2 mai.

 

            8° Le front est, la conquête de l’Allemagne (avril à mai 1945)Comme nous l’avons vu précédemment, l’opération Bagration, lancée en juin 1944, avait été un revers majeur pour le troisième Reich. Ainsi, en l’espace de quelques mois, les Soviétiques avaient réussi à s’emparer de la Biélorussie (juin 1944.), des pays Baltes (juillet 1944), de la moitié est de la Pologne (août 1944.), de la Roumanie (septembre 1944.), de la Bulgarie (septembre 1944.), d’une partie de la Yougoslavie (octobre 1944.), de l’Albanie (novembre 1944.), et de la moitié est de la Hongrie (décembre 1944.).  

 

En fin d’année 1944, les armées soviétiques étaient installées sur une ligne de front Königsberg-Varsovie-Budapest-Belgrade.

A noter toutefois qu’à cette date le troisième Reich conservait une enclave en Courlande, une région de Lettonie, où étaient encerclés près de 200 000 soldats allemands.

 

a) L’offensive Oder-Vistule (janvier 1945) : Pendant près de six mois, les troupes soviétiques stationnées en Pologne, le long de la Vistule, étaient restées inactives[41], recevant continuellement d’importants renforts en hommes et matériel.

A la mi-janvier 1945, le maréchal Joukov, fort de 2 millions d’hommes et près de 5 000 chars de combat, décida alors de lancer l’offensive Vistule-Oder (l’objectif était de progresser de la Vistule jusqu’à l’Oder, jusqu’au cœur de l’Allemagne.).

 

Côté allemand, la situation était difficile, la Wehrmacht ne comptant plus que 450 000 hommes, affaiblis par les combats de l’année dernière, et un millier de tanks. Les officiers allemands demandèrent alors à Hitler l’autorisation de reculer, mais ce dernier, comme à son habitude, ordonna à ses subordonnés de ne pas abandonner le moindre pouce de terrain (le Führer considérait que la supériorité numérique de l’armée rouge n’était qu’une imposture.).

 

Au petit matin du 12 janvier, l’offensive soviétique débuta par un intense bombardement des positions ennemies, suivie d’une rapide progression en territoire polonais. Ainsi, Varsovie, réduite à l’état de ruines, fut prise le 17 ; Cracovie et Lodz le 19 ; Poznan fut encerclée à compter du 25.

Les Soviétiques, qui avaient libéré plusieurs camps d’exterminations installés en Pologne à l’été 1944, s’emparèrent d’Auschwitz à la fin janvier 1945.

 

L’armée rouge parvint à atteindre les rives de l’Oder au début du mois de février 1945, l’ennemi ayant reculé de 400 kilomètres en l’espace d’un mois. Toutefois, si à cette date les Soviétiques ne se trouvaient plus qu’à 70 kilomètres de Berlin, la Stavka décida de mettre un terme à l’offensive. En effet, non seulement les lignes de ravitaillement s’étiraient dangereusement ; en outre, une poche s’était formée en Poméranie et en Prusse orientale.

Les pertes soviétiques, à l’issue de cette offensive, restaient toutefois importantes : 45 000 tués et disparus, ainsi que 150 000 blessés ; contre 150 000 tués et 60 000 prisonniers côté allemand.

 

En parallèle des combats, plusieurs milliers d’Allemands décidèrent de fuir en raison de la progression de l’armée rouge. En effet, les Soviétiques étaient présentés par la propagande nazie comme des barbares assoiffés de sang ; dans les faits ils commirent de nombreux pillages, viols et meurtres, en représailles des exactions commises par les nazis en URSS.

L’on estime entre 500 000 et 3 millions le nombre d’Allemands ayant pris la route de l’exil au cours des derniers mois du second conflit mondial.

 

b) L’offensive de Poméranie-Prusse orientale (février à avril 1945) : afin de réduire à néant la poche de résistance qui s’était formée en Poméranie et en Prusse orientale, la Stavka lança une nouvelle offensive dans la région à compter de la mi-février 1945.

A noter toutefois que l’arrêt de l’offensive vers l’est fit controverse au sein de l’Etat-major soviétique, d’autant que les Allemands profitèrent de ces quelques mois de répits pour fortifier les rives de l’Oder et se préparer à la défense de leur capitale.

 

- Atteignant les rives de la Baltique début mars, les Soviétiques s’emparèrent de Kösslin[42] le 2, puis de Kolberg[43] le 18.

Les Allemands enfermés dans Dantzig contactèrent Hitler afin de négocier un repli ; mais ce dernier, comme à son habitude, ordonna de défendre la ville coûte que coûte. Le 30 mars, l’armée rouge pénétra dans la cité dévastée par plusieurs semaines de siège.

 

- En Prusse orientale, si la poche qui s’était formée en début d’année était de taille plus modeste que celle de Poméranie, les combats y furent plus violents. En effet, la région constituait le cœur historique de l’Allemagne, ce qui entraina un regain de fanatisme des SS et des membres du Volkssturm.  

Progressant lentement, les Soviétiques n’encerclèrent Königsberg qu’à compter de la première semaine d’avril 1945.

La bataille de Königsberg.

 

A cette date, si la cité avait été déjà endommagée par les bombardements alliés, elle restait très bien défendue, équipée de plusieurs enceintes, tranchées antichars, champs de mines, etc.

Le 6 avril, la Stavka décida de lancer une double offensive contre Königsberg, attaquant depuis le nord et le sud de la ville. L’offensive débuta à l’aube par une intense préparation d’artillerie.

Suite  un bombardement intensif des murailles le premier jour, les troupes de l’armée rouge parvinrent à percer une brèche le 7, pénétrant dans la ville. Toutefois, les combats de rues dans cette cité dévastée furent particulièrement difficiles, les chars éprouvant d’importantes difficultés à avancer.

Dans la soirée, les officiers allemands demandèrent au Führer l’autorisation de se replier, mais se dernier refusa. Démoralisés, les défenseurs de Königsberg décidèrent de passer outre les ordres d’Hitler, déposant les armes dans la journée du 9 avril.

 

La bataille de Königsberg causa d’importantes pertes aux deux belligérants : 60 000 tués et blessés côté soviétique ; contre 50 000 tués et 80 000 prisonniers côté allemand. 

 

c) L’opération Sonnenwende (mi-février 1945) : profitant du coup d’arrêt de la progression soviétique vers l’ouest, Hitler élabora un projet de contre-offensive, baptisé opération Sonnewende[44].

A l’origine, ce projet prévoyait une attaque de grande ampleur en direction de l’Oder, faisant appel aux troupes de Courlande, Norvège et Italie, qui devaient être rapatriées pour l’occasion. Toutefois, comme le Führer était hostile à cette idée, l’opération Sonnewende ne fut qu’une offensive d’ampleur réduite.

 

Attaquant en direction de Stettin[45] à compter du 15 février,  les Allemands profitèrent de l’effet de surprise pour repousser les Soviétiques d’une dizaine de kilomètres. A noter par ailleurs que les Allemands étaient équipés de chars lourds Panzer VI Tigre II, sortis des usines en fin d’année dernière.

Panzer VI Tigre II.

 

Toutefois, l’opération Sonnewende fit long feu, le maréchal Joukov freinant l’avancée ennemie à compter du 18 février. Contraignant l’ennemi à reculer, l’armée rouge reprit Stettin le 21.

 

d) La bataille de Berlin (avril 1945) : ayant réduit à néant les poches de Poméranie et de Prusse orientale, la Stavka décida de reprendre son offensive en direction de l’ouest.

Afin de mener à bien le siège de Berlin, Staline rassembla 2.5 millions d’hommes, 6 000 chars, 40 000 canons et 7 500 avions, des chiffres équivalents voire supérieurs à ceux de la Wehrmacht lors de l’invasion de l’URSS.

 

- Les premiers combats se déroulèrent à la mi-avril sur les hauteurs de Seelow, à 80 kilomètres à l’est de Berlin. Cependant, malgré leur supériorité numérique, les Soviétiques éprouvèrent de grandes difficultés à s’emparer de cette position. En effet, non seulement plusieurs chars s’embourbèrent dans les marécages ; en outre, l’on dénombra un grand nombre de tirs fratricides, l’assaut ayant été donné à la nuit tombée.

 

Les Allemands ayant préféré évacuer leurs positions le 19, la bataille de Seelow s’acheva sur une victoire à la Pyrrhus, les Soviétiques comptant 30 000 tués (contre 12 000 côté allemand.). 

Néanmoins, la route vers Berlin était désormais libre.

 

- A la mi- avril 1945, la capitale allemande était défendue par les restes de la Wehrmacht, les SS, les membres du Volkssturm et les Hitlerjugend, soit 80 000 hommes au total.

 

Dans la soirée du 20 avril, suite à la fête organisée en l’honneur de l’anniversaire d’Hitler, de nombreux dignitaires nazis évacuèrent Berlin. Au même moment, l’armée rouge combattait dans les faubourgs de la capitale, commençant à bombarder le centre-ville.  

Hitler félicitant les Hitlerjugend défendant Berlin (à noter qu'il s'agit de la dernière apparition publique du Führer).

 

Le Führer, dont la santé s’était dégradée depuis l’attentat du Wolfsschanze[46], en juillet 1944[47], semblait déconnecté de tout sens des réalités. Enfermé dans le Führerbunker, dans les sous-sols de la nouvelle chancellerie du Reich[48], Hitler oscillait entre apathie et optimisme, pendant être sauvé par des unités de la Wehrmacht qui n’existaient plus.

Du côté des dignitaires nazis, la lutte ne faisait que commencer pour la conquête du pouvoir. Ainsi, Göring demanda le 25 avril à être nommé chancelier du Reich à la mort du Führer ; le 28, Hitler apprit que Himmler avait entamé des négociations avec les alliés.

L'entrée du Führerbunker, devant la nouvelle chancellerie du Reich.

 

Le 29 au matin, le Führer apprit la mort de Mussolini[49], exécuté par les résistants italiens, ce qui le conforta dans sa volonté de se suicider.

Alors que les Soviétiques pénétraient dans le centre-ville de Berlin, Hitler se donna la mort dans l’après-midi du 30 avril, en compagnie de sa maitresse, Eva Braun (ils s’étaient mariés à la hâte dans la nuit du 29 au 30 avril.).

Suite au suicide d’Hitler, les deux corps furent incinérés dans les jardins de la chancellerie ; Goebbels[50] et son épouse mirent eux aussi fin à leurs jours le lendemain après-midi, après avoir donné la mort à leurs six enfants.    

Troupes américaines examinant le sofa sur lequel Hitler et Eva Braun se sont suicidés.

 

Dans la journée du 30 avril, les soldats soviétiques qui avaient pénétré dans le centre ville livrèrent d’importants combats pour le contrôle du Reichstag[51].

L’édifice, défendu par deux chars Tigre II et quatre canons de 88, fut conquis par les troupes de l’armée rouge au petit matin du 1er mai, après une nuit de combats.

L'armée rouge devant les ruines du Reichstag, musée des Invalides, Paris.

 

Le même jour, l’amiral Karl Dönitz[52], nouveau président du Reich suite au décès du Führer, décida d’entamer des pourparlers avec les alliés. Le 2, les Soviétiques prirent contrôle de la nouvelle chancellerie du Reich, y découvrant les restes de plusieurs dignitaires nazis.

L'amiral Karl Dönitz.

 

Symbole de la victoire de l’URSS sur le troisième Reich, la bataille de Berlin n’en fut pas moins un affrontement particulièrement : ainsi, les Soviétiques comptaient 80 000 tués et 280 000 blessés ; contre 200 000 tués (la moitié étant des civils.) et 500 000 prisonniers côté allemand.

Drapeau soviétique hissé au sommet du Reichstag.

 

- Les habitants de Berlin, subissant les combats et les dévastations, se réfugièrent dans le métro et dans les caves des immeubles afin de fuir les combats. Ils y apprirent avec indifférence la mort du Führer, ainsi que la mise en place de négociations entre les alliés et les dignitaires nazis.

 

Toutefois, malgré l’annonce de la fin des combats, les civils firent face aux pillages et aux meurtres perpétrés par les Soviétiques ; en outre, l’on estime que 100 000 Berlinoises furent violées au printemps 1945 par les troupes d’occupation[53].

A noter toutefois que les exactions contre les civils furent sanctionnées par les autorités soviétiques après la signature de l’armistice.

Ruines de Berlin, mai 1945.

 

            9° L’invasion de la Hongrie (décembre 1944 à avril 1945)Comme nous l’avons vu précédemment, la Hongrie avait accepté de signer un armistice avec l’URSS à la mi-octobre 1944. Toutefois, l’amiral Horthy, régent du royaume, avait été contraint de revenir sur sa décision suite à l’enlèvement de son fils par les nazis. 

Budapest fut donc assiégée par l’armée rouge à compter de la fin décembre 1945.

 

a) La bataille de Budapest (décembre 1944 à février 1945) : à cette date, Staline souhaitait s’emparer au plus tôt de la capitale hongroise, afin de pouvoir lancer une nouvelle offensive contre la Slovaquie et l’Autriche.

 

Les Soviétiques, encerclant rapidement la ville, subirent toutefois plusieurs contre-offensives allemandes au cours de la première semaine de janvier 1945, lancées dans le cadre de l’opération Konrad.

Bénéficiant de l’effet de surprise, les Allemands parvinrent à ouvrir une brèche dans la ligne ennemie, bénéficiant du soutien des chars Panther et Tigre II. Toutefois, cette contre-offensive fit long feu, la Wehrmacht souffrant d’une infériorité numérique bien trop patente pour pouvoir l’emporter.

 

A la fin du mois, les Soviétiques parvinrent à pénétrer dans Pest, sur la rive droite du fleuve, bombardant Buda[54]. Malgré la résistance acharnée des SS, les Allemands décidèrent de déposer les armes le 13 février1945.

 

La bataille de Budapest fut un des sièges les plus meurtriers de la seconde guerre mondiale, l’URSS déplorant 80 000 tués et disparus, ainsi que 240 000 blessés ; contre 150 000 tués, blessés et disparus côté allemand.

 

b) L’offensive du lac Balaton (6 au 15 mars 1945) : Les Soviétiques étant désormais maîtres de la capitale hongroise, ils poursuivirent leur avancée en direction de l’ouest.

Toutefois, l’armée rouge fit face à compter du 6 mars à une importante contre-offensive allemande, organisée dans la région du lac Balaton, à la frontière ouest du pays.

 

L’objectif de l’opération Frühlingserwachen[55], planifiée par Hitler, était de s’assurer du contrôle de la région du lac Balaton (l’on y trouvait les derniers puits de pétrole encore entre les mains des Allemands.), et de repousser l’ennemi jusqu’au Danube.

 

Totuefois, malgré quelques succès initiaux, obtenus grâce à l’effet de surprise, l’opération Frühlingserwachen s’acheva sur un échec à la mi-mars, les Allemands souffrant d’une nette infériorité numérique et de réserves de carburant insuffisantes.

 

c) La fin du conflit en Hongrie (4 avril 1945) : à la fin mars, les dernières unités allemandes et hongroises qui n’avaient pas été éliminées se replièrent vers l’Autriche ; Ferenc Szalasi, chef du gouvernement hongrois, décida lui aussi de prendre le chemin de l’exil.

Ferenc Szalasi.

 

Les combats en Hongrie prirent officiellement fin le 4 avril 1945, les Soviétiques s’étant emparés de la moitié ouest du pays ; toutefois, aucun traité de paix ne fut négocié à cette date entre le gouvernement hongrois et l’URSS.

 

            10° L’invasion de l’Autriche (avril 1945) La prise de Budapest permit à l’armée rouge d’achever l’invasion de la Hongrie, laissant désormais la porte ouverte à une offensive contre l’Autriche et la Tchécoslovaquie.

 

a) La bataille de Vienne (avril 1945) : l’Autriche, comme nous l’avons vu plus tôt, avait été annexée par l’Allemagne en 1938. Le président sortant avait été démis de ces fonctions suite à l’anschluss[56], et le pays était directement administré par le troisième Reich.

 

Vienne, la capitale autrichienne, n’étant située qu’à 50 kilomètres à l’ouest de la frontière, fut assiégée par les Soviétiques dès le début du mois d’avril 1945.

A noter toutefois que si les accords de Yalta avaient conclu que la Hongrie et la Tchécoslovaquie deviendraient des Etats satellites de l’URSS à l’issue de la guerre, rien n’avait été décidé à propos de l’Autriche.

 

Les SS présents dans la capitale décidèrent de poursuivre la lutte plutôt que de reculer, au grand dam des résistants autrichiens qui n’appréciaient guère de voir leur ville détruite par les combats.

Toutefois, l’armée rouge bénéficiait une fois d’une large supériorité numérique, rassemblant 650 000 hommes contre 70 000 Allemands.

Ainsi, les Soviétiques s’emparèrent peu à peu des faubourgs de la cité, faisant main basse sur la ligne de chemin de fer alimentant Vienne.

A compter du 10 avril, ils parvinrent à pénétrer dans les quartiers du centre-ville, livrant d’importants combats urbains contre les troupes allemandes.

 

Les SS, peu à peu encerclés, et souffrant des actes de sabotage perpétrés par les résistants autrichiens, décidèrent de déposer les armes le 13 avril 1945.

A noter que la bataille de Vienne avait été particulièrement meurtrière, s’achevant quasiment sur une victoire à la Pyrrhus pour les Soviétiques : ainsi, ces derniers comptaient 18 000 tués ; contre 19 000 tués et 47 000 prisonniers pour les Allemands.

 

b) La proclamation de la nouvelle république autrichienne (fin avril 1945) : Suite à la capture de Vienne, les Soviétiques progressèrent rapidement en territoire autrichien, l’ennemi n’étant plus en mesure de riposter.

A la fin du mois d’avril, le socialiste Karl Reiner[57] forma un gouvernement d’union nationale avec l’aval de l’URSS. Il proclama alors la scission de l’Autriche et de l’Allemagne, tentant de faire reconnaitre la nouvelle république autrichienne auprès des alliés occidentaux[58].

 

            11° L’invasion de la Tchécoslovaquie (avril à mai 1945) Depuis 1939, la Tchécoslovaquie était divisée en deux parties : à l’ouest, la république tchèque avait été transformée en Protectorat de Bohême-Moravie, sous l’égide de l’Allemagne ; à l’est, la Slovaquie, bien que conservant son indépendance, était devenu un Etat satellite du troisième Reich.

 

Edvard Benès[59], dernier président de la république tchécoslovaque, ayant choisi la voie de l’exil en fin d’année 1938, la présidence du protectorat de Bohême-Moravie fut confiée à Emil Hacha[60] ; Jozef Tiso[61] fut nommé président de la république slovaque.

De gauche à droite : Edvard Benès, Emil Hacha, Jozef Tiso.

 

a) L’invasion de la Slovaquie (avril 1945) : en parallèle de la libération de l’Autriche, l’armée rouge progressa en Tchécoslovaquie à compter de début avril 1945 (à noter qu’un soulèvement populaire avait eu lieu en Slovaquie, à l’été 1944, mais il fut réprimé par le troisième Reich en raison d’un manque de soutien de la part de l’URSS.).

 

Bratislava, la capitale slovaque, fut prise par les Soviétiques le 4 avril ; le lendemain, Benès quitta Londres pour Kosice, dans l’est du pays, où il instaura un gouvernement d’union nationale. Bénéficiant de l’aval de l’URSS, l’ancien président annonça alors la restauration de la Tchécoslovaquie et le rétablissement de la république.

Jozef Tiso, écarté du pouvoir, décida de suivre la voie de l’exil, se réfugiant en Allemagne[62].

 

Cette initiative de Benès galvanisa les résistants tchèques et slovaques, armés par l’URSS, qui multiplièrent les coups de force contre les troupes allemandes. Bénéficiant du soutien des populations insurgées, les Soviétiques pénétrèrent en Bohême-Moravie à compter de la fin avril 1945

 

b) L’invasion de la république tchèque, l’insurrection de Prague (mai 1945) : alors que les alliés ne se trouvait qu’à quelques kilomètres de Prague, les résistants tchèques décidèrent d’organiser un soulèvement dans la capitale.

 

Les premiers combats débutèrent dans la nuit du 4 au 5 mai, les insurgés attaquant les SS défendant les locaux de la radio nationale. Au même moment, les quartiers généraux de la Gestapo[63] et de la Sipo[64] furent eux aussi attaqués. Enfin, plus d’un millier de barricades furent érigés dans les rues de la cité.

 

Toutefois, si l’insurrection semblait tourner à l’avantage des résistants tchèques, des renforts allemands ne tardèrent pas à faire leur entrée dans la capitale.

Les résistants, quant à eux, ne purent bénéficier du soutien des Américains, qui s’étaient arrêtés le long de l’Elbe ; les Soviétiques, quant à eux, n’étaient pas encore arrivés.

A compter du 7 mai, les SS lancèrent une importante contre-offensive, appuyés par les restes de la Luftwaffe. Bombardant le centre-ville de Prague, les Allemands ne tardèrent pas à reprendre l’avantage.

A noter toutefois que l’armée de libération russe, unité composée de Russes combattant sous drapeau allemand, décida de faire défection et de combattre aux côtés des Tchèques (les membres de cette unité souhaitaient faire rédemption, craignant l’arrivée de l’armée rouge.). Toutefois, si l’armée de libération russe était bien formée et bien équipée, les résistants de Prague ne firent guère confiance à cette unité.

 

Isolés, les insurgés furent contraints de déposer les armes le 8 mai, le lendemain de la signature de l’armistice.

Les Soviétiques, arrivant à Prague le 9, firent toutefois face à la résistance des dernières troupes allemandes, qui refusaient de capituler. Recevant le soutien de la population, l’armée rouge contraignit l’ennemi à déposer les armes, le 11 mai 1945.

 

Suite à la bataille de Prague, Emil Hacha fut arrêté et incarcéré[65].  

 

            12° La guerre de Laponie (1945) A la fin juin 1944, la Finlande avait été contrainte de négocier avec l’URSS, cédant plusieurs territoires à Staline[66].

Toutefois, ce revirement du gouvernement finlandais ne plût guère au troisième Reich, qui comptait plusieurs milliers de soldats en Finlande. C’est ainsi que débuta la guerre de Laponie, en septembre 1944.

 

Les Allemands, remontant vers le nord du pays afin de rejoindre la Norvège, adoptèrent une politique de terre brûlée lors de leur retraite. Ces derniers multiplièrent les exactions à l’encontre des populations civiles, détruisant en chemin de nombreux villages.

Par ailleurs, comme l’armée finlandaise devait être démobilisée, la poursuite de l’ennemi se fit dans de mauvaises conditions.

 

Au final, l’on estime que 40 à 50% des habitations dans le nord de la Finlande furent détruites par les soldats allemands, parfois deux tiers dans certaines villages.

Par ailleurs, plus de 650 ponts furent détruits, ainsi que 3 700 kilomètres de lignes téléphoniques.

 

A la fin avril 1945, les Allemands parvinrent à rejoindre le territoire norvégien, comptant 1 200 tués et 2 000 blessés ; contre un millier de tués et disparus, plus 3 000 blessés côté finlandais.

A noter que la frontière ne fut gardée que par 600 soldats finlandais, Moscou ayant réclamé la démobilisation de l’armée finlandaise.

 

            13° La campagne d’Italie (1945) En septembre 1944, les alliés avaient réussi à percer la ligne Gothique, malgré une réduction d’effectifs survenue pendant l’été[67].

Ainsi, la VIII° Armée britannique du général Richard Mac Creery, traversant l’Uso, s’était emparé de Ravenne au début du mois de novembre ; la V° Armée américaine du général Clark, quant à elle, avança en direction de Bologne en fin d’année, mais fut stoppée à dix kilomètres de la ville à cause des pluies torrentielles.

 

A noter que d’importants bouleversements survinrent en décembre 1944 au sein de l’Etat-major allié. Le général Alexander, promu maréchal en juin, fut nommé commandant suprême des forces alliées en Méditerranée. Le général Clark reçut alors le commandement du 15° groupe d’armées[68], étant remplacé par le général Truscott à la tête de la V° Armée.

 

a) L’offensive du printemps 1945, ou opération Grapeshot (avril 1945) : au printemps 1945, le général Clark planifia l’opération Grapeshot[69], prévoyant une offensive de grande ampleur contre les lignes allemandes.

Comme pour l’année précédente, la V° Armée américaine devait attaquer depuis le massif des Apennins, en direction de Bologne ; la VIII° Armée britannique, installée le long de la côte adriatique, devait avancer vers la Vénétie.

 

Bénéficiant d’une nette supériorité numérique, grâce aux renforts arrivés pendant l’hiver (Canada, Italie, Brésil, etc.), les alliés lancèrent l’offensive à compter du 6 avril 1945.

A cette date, la Wehrmacht était dans une situation particulièrement difficile, manquant de carburant et de provisions, menacée d’une attaque sur ses arrières depuis l’invasion de l’Allemagne par les forces alliées.

Par ailleurs, le maréchal Kesselring, nommé commandant du front ouest en début d’année 1945, avait été remplacé par le général Heinrich von Vietinghoff[70] à compter du mois de mars.

 

Débutant l’offensive par une intense préparation d’artillerie, soutenue par un bombardement aérien, les alliés partirent à l’assaut des positions ennemies dans la soirée du 11 avril. Le 14, après avoir progressé des quelques kilomètres, Américains et Britanniques procédèrent à un nouveau bombardement.

L’armée allemande, déjà affaiblie, fut décimée par les incessants tirs d’artillerie. Les soldats de la république de Salo, quant à eux, mal équipés, ne tardèrent pas à déposer les armes.

Faisant face à un ennemi en pleine déroute, Américains et Britanniques progressèrent rapidement dans le nord de l’Italie. Ainsi, les alliés prirent Bologne le 21 avril, traversèrent le Pô le 22, s’emparant de Crémone et Ferrare le 23.

 

D’ici la fin du mois, les troupes alliées s’emparèrent de Milan, Gênes, Padoue, Venise, progressant jusqu’à la frontière autrichienne d’ici début mai 1945.

Le général von Vietinghoff, assiégé par les résistants italiens dans Bolzano, dans le Trentin, décida d’entamer des pourparlers avec l’Etat-major allié. Ce dernier signa la capitulation de ces troupes le 29 avril, prévoyant la fin des combats pour le 2 mai 1945.

 

b) La fin de la république de Salo (avril 1945) : la république de Salo, Etat fantoche contrôlé par le troisième Reich, ne survécut pas à l’invasion de l’Allemagne.

 

Mussolini, qui avait un temps tenté de se rapprocher des résistants italiens, quitta Milan le 25 avril 1945, en compagnie de sa maîtresse, Clara Petacci. Se dirigeant vers Côme, dans le nord de la Lombardie, il rejoignit le lendemain une colonne de la Flak qui quittait l’Italie.

La colonne allemande, arrêtée une première fois à Musso par des résistants italiens, fut à nouveau arrêtée quelques kilomètres plus loin, à Dongo. C’est alors qu’un des partisans reconnut Mussolini, qui avait endossé un manteau de sergent de l’aviation allemande.

 

A l’annonce de l’arrestation du Duce, le comité de libération nationale (il s’agissait du principal organe de résistance italien.) décida que le dictateur devait être exécuté, afin de détruire le principal symbole du fascisme.

C’est ainsi que Mussolini et Clara Petacci furent fusillés à Mezzegra, à 20 kilomètres au sud de Dongo, le 28 avril 1945.

Suite à l’exécution, les deux cadavres furent transportés jusqu’à Milan, où, pendus par les pieds, ils furent livrés à la vindicte populaire.

Cadavres de Mussolini et de sa maîtresse (au centre de l'image), entourés par plusieurs dignitaires fascistes.

 

A noter que des zones d’ombres planent sur les derniers jours de Mussolini et sur son décès. Ainsi, pourquoi le Duce a-t-il souhaité se rendre à Côme, menacée par les alliés (la cité fut prise le 2 mai.), alors qu’un avion en direction de l’Espagne l’attendait à l’aéroport de Milan ?

En ce qui concerne l’exécution de Mussolini, plusieurs thèses évoquent l’action des services secrets britanniques, dont l’objectif était de récupérer la correspondance échangée par Churchill et le Duce, lettres qui auraient pu compromettre le premier ministre britannique[71].

 

            14° L’armistice du 8 mai 1945, la fin de la guerre en Europe L’amiral Dönitz, nommé président du Reich suite au suicide d’Hitler, entama des négociations avec les alliés à compter du 1er mai 1945.

Retiré à Flensbourg, à la frontière danoise, Dönitz tenta de faire reconnaitre son gouvernement auprès des Américains et des Britanniques, espérant conserver le pouvoir à l’issue du second conflit mondiale. Ainsi, le président du Reich donna ordre à ses troupes de se rendre de préférence aux alliés occidentaux plutôt qu’aux Soviétiques, se méfiant de l’URSS.

 

a) La capitulation de Reims (6 au 7 mai 1945) : Le 6 mai, Dönitz envoya le général Alfred Jodl[72] en France, afin de négocier la reddition des forces allemandes.

Les participants se réunirent dans la soirée dans une des salles du collège moderne et technique[73] de Reims, où Eisenhower avait installé son quartier général.

La signature de l'acte de reddition du 7 mai 1945.

 

L’acte de reddition, très court, prévoyait la fin des opérations militaires allemandes pour le 8 mai à 23h01 ; aucun avion ou navire ne devait être sabordé ou endommagé délibérément ; enfin, les alliés étaient libres d’appliquer des sanctions à l’Allemagne en cas de non respect du traité.

 

Signé le 7 mai 1945 à 2h41 du matin, l’acte de reddition fut contresigné par le général Walter Bedell Smith, chef d’Etat-major d’Eisenhower ; le général Ivan Alekseïevitch Sousloparov, attaché militaire soviétique ; et le général français François Sevez, chef d’Etat-major du général Juin.

 

b) La capitulation de Berlin (8 au 9 mai 1945) : Staline, apprenant qu’une capitulation avait été signée à Reims, réclama qu’un nouvel accord soit signé à Berlin avec l’Etat-major soviétique, considérant la reddition du 7 mai comme un simple préliminaire (ce dernier souhaitait éviter que soit signée une paix séparée avec le troisième Reich, comme cela avait été le cas en Italie.).

Par ailleurs, le secrétaire général du parti communiste de l’Union soviétique fustigea le général Sousloparov, qui avait contresigné la capitulation de Reims sans avoir reçu l’aval de Moscou.

 

C’est ainsi qu’une nouvelle réunion fut organisée à Karlshorst, dans un des quartiers de Berlin, au soir du 8 mai 1945[74]. Cette fois-ci, la capitulation fut signée non pas par le général Jodl, mais par le maréchal Wilhelm Keitel, commandant en chef des forces allemandes.

La maréchal Keitel signant l'acte de capitulation allemand, 9 mai 1945.

 

Le nouvel acte de reddition, reprenant la majorité des articles du texte signé le 7 mai, prévoyait la fin des opérations militaires allemandes pour le 8 mai à 23h01 ; aucun avion ou navire ne devait être sabordé ou endommagé délibérément ; enfin, les alliés étaient libres d’appliquer des sanctions à l’Allemagne en cas de non respect du traité.

 

Le texte fut contresigné par le maréchal Joukov ; le maréchal britannique Arthur William Tedder, représentant d’Eisenhower ; le général de Lattre de Tassigny, commandant en chef de la I° Armée française ; et le général américain Carl Andrew Spaatz, commandant des forces aériennes des Etats-Unis.

 

A noter toutefois que si l’acte de reddition fait mention d’une signature le 8 mai 1945, le texte ne fut officiellement contresigné par tous les participants qu’à compter du 9 mai à 0h28.

Par ailleurs, si l’usage à popularisé le terme d’armistice, il est utilisé à tort, car les dignitaires nazis ont bel et bien signé une capitulation[75].

 

c) La fin des combats en Europe (8 mai 1945) : si quelques unités allemandes décidèrent de continuer la lutte malgré la signature des deux actes de reddition (comme à Prague, où les SS ne déposèrent les armes qu’à compter du 11 mai.), la majorité des troupes déposèrent rapidement les armes.

 

Ainsi, les Allemands installés en Norvège se rendirent le 7 mai ; suivis le lendemain par les troupes combattant dans le nord des Pays-Bas. En France, les garnisons allemandes retranchées dans Dunkerque, Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle et Royan déposèrent les armes à l’issue d’un siège ayant duré près d’une année.

 

A l’annonce de la victoire, d’importantes manifestations populaires furent organisées partout en Europe, comme à Londres et à Paris, mais aussi aux Etats-Unis et en URSS.

A noter toutefois que si l’occident fête la fin de la seconde guerre mondiale le 8 mai[76], le bloc soviétique célèbre cet évènement le 9 mai.

 

Le 23 mai, les membres du gouvernement de Flensbourg, qui avaient tenté d’être reconnus par les alliés occidentaux, furent arrêtés sur l’ordre du général Eisenhower, faisant disparaitre ainsi les dernières traces du régime nazi.

 

d) La conférence de San Francisco (avril à juin 1945) : alors que le second conflit mondial s’achevait en Europe, se tenait la conférence de San Francisco, en Californie.

Y participèrent 51 pays, dont l’URSS comptant trois sièges[77].

La conférence de San Francisco.

 

Cette conférence consacra la naissance officielle de l’Organisation des nations-unies, les représentants des 51 Etats signant la Charte des nations-unies le 26 juin 1945.

La nouvelle entité comptait six organes principaux : l’assemblée générale, lieu de réunion des pays membres ; le conseil de sécurité, comptant cinq pays dotés d’un droit de véto (Etats-Unis, URSS, Grande-Bretagne, France, Chine.) ; le conseil économique et social, chargé d’effectuer des études dans le domaine économique, social, culturel, médical, etc. ; le conseil de tutelle, administrant les territoires placés sous tutelle de l’ONU[78] ; la cour internationale de justice, dont la fonction est de régler les différents juridiques soumis par les Etats membres ; enfin, le secrétariat des Nations unies, chargé d’assurer le bon fonctionnement de l’ONU et de ses différents organes.  

 

A noter que Georges Bidault, ministre des Affaires étrangères du GRPF, réclama que le français soit reconnu comme langue de travail de l’ONU, au même titre que l’anglais.

Soutenu par l’URSS, le Canada, et par plusieurs pays d’Amérique du sud, il obtint finalement gain de cause.

 

            15° Combats en Indochine (mars à septembre 1945) Comme nous l’avons vu précédemment, l’amiral Jean Decoux, gouverneur de l’Indochine, avait signé une convention militaire avec le Japon en septembre 1940. Ainsi, les troupes japonaises furent autorisées à s’installer au Tonkin, tout en reconnaissant la souveraineté française dans la région.

 

a) L’Indochine française, de Pétain à de Gaulle (1940 à 1945) : toutefois, le gouvernement provisoire n’appréciait guère de savoir qu’un gouverneur nommé par le maréchal Pétain était toujours en activité en Indochine.

Ainsi, le GRPF était entré en relation avec le général Mordant, commandant en chef de l’armée en Indochine, en cours d’année 1944. Ce dernier, devenu adjoint de l’amiral Decoux, veillait à ce que le gouverneur de l’Indochine respecte les instructions transmises par la métropole.

 

b) L’annexion de l’Indochine : côté japonais, la situation en Indochine restait préoccupante. Ainsi, non seulement Decoux obéissait désormais à un gouvernement issu de la Résistance ; en outre, Américains et Britanniques avaient commencé à bombarder les positions japonaises au Tonkin.

 

- Ainsi, le gouvernement japonais décida de prendre le contrôle de l’Indochine française, le coup de force étant prévu pour le début du mois de mars 1945.

Dans la soirée du 9 mars, Decoux reçut la visite de l’ambassadeur japonais, qui lui présenta un ultimatum, exigeant que la souveraineté sur l’Indochine soit transférée au gouvernement japonais.

L’amiral, tentant de négocier, fut toutefois dépassé par les évènements. Ainsi, ce dernier fut mis aux arrêts, alors que la garnison de Saigon était attaquée par surprise par l’ennemi. L’offensive japonaise fut particulièrement violente, ainsi, plusieurs officiers et administrateurs français furent décapités par l’ennemi.

Les Japonais s’emparèrent sans coup férir de Hanoï et Lang Son, au Tonkin, en l’espace de quelques heures.

 

- Bao Dai[79], souverain d’Annam, décida de collaborer avec le gouvernement Japonais. A la mi-août 1945, il profita de la décapitation de l’administration française pour proclamer l’annexion du Tonkin et de la Cochinchine, donnant naissance à l’Empire du Viêt-Nam.

Bao Dai.

 

Norodom Sihanouk[80], roi du Cambodge, prononça lui aussi l’indépendance du pays, tout en s’abstenant de collaborer ouvertement avec le Japon ; mais Sisavang Vong[81], roi du Laos, refusa de proclamer l’indépendance (ce dernier fut toutefois contraint d’obtempérer en avril 1945.).

Norodom Sihanouk (à gauche) et Sisavang Vong (à droite).

 

- Les dernières troupes françaises, ayant réussi à échapper à l’ennemi, s’étaient repliées vers le nord du Tonkin afin de poursuivre la lutte. Toutefois, se trouvant en nette infériorité numérique, les Français décidèrent de se replier vers le Yunnan.

 

Malgré le repli des troupes françaises, le Viêt Minh[82], organisation paramilitaire communiste fondée en 1941, décida de poursuivre la lutte dans le nord du Viêt-Nam. Utilisant une stratégie de guérilla, Hô Chi Minh[83], fondateur du parti communiste indochinois, parvint à s’emparer de plusieurs villages et voies de communication du Tonkin.

 

Afin de rétablir la situation, de gaulle donna naissance au corps expéditionnaire français en Extrême-Orient en juin 1945, placé sous le commandement du général Leclerc.

Toutefois, alors que la capitulation du Japon fut annoncée à la mi-août 1945, le CEFEO n’avait pas encore quitté la France[84] ; par ailleurs, il fut décidé lors de la conférence de Postdam[85] que l’Indochine serait occupée non pas par la France, mais par la Chine au nord, et par la Grande-Bretagne au sud.

 

Suite à la capitulation du Japon, les troupes japonaises installées en Indochine firent reddition devant le Viêt Minh, qui contraignit Bao Dai à abdiquer. Le 2 septembre 1945, Hô Chi Minh proclama l’indépendance du Viêt-Nam, préfigurant le futur conflit indochinois.  

 

            16° La campagne des Philippines (1945)Si les Philippines avaient été conquises par le Japon au printemps 1942, l’Etat-major américain avait lancé une grande offensive dans la région en fin d’année 1944.

C’est ainsi que le général Mac Arthur s’empara au mois de décembre de l’île de Leyte, dans l’est de l’archipel.

 

a) La bataille de Luçon (janvier à août) : en début d’année 1945, l’Etat-major américain planifia l’opération S-Day, prévoyant une offensive en direction de Luçon, à la pointe nord, principale île de l’archipel.

Le débarquement étant prévu sur la côte nord, l’US Navy fut chargée de bombarder la côte sud de Luçon, tentant d’opérer un coup de bluff contre l’armée impériale.

 

Le 9 janvier 1945, les troupes américaines débarquèrent au nord de Luçon, alors que les navires américains bombardaient les positions ennemies.

Les alliés progressèrent rapidement en direction du sud, ne rencontrant guère de résistances. Ce n’est qu’en arrivant à l’aérodrome d’Angeles City, à 80 kilomètres au nord-ouest de Manille, à la fin janvier, que les Américains firent face à une vive résistance japonaise.

 

Toutefois, si les Japonais étaient à cette date en supériorité numérique (250 000 soldats contre 175 000 Américains.), ils souffraient d’un mauvais ravitaillement et leur matériel était devenu désuet par rapport à celui des alliés.

Par ailleurs, l’armée impériale était harcelée par les résistants philippins et les communistes du mouvement Hukbalahap[86], qui, connaissant bien la région, se livraient à une guérilla contre les troupes d’occupation.

 

b) La bataille de Manille (3 février au 3 mars 1945) : alors que la première vague de débarquement progressait vers le sud de Luçon, de nouvelles troupes américaines débarquèrent le 15 janvier dans la baie de Manille.

Le général Tomoyuki Yamashita[87], commandant en chef des forces japonaises aux Philippines, jugeant la capitale indéfendable, ordonna alors son évacuation. Toutefois, 10 000 hommes de la marine impériale, refusant d’obéir aux ordres, décidèrent de défendre Manille coûte que coûte. C’est ainsi que tous les ponts menant à la capitale furent coupés, les Japonais établissant en l’espace de quelques jours d’importants réseaux de tranchées et de fils barbelés autour de la ville.

 

Début février, les alliés parvinrent à pénétrer dans les faubourgs de Manille, livrant d’importants combats urbains contre les troupes japonaises. A noter qu’afin d’éviter les victimes civiles, Mac Arthur décida de ne pas bombarder la ville, mais les troupes américaines firent toutefois usage de leurs chars et de leur canons pour repousser l’ennemi.

La bataille de Manille.

 

Les Japonais, repoussés vers la moitié est de Manille à compter de la mi-février 1945, multiplièrent les exactions envers les populations civiles (les Philippins étaient considérés comme des membres de la résistance.). Ainsi, multipliant les pillages, viols et meurtres, l’on estime que les Japonais firent 100 000 victimes dans la capitale en l’espace de quelques semaines.

 

Encerclés, les dernières troupes de la marine impériale furent écrasées au début du mois de mars 1945.

A cette date, si Manille était libérée, la ville était réduite à l’état de ruines. Ainsi, la capitale philippine fut une des villes les plus endommagées, au même titre que Varsovie, Stalingrad et Hiroshima, au sortir du second conflit mondial. 

Les pertes humaines étaient encore une fois importantes côté japonais (10 000 tués.), contre 1 000 tués et 5 500 blessés côté américain.

Ruines de Manille, été 1945.

 

c) La bataille de Mindanao (mars à août 1945) : début mars 1945, alors que la bataille de Manille prenait fin, les troupes alliées avaient pris contrôle des zones stratégiques de Luçon. Les Japonais, ayant subi de très lourdes pertes (200 000 tués et blessés.), décidèrent de se retirer dans les montagnes au nord et au sud-est de l’île, afin d’y continuer la lutte.

 

Au même moment, un nouveau débarquement fut organisé à Mindanao, à la pointe sud de l’archipel, dans le cadre de l’opération Victor-V.

Après trois jours de bombardements, les troupes américaines débarquèrent le 10 mars 1945, à cinq kilomètres à l’ouest de Zamboanga City. Les Japonais, diminués par les bombardements alliés, décidèrent de se replier en direction des montagnes environnant la cité. Jusqu’à la fin du mois de mars, ils opposèrent une vive résistance aux troupes américaines, avant de reculer à nouveau, harcelés par les résistants philippins.

A cette date, les pertes japonaises étaient déjà considérables, ces derniers comptant 6 400 tués ; contre 220 tués côté allié.

 

Les troupes américaines, s’appuyant sur la guérilla philippine, parvinrent à progresser vers le centre de Mindanao plus rapidement que prévu, en dépit d’un environnement géographique hostile (montagnes, marais, etc.).

Pénétrant dans Malabang, entre les mains des insurgés, à la mi-avril 1945, les alliés se dirigèrent alors vers Davao City, la plus grande ville de Mindanao. Début mai, les troupes américaines pénétrèrent dans la cité, où les Japonais n’opposèrent qu’une résistance de principe avant de se retirer vers l’intérieur des terres.

 

Bien qu’isolés et affaiblis, les Japonais poursuivirent la lutte jusqu’à la mi-août, date à laquelle l’Empereur Hirohito annonça la reddition du Japon.

A cette date, 20 000 soldats de l’armée impériale quittèrent la jungle afin de déposer les armes.

La bataille de Mindanao fit au total 800 tués et 3 000 blessés côté américain ; contre 18 000 tués (dont 8 000 de maladie et de malnutrition.), 7 000 blessés et 20 000 prisonniers.

 

            17° La campagne de Birmanie (1945) La Birmanie, sous contrôle japonais depuis 1942, avait été le théâtre de violents affrontements. Toutefois, si en début d’année 1945 l’armée impériale tenait toujours ses positions dans la région, elle était affaiblie par l’échec des opérations organisées l’année dernière.

 

a) Le front sud : à la fin du mois de décembre 1944, les Britanniques lancèrent une nouvelle offensive contre l’île d’Akyab, sur la côte sud-ouest de la Birmanie (l’objectif était de s’emparer de l’aérodrome qui se trouvait là.).

Si les alliés avaient échoué à conquérir la zone en fin d’année 1942, ils parvinrent cette fois-ci à s’en emparer, faisant face à une armée impériale affaiblie.

 

En début d’année 1945, les Britanniques progressèrent le long de la côte, en direction des îles de Ramree et Cheduba, y livrant d’importants combats contre les troupes japonaises défendant les aérodromes installés dans la zone.

 

b) Le front nord : au printemps 1944, l’armée chinoise avait traversé la frontière birmane afin de lancer des opérations militaires dans le nord du pays. C’est ainsi que les alliés s’étaient emparés au mois d’août de Myitkyina, capitale de la province de Kachin, dans la pointe nord du pays.

 

Toutefois, malgré ces bons résultats, l’offensive chinoise fut mise en pause au printemps 1945, le général Tchang Kaï-chek préférant rappeler ses troupes en Chine, afin de participer à une offensive générale contre les troupes japonaises installées dans le pays.

 

c) Le front du centre : partis d’Inde, les Britanniques progressèrent au printemps en direction de Mandalay, la deuxième ville du pays. Faisant face à une résistance acharnée des Japonais, qui, en infériorité numérique, ne pouvaient plus compter que sur leur fanatisme, les Britanniques s’emparèrent de la cité le 20 mars 1945.

Par la suite, les alliés s’emparèrent aussi de Meiktila, à 150 kilomètres au sud.

 

Toutefois, la prise de Rangoon avant la mousson, prévue pour le mois de mai, restait un impératif pour Churchill. Et, malgré les progrès du front du centre, les Britanniques ne parviendraient vraisemblablement pas à atteindre leurs objectifs.

C’est ainsi que des contacts furent établis avec le général Bogyoke Aung San, commandant en chef de l’Armée nationale birmane. Ce dernier, constatant que la Birmanie n’était pas plus libre sous la domination japonaise que sous la domination britannique, décida de se rallier aux alliés.

 

Le général Aung San, se rapprochant des résistants communistes avec lesquels il fonda l’Organisation Anti-fasciste de Birmanie, appela les Birmans à se révolter contre les troupes d’occupation japonaise, le 27 mars 1945.

Le président Ba Maw, faisant face à cette insurrection populaire, fut contraint de se réfugier en Thaïlande, puis s’exila au Japon.

 

Les Britanniques, progressant rapidement dans un pays en pleine révolte, parvinrent à atteindre Rangoon à la fin avril 1945. L’Etat-major japonais, ayant décidé d’évacuer la ville quelques jours auparavant, avait toutefois laissé quelques troupes dans Rangoon, destinées à protéger le retrait du gros de l’armée.

 

Les premières pluies commencèrent à tomber au début du mois de mai, soit moins de 24 heures après la conquête de la capitale par les Britanniques.

Suite à l’évacuation de Rangoon, l’armée impériale recula en direction de la rivière Sittang, à 150 kilomètres à l’est de la capitale. A la mi-juillet, l’Etat-major japonais décida de lancer une contre-offensive ; toutefois, combattant dans une zone inondée, les troupes japonaises subirent d’importantes pertes.

 

            18° La campagne des îles Salomon (1945) Depuis 1943, les troupes américaines s’étaient emparé de toutes les îles de l’archipel des Salomon, à l’exception de Bougainville.

En effet, cette île étant le quartier général des troupes japonaises, elle était considérablement bien défendue, et les combats y faisaient rage depuis maintenant deux ans.

 

Ayant dans la baie de l’Impératrice Augusta en novembre 1943, les alliés avaient installé plusieurs aérodromes dans le centre de Bougainville à l’été 1944, repoussant l’ennemi vers le nord et le sud de l’île.

 

a) Le front nord : en début d’année 1945, les alliés poursuivirent leur progression vers le nord, l’objectif étant de repousser l’ennemi vers la péninsule de Bonis.

Toutefois, les Japonais opposèrent une vive résistance, solidement retranchés dans Ratsua, un petit village situé non loin de la côte.

 

Ainsi, l’Etat-major américain décida de procéder à une manœuvre de diversion, faisant débarquer deux bataillons australiens sur les arrières de l’ennemi.

Les alliés débarquèrent donc dans la plantation de Porton, à cinq kilomètres au nord de Ratsua, au cours de la première semaine de juin 1945.

Toutefois, les troupes australiennes firent face à une vive résistance japonaise, et furent contraints d’abandonner rapidement leurs positions.   

 

b) Le front sud : au sud, la progression des alliés fut difficile, car au printemps les rivières sortirent de leur lit, en raison de pluies torrentielles. Ainsi, les troupes américaines ne poursuivirent leur avancée vers la pointe méridionale de l’île qu’à compter d’août 1945.

 

c) La reddition japonaise (21 août 1945) : malgré les épidémies et les décès causés par la malnutrition, les troupes japonaises ne firent reddition qu’à compter du 21 août 1945, moins d’une semaine après l’annonce après la décision de l’Empereur Hirohito de déposer les armes.

 

Si du côté des alliés, le bilan humain de la bataille de Bougainville restait modéré (1 200 tués.), il était bien plus important côté japonais. Ainsi, l’armée impériale comptait 20 000 tués (dont la moitié de maladie et de malnutrition.).

 

            19° La bataille de Bornéo (mai à juillet 1945) Comme nous l’avons vu précédemment, le Japon s’était emparé de Bornéo en décembre 1941, île partagée entre les Pays-Bas et la Grande-Bretagne.

A noter que la région était d’une importance stratégique pour les deux belligérants, Bornéo étant riche en hydrocarbures.

 

L’Etat-major australien planifia l’opération Oboe[88] au printemps 1945, en vue de reprendre l’île aux forces d’occupation japonaises.

Une série de débarquements, effectués entre mai et juillet permirent aux troupes alliées de s’emparer de Brunei et de Sandakan, capitale du Bornéo du nord.

 

Progressant vers le sud après avoir sécurisé les puits de pétrole, les Australiens s’emparèrent de Kuching, sur la pointe ouest, puis de Martapoera, au sud de Bornéo.

 

            20° La campagne de Nouvelle-Guinée (1945)En 1944, l’Etat-major américain avait multiplié les offensives contre la Nouvelle-Guinée en 1944. Toutefois, si la moitié est de l’île avait été conquise, la moitié ouest, appartenant autrefois aux Indes orientales néerlandaises, restait sous contrôle japonais.

 

Les troupes américaines, ayant débarqué à Hollandia et Aitape au printemps, s’étaient installés à Maprik en fin d’année 1944, à cent kilomètres à l’est de Wewak, leur objectif.

 

Reprenant leur progression au printemps 1945, les alliés arrivèrent devant Wewak au début du mois de mai, la position japonaise étant bombardée par la Royal Navy. Les troupes américaines, encerclant la cité, s’en emparèrent le 11 mai. Les Japonais ayant réussi à s’échapper se réfugièrent alors dans les montagnes au sud de Wewak.

 

Au début de l’été, l’Etat-major américain apprit que le gouvernement japonais était en passe de déposer les armes. Ainsi, les opérations militaires en Nouvelle-Guinée, théâtre d’opération jugé secondaire, furent stoppées.

 

Une fois encore, l’armée impériale sortait considérablement affaiblie du conflit, comptant 23 000 tués (dont 14 000 à cause des maladies et de la malnutrition.) et 13 000 prisonniers ; contre 450 tués et 1 100 blessés du côté des alliés.

 

            21° La reconquête chinoise de 1945, la fin de la guerre sino-japonaise (janvier à août 1945) Alors que depuis le début de la seconde guerre mondiale, le Japon n’avait cessé d’étendre son influence en Chine, l’armée chinoise parvint à occuper une position de force à compter de 1945.

 

A cette date, l’armée impériale était dans une situation difficile. Ainsi, non seulement les pertes étaient particulièrement importantes ; en outre, l’approvisionnement en pétrole depuis les Indes néerlandaises était perturbé par les navires alliés.

 

Le général Tchang Kaï-chek, quant à lui, profitant des livraisons d’armes américaines, via la route de Birmanie, était désormais à la tête de troupes bien équipées et bien formées. Par ailleurs, les Chinois bénéficiaient du soutien de l’US Air Force, à une date où l’aviation japonaise était décimée.

Début avril 1945, les troupes chinoises lancèrent une importante contre-offensive dans le Hunan, au sud de la Chine, remportant une large victoire. Ainsi, les Chinois comptaient 7 800 tués et 20 000 blessés ; contre 27 000 tués et blessés (5 000 tués sur le champ de bataille, plus 15 000 morts de maladie ou de malnutrition.) côté japonais.   

Troupes chinoises empruntant la route de Birmanie.

 

L’armée impériale ayant été contrainte de reculer, Tchang Kaï-chek lança une série d’offensives dans les provinces avoisinant le Hunan d’ici l’été 1945 (Henan et Hubei, au nord ; Guangxi et Guangdong, au sud ; Fujian et Jiangxi, à l’est.). 

 

Le 10 août, alors que les Soviétiques attaquaient le Mandchoukouo, les troupes japonaises, harcelés par l’armée chinoise, firent reddition dans le Guangxi.

A la même date, le gouvernement collaborateur de Nankin annonça son ralliement à la république de Chine.

 

            22° La campagne du Japon (janvier à août 1945) Le gouvernement japonais, qui s’était emparé de nombreuses îles du Pacifique en décembre 1941, était désormais menacé par les forces américaines, qui encerclaient peu à peu le Japon au fil de leurs conquêtes.

 

a) Les bombardements de Tokyo (hiver 1944 à août 1945) : depuis le début de la seconde guerre mondiale, plusieurs raids aériens avaient été organisés contre Tokyo depuis les îles Mariannes, mais ces derniers restaient de taille modeste.

Ainsi, ce n’est qu’à compter du début d’année 1945 que les bombardements aériens, désormais effectués de nuit et à basse altitude, furent plus fréquents et plus virulents. Cette tactique fut rapidement payante, d’autant que les défenses antiaériennes japonaises étaient passablement endommagées à cette époque.

Ruines de Tokyo à l'issue des bombardements.

 

Outre Tokyo, plusieurs grandes villes du pays furent visées par les B-29 : Kobe, Osaka, Nagoya, etc.

 

En représailles, l’Etat-major japonais organisa une contre-offensive aérienne en direction de Saipan, Tinian et Guam, dans l’archipel des Mariannes, en fin d’année 1944.

Décollant du Japon, une centaine de chasseurs A6M bombardèrent les positions américaines pendant plusieurs jours, détruisant onze B-29, et en endommageant une quarantaine.

Les raids japonais, se poursuivant de novembre à début janvier, diminuèrent peu à peu en intensité.

Le bilan était lourd pour les Américains, les B-29 coûtant bien plus cher que la trentaine d’appareils japonais abattus au cours de cette période. L’Etat-major allié, ne pouvant se passer des îles Mariannes, décida alors de renforcer considérablement les défenses antiaériennes de l’archipel.

 

Suite à ces contre-offensives japonaises, les bombardements sur le Japon reprirent, de plus en plus meurtriers, se poursuivant de février à août 1945.

Ainsi, dans la nuit du 9 au 10 mars 1945, Tokyo fut la cible du bombardement le plus meurtrier de la seconde guerre mondiale, causant la mort de 100 000 personnes[89], plus un million de blessés.

 

Ces multiples bombardements, se poursuivant jusqu’au mois d’août, causèrent la destruction de la moitié de la ville, les constructions de l’époque étant majoritairement en bois.

 

b) La bataille d’Iwo Jima (19 février au 25 mars 1945) : suite au revers subis en cours d’année 1944, l’Etat-major japonais décida de réorganiser ses lignes de défenses. C’est ainsi que les bases militaires, installées sur des îles à proximité du Japon, virent leurs effectifs augmenter afin de faire face à la menace alliée.

C’est ainsi que des renforts arrivèrent à Iwo Jima, à un millier de kilomètres au sud-est de la côte japonaise, au printemps 1944 (l’on comptait 22 000 hommes en début d’année 1945.).

 

Côté américain, l’Etat-major décida de lancer une offensive contre cette île, cette dernière constituant l’un des derniers remparts protégeant le Japon. Cette attaque répondait à deux impératifs : empêcher que les appareils japonais ne perturbent le plan de vol des bombardiers américains en direction du Japon ; mais aussi sécuriser les aérodromes de l’île afin de mettre en place une base avancée dans la région.

A noter toutefois qu’à cette date l’armée impériale était dans une situation difficile. Ainsi, la marine et l’armée de l’air avait été décimées ; les troupes au sol, affaiblies et privées de soutien aérien ou maritime, n’étaient plus en mesure d’avoir l’initiative.

Le débarquement d'Iwo Jima (à l'arrière plan, l'on aperçoit le mont Suribachi).

 

- En juin 1944, l’US Navy commença à bombarder Iwo Jima, de concert avec l’US Air Force, mais un premier débarquement de 30 000 hommes ne fut effectué qu’en date du 19 février 1945.

Côté japonais, le général Tadamichi Kuribayashi[90] ordonna à ses troupes de ne pas faire feu dans un premier temps, ne donnant l’ordre d’attaquer qu’à partir du moment où tous les soldats de la première vague aient débarqué.

Cette tactique causa d’importants dégâts aux troupes alliées, d’autant que les bunkers dissimulés sur la plage de débarquement, tout comme les défenses du mont Suribachi, n’avaient pas été endommagés par les bombardements.

Dans la soirée du 19 février, les soldats alliés parvinrent toutefois à sécuriser la plage de débarquement, isolant le mont Suribachi, à la pointe sud, du reste de l’île. Jusqu’à la fin du mois, près de 50 000 soldats alliés débarquèrent à Iwo Jima.

 

- Dans les jours qui suivirent le débarquement, les troupes américaines progressèrent en direction du mont Suribachi, âprement défendu par les Japonais. La position étant insensible aux tirs d’artillerie, les alliés décidèrent d’utiliser des chars M4 Sherman équipés de lance-flammes, afin de déloger l’ennemi de ses positions.

Soldats américains "nettoyant" les positions ennemies au lance-flammes.

Le 23 février, les soldats alliés montèrent jusqu’au sommet du mont Suribachi, où ils plantèrent un drapeau américain. A cette date, les tunnels creusés sous la montagne avaient été sécurisés, et de nombreux japonais avaient préféré se suicider plutôt que de tomber entre les mains de l’ennemi.

Drapeau américain planté au sommet du mont Suribachi par les troupes américaines.

 

- Toutefois, la bataille d’Iwo Jima ne faisait que commencer. En effet, si les alliés s’étaient emparés de la pointe sud de l’île, la moitié nord restait entre les mains de l’ennemi. En outre, cette zone était encore mieux fortifiée que le mont Suribachi, grâce au général Kuribayashi.

 

Une fois encore, les Américains déplorèrent d’importantes pertes, les Japonais profitant des tunnels pour réapparaitre sur les arrières de l’ennemi.

Toutefois, l’Etat-major allié s’aperçut rapidement que l’armée impériale avait analysé la stratégie d’attaque américaine, consistant à bombarder la position ennemie avant de l’attaquer. Ainsi, les Japonais rejoignaient les tunnels lors de chaque préparation d’artillerie, avant de ressortir pour attaquer l’ennemi.

Ainsi, les troupes alliées décidèrent de lancer leurs offensives pendant la nuit, et sans préparation d’artillerie. Cette nouvelle tactique connut un succès certain, permettant aux Américains de repousser l’ennemi. Les différents terrains d’aviation furent capturés d’ici le début du mois de mars.

 

- A la mi-mars 1945, Iwo Jima fut considérée comme sécurisée par l’Etat-major allié, même si le général Kuribayashi, accompagné d’un millier de soldats, continuait la lutte dans les collines du nord-est de l’île.

Dans la nuit du 25 mars, alors que les troupes américaines avaient dynamité le QG ennemi et les réseaux de tunnels, elles firent face à une attaque suicide menée par les 300 derniers Japonais défendant Iwo Jima.

Les alliés, comptant 50 tués et 120 blessés, parvinrent toutefois à repousser l’ennemi.

A noter que le corps du général Kuribayashi ne fut jamais retrouvé. Il est communément admis qu’il aurait participé à l’attaque suicide du 25 mars ; ou bien qu’il aurait fait seppuku[91] à la même date.

 

- La bataille d’Iwo Jima fut un des affrontements les plus sanglants de la bataille du Pacifique : 6 800 tués et 19 000 blessés côté américain ; contre 21 800 tués et 200 capturés côté japonais.

A noter que quelques dizaines de soldats japonais restèrent cachés plusieurs mois après la fin de la guerre, n’étant découverts qu’en 1951.

 

c) L’opération Starvation (avril 1945) : en avril 1945, l’amiral Chester Nimitz[92], commandant en chef des forces navales américaines dans le Pacifique, planifia l’opération Starvation[93], prévoyant la mise en place d’un blocus autour du Japon.

 

C’est ainsi que plusieurs milliers de mines marines furent installées tout autour des côtes japonaises, destinées à bloquer non seulement les navires commerciaux, mais aussi les bâtiments de guerre.

Mine marine allemande, musée des Invalides, Paris.

L’opération Starvation permit de détruire plus de 650 embarcations japonaises, réduisant jusqu’à 85% les échanges commerciaux dans certains ports.

 

d) La bataille d’Okinawa (1er avril au 21 juin 1945) : s’étant assuré du contrôle d’Iwo Jima, l’Etat-major américain décida de s’attaquer à l’archipel japonais à compter du printemps 1945.

Ainsi, un nouveau débarquement fut prévu sur Okinawa, île de l’archipel Ryükyü, à 400 kilomètres au sud du Japon.

 

Toutefois, l’Etat-major japonais avait prévu que les alliés tenteraient un débarquement dans la région. Ainsi, le général Mitsuru Ushijima[94], commandant en chef des forces d’Okinawa, avait considérablement renforcé les défenses de l’île au cours de ces derniers mois.

Toutefois, comme à Iwo Jima, les Japonais n’étaient pas en mesure de l’emporter contre les Etats-Unis ; ainsi, l’objectif du général Ushijima fut de retarder la progression de l’ennemi, tout en lui causant un maximum de dégâts.

 

L’Etat-major allié, sachant que la bataille serait difficile, avait rassemblé près de 180 000 hommes sous le commandement du général Simon Bolivar Buckner[95], responsable de la X° Armée américaine ; côté japonais, l’on comptait 80 000 soldats de l’armée impériale, plus 40 000 conscrits plus ou moins bien formés.

 

- L’offensive débuta le 26 mars 1945, les troupes américaines débarquant dans les îles Kerama, à 30 kilomètres à l’ouest d’Okinawa. Toutefois, les Japonais ayant précipitamment quitté la zone (les alliés retrouvèrent plusieurs centaines de canots kamikazes remplis d’explosifs.), les alliés s’emparèrent rapidement des îles Kerama.

 

- Le 1er avril, une première vague de soldats alliés débarqua à Okinawa, sur les plages de la moitié ouest. Les Japonais étant réfugiés aux deux extrémités de l’île, la progression des Américains fut rapide, ces derniers parvenant à sécuriser deux aérodromes au centre de l’île.

Puis, le général Buckner décida de scinder la X° Armée en deux colonnes, l’une se dirigeant vers le nord, l’autre vers le sud.

Le débarquement d'Okinawa.

 

Les premiers combats furent livrés à partir du 4 avril, lorsque les Américains rentrèrent en contact avec l’ennemi, réfugié dans la péninsule de Motobu, au nord, et à Nakagusuku, au sud.

 

- Alors que la bataille d’Okinawa avait débuté quelques jours auparavant, l’Etat-major japonais planifia l’opération Ten-Go, mission suicide de grande ampleur menée par la marine impériale.

L’objectif était de faire échouer le cuirassier lourd Yamato[96] près d’Higashi, sur la côte nord-est d’Okinawa, afin de transformer le navire en batterie côtière.    

Le Yamato.

 

Bien que ne faisant pas l’unanimité au sein des officiers, qui ne souhaitaient pas sacrifier inutilement leurs navires et leurs troupes (d’autant qu’aucune couverture aérienne n’était prévue.), l’opération Ten-Go fut toutefois adoptée.

 

Dans la soirée du 6 avril, le Yamato, un croiseur et huit destroyers quittèrent le Japon pour se diriger vers Okinawa, sous le commandement de l’amiral Seiichi Ito[97]. Toutefois, la flotte japonaise fut rapidement repérée par deux sous-marins américains qui prévinrent rapidement l’US Navy.

 

Ainsi, le 7 avril à midi, alors que la flotte japonaise se trouvait à une cinquantaine de kilomètres au sud de l’île de Kyushu, les chasseurs américains lancèrent l’offensive.

Les alliés parvinrent rapidement à causer d’importants dégâts aux navires japonais, ces derniers ne bénéficiant pas de couverture aérienne, comme nous l’avons mentionné plus tôt (les derniers appareils japonais furent utilisés pour mener une attaque kamikaze à Okinawa.).

Ainsi, le cuirassier Yahagi fut le premier à sombrer, vers 14 heures, tout comme le destroyer Isokaze qui se trouvait non loin.

Le Yamato, principale cible des avions américains, fut sévèrement endommagé, mais tenta toutefois de poursuivre sa route vers le sud. Afin de stopper le navire amiral de la flotte japonaise, les appareils alliés tentèrent de détruire le gouvernail du navire, qui, ingouvernable, fut abandonné vers 14 heures, quelques minutes avant d’exploser.

L’amiral Ito ayant annoncé l’annulation de l’opération Ten-Go, peu avant de trouver la mort dans l’explosion du Yamato, les destroyers entamèrent une manœuvre de repli. Toutefois, seuls quatre navires parvinrent à rentrer à bon port, passablement endommagés par les bombes américaines.

 

Au final, l’opération Ten-Go s’achevait sur un échec patent pour les Japonais. Ainsi, non seulement les objectifs de la mission n’avaient pas été atteints ; en outre, l’on comptait 3 700 tués, contre seulement 12 morts côté américain.

A noter que cet affrontement fut la dernière bataille navale de grande ampleur dans le Pacifique.

 

En raison de l’anéantissement de la flotte de guerre japonaise, les navires de guerre américains et britanniques entreprirent de bombarder la côte japonaise à compter de juillet 1945, la marine impériale n’étant plus en mesure de riposter (les derniers navires japonais, mouillant à Kure, furent détruits fin juillet suite à un bombardement aérien.).

 

- Le 7 avril 1945, alors que la flotte japonaise était décimée par les appareils américains, 350 avions japonais décollèrent de Kyushu, afin de mener une attaque kamikaze contre la marine américaine mouillant à Okinawa.

 

Toutefois, si près de 250 appareils japonais furent détruits par les canons anti-aériens, plusieurs navires américains furent endommagés (le porte-avion USS Hancock.) ou coulés (des bâtiments légers pour la plupart.).

A noter que les offensives kamikazes se poursuivirent jusqu’à la fin avril 1945, au rythme d’une voire deux attaques par jour. 

 

- A Okinawa, si les alliés parvinrent à s’emparer des positions japonaises du nord de l’île à compter de la mi-avril 1945, les combats se poursuivirent dans le sud pendant encore plusieurs semaines.

La bataille d'Okinawa.

 

Les Japonais, retranchés derrière une ligne Naha-Shuri-Yonabaru, coupant la partie méridionale de l’île d’ouest en est, opposèrent une farouche résistance à l’ennemi.

 

L’Etat-major allié décida alors d’attaquer Shuri, au centre du dispositif ennemi. Les troupes américaines avancèrent alors en direction de la zone, progressant lentement à cause des contre-offensives japonaises.

Le 19 avril, afin d’accélérer la progression des troupes, l’Etat-major américain décida de procéder à une intense préparation d’artillerie, à laquelle participèrent l’artillerie, la marine et l’armée de l’air.

Cependant, le bombardement n’eut pas l’effet escompté, car les Japonais s’abritèrent dans leurs réseaux de tunnels en attendant la fin de l’offensive ennemie.

 

Alors que les alliés ne se trouvaient qu’à quelques kilomètres de Shuri à la fin avril 1945, de sanglants combats se poursuivirent pendant tout le mois de mai. La mousson, qui fit son arrivée à cette date, ne facilita guère la progression américaine.

Finalement, les troupes alliées parvinrent à s’emparer de Shuri à compter du 29 mai, contraignant l’ennemi à reculer. Quelques jours après, les Américains s’emparèrent aussi de Naha, la capitale d’Okinawa, puis avancèrent vers Oroku, afin de prendre possession du dernier aérodrome de l’île.

 

Le général Ushijima ayant ordonné à ses troupes de se replier vers le sud d’Okinawa, les combats se poursuivirent pendant encore plusieurs semaines. Repoussés hors d’Itoman au cours de la première semaine de juin, les troupes japonaises reculèrent vers la côte sud de l’île.

Le 18, le général Buckner trouva la mort lors d’un tir d’artillerie ennemi (il fut remplacé peu de temps après par le général Stilwell[98].) ; le 21, le général Ushijima décida de faire seppuku, accompagné dans la mort par de nombreux soldats et civils (les Américains étaient présentés comme des barbares par la propagande japonaise.). Le même jour, les derniers survivants décidèrent de déposer les armes.

 

- La bataille d’Okinawa fut un des affrontements les plus sanglants de la seconde guerre mondiale, et le plus meurtrier du théâtre d’opération du Pacifique. Ainsi, si les alliés s’étaient rendus maîtres de l’île, ils comptaient 19 000 tués et 50 000 tués ; contre 200 000 tués (dont une moitié de civils.), et 10 000 prisonniers côté japonais.

 

Les pertes matérielles étaient elles aussi colossales : 220 tanks ; plus de 750 avions alliés (7 800 côté japonais.) ; 370 navires endommagés (plus 12 destroyers coulés.), pour un total de 4 900 tués et 4 800 blessés au sein de l’US Navy.

 

e) La conférence de Potsdam (17 juillet au 2 août 1945) : à compter du 17 juillet 1945, les représentants des trois grandes puissances se retrouvèrent à Potsdam, à une quarantaine de kilomètres de Berlin.

Participèrent à la conférence le président Harry Truman[99], qui avait remplacé Roosevelt à la mort de ce dernier ; Churchill, puis Clément Attlee[100], premier ministre britannique ; et Staline.

A noter que Truman, contrairement à Roosevelt, était bien plus méfiant vis-à-vis de Staline et du régime soviétique. Ainsi, alors que le secrétaire général du parti communiste avait déjà organisé une série de gouvernements fantoches en Europe de l’est, Truman fit son possible pour éloigner Staline de la région Pacifique (c’est ainsi que les futures zones d’occupation au Japon ne furent pas fixées.).

La conférence de Potsdam (de gauche à droite sur l'image : Attlee, Truman et Staline).

 

- Concernant l’Allemagne, les trois grandes puissances reprirent à Potsdam les dispositions adoptées à Yalta. Ainsi, se basant sur le plan Morgenthau (prévoyant un découpage de l’Allemagne en deux entités, au nord et au sud, la Rhénanie devenant une zone internationale), les alliés confirmèrent la cession de la Silésie et de la Prusse-Orientale à la Pologne, l’URSS récupérant la région de Königsberg.

 

Par ailleurs, tous les Allemands présents sur les nouveaux territoires polonais et soviétiques furent expulsés, rejoignant ceux qui avaient fui l’arrivée de l’armée rouge pendant la guerre.

Les expulsions de ressortissants allemands se multiplièrent dans plusieurs pays d’Europe de l’est, entraînant le déplacement forcé de onze millions d’Allemands.

 

Outre les clauses territoriales, les trois grandes puissances décidèrent d’appliquer le plan des « trois D » cher à Roosevelt : dénazification, démilitarisation, démocratisation.

Ainsi, outre la destruction de tout élément se rapportant au nazisme (monuments, décrets, ornements, etc.), l’Allemagne devait être désarmée et démilitarisée, et les criminels nazis punis. C’est ainsi que fut organisé le procès de Nuremberg, entre novembre 1945 et octobre 1946. 

 

- En parallèle des clauses concernant l’Allemagne, les conférenciers s’intéressèrent aux signataires du pacte d’acier, à savoir l’Italie et le Japon.

 

Ainsi, l’ancien Etat fasciste fut privé de ses colonies (Erythrée et Somalie italienne[101] cédées aux Britanniques ; la Lybie, administrée conjointement par la France et la Grande-Bretagne ; l’Ethiopie et l’Albanie, à nouveau indépendantes.).

 

Du côté du Japon, les représentants des trois grandes puissances décidèrent de limiter le territoire national aux quatre grandes îles du pays (Hokkaido, Honshu, Shikoku et Kyushu.). Ainsi, le Mandchoukouo et la Corée seraient évacués par les forces japonaises ; l’Indochine française serait occupée au nord par la Chine, au sud par la Grande-Bretagne.

En outre, Truman, Attlee et Chang Kaï-chek envoyèrent un ultimatum au gouvernement japonais le 26 juillet 1945, à la fin de la conférence de Potsdam : les alliés réclamaient la capitulation inconditionnelle du Japon, l’abandon du Mandchoukouo, ainsi que l’abdication de l’Empereur Hirohito.

Cet ultimatum fut toutefois rejeté par le gouvernement japonais.

 

f) L’opération Downfall : suite à la prise d’Okinawa, l’Etat-major américain planifia l’opération Downfall[102]. L’offensive devait se dérouler sur deux axes : un débarquement à Kyushu, dans la moitié sud du Japon, en octobre 1945 ; puis une offensive contre Tokyo, sur l’île de Honshu, en début d’année 1946.

 

Toutefois, les alliés savaient qu’un débarquement au Japon serait particulièrement coûteux en vies humaines (les Américains ayant perdu 20 000 hommes à Okinawa.), d’autant que le gouvernement japonais avait organisé des milices populaires en vue de défendre le territoire national.

Les prévisions les plus pessimistes évaluant le bilan humain à 4 millions de victimes, dont 800 000 morts (sans compter les pertes japonaises.), le gouvernement américain décida de recourir à l’arme nucléaire.

 

g) Les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki (6 et 9 août 1945) : les travaux de recherche du gouvernement américain sur l’énergie atomique avaient débuté en 1942, sous le nom de code projet Manhattan.

 

- Les travaux, menés par le physicien Julius Robert Oppenheimer[103] avancèrent rapidement, et plusieurs types de bombes furent produits à compter du printemps 1945.

Ainsi, un premier test fut organisé en juillet dans le désert du Nouveau-Mexique, faisant exploser une bombe au plutonium, baptisée Gadget.

 

Les résultats étant convaincants, l’Etat-major américain décida d’utiliser la bombe atomique pour faire plier le Japon. A l’issue d’une réunion organisée à Los Alamos au mois de mai 1945, six cibles symboliques furent choisies : Kyoto, Hiroshima, Yokohama, Kokura, Niigata et Tokyo.

Toutefois, Kyoto, ancienne capitale japonaise, étant une ville chargée d’Histoire, elle fut finalement retirée de la liste.

 

- A la fin juillet 1945, les deux bombes atomiques (surnommées Little Boy et Fat Man.) quittèrent le territoire américain en direction de Tinian, île du Pacifique.

Les bombes Little Boy (à gauche) et Fat Man (à droite).

Une première bombe fut installée dans le B-29 (baptisé Enola Gay par son pilote, Paul Tibbets.), mais elle ne fut pas armée. En effet, les Américains craignaient que le bombardier ne s’écrase au décollage, pulvérisant Tinian (il fut donc décidé d’armer la bombe en vol.).

Le B-29 Enola Gay.

Le gouvernement japonais ayant refusé de se répondre favorablement à l’ultimatum de Potsdam, l’Etat-major américain décida de lancer une première bombe sur le Japon.

 

Le 6 août 1945 à 2h45, le B-29 décolla de Tinian, en direction de Hiroshima, à l’ouest de l’île de Honshu. Alors que le bombardier survolait le territoire japonais, l’alarme ne fut pas sonnée, en raison de faible nombre d’appareils ennemis dans le ciel[104].

Peu avant 8h15, Little Boy fut armée par les membres de l’équipage, puis larguée au dessus d’Hiroshima.

L'explosion de la bombe d'Hiroshima.

La bombe à l’uranium, d’une puissance équivalente à 15 000 tonnes de TNT, explosa à 500 mètres au dessus de l’hôpital Shima, en plein cœur de la ville. Des vents de 400 à 800 kilomètres heures causés par l’onde de choc dévastèrent la cité en l’espace de quelques secondes, alors que des incendies se déclenchèrent dans un rayon de plusieurs kilomètres à cause du rayonnement atomique.

Seuls quelques bâtiments en pierre restèrent debout, tels que l’hôpital Shima, le palais d’exposition industrielle[105], ou la succursale de la banque du Japon.

Le palais d'exposition industrielle d'Hiroshima peu de temps après l'explosion.

 

Au sol, outre les victimes tuées par la bombe, les habitants furent contraints de faire face aux retombées radioactives quelques heures après l’explosion.

Au final, l’explosion atomique à Hiroshima fit 80 000 tués et autant de blessés, sans compter les habitants irradiés qui souffrirent de cancers, leucémies, retards de croissance, et autres, plusieurs décennies après les évènements.

 

- Côté japonais, si les membres du gouvernement furent abasourdis par la destruction de la ville, ils refusèrent de capituler face à l’ennemi. Ainsi, le président Harry Truman adressa un nouvel ultimatum au Japon : il y a seize heures, un avion américain à lâché une bombe au dessus de Hiroshima. […] Cette bombe est plus puissante que 20 000 tonnes de TNT. […] C’est une bombe atomique. […] La force dont le soleil tire sa puissance à été lâchée contre ceux qui ont apporté la guerre en Extrême-Orient. […] Nous sommes désormais prêts à oblitérer plus rapidement et plus efficacement toute entreprise productive implantée sur le sol japonais. Nous devrons détruire leurs ports, leurs usines, et leurs communications. Ne faisons pas d’erreurs : nous devrons détruire tout ce qui permet au Japon de faire la guerre. C’était afin d’épargner le peuple japonais que l’ultimatum du 26 juillet fut émis à Potsdam. Leurs dirigeants l’on promptement rejeté. S’ils n’acceptent pas nos conditions, ils peuvent s’attendre à une pluie de ruines depuis le ciel, comme jamais la Terre n’en a connu. Après cette attaque aérienne suivront des forces marines et terrestres en nombre et en puissance telles qu'ils n'en ont jamais vu, et avec les aptitudes au combat dont ils sont déjà bien conscients.

 

Toutefois, le gouvernement japonais ne répondant pas à l’appel du président Truman, un autre bombardement fut planifié par l’Etat-major américain.

Il fut décidé que la nouvelle cible serait Kokura, sur l’île de Kyushu. A noter toutefois que si Hiroshima était plus un symbole, Kokura abritait un important complexe militaro-industriel.

 

Le 9 août 1945 à 3h49 du matin, un B-29 (surnommé Bockscar.) transportant la bombe Fat Man, décolla de Tinian[106]. Approchant de Kokura vers 10 heures, les membres de l’équipage s’aperçurent que la cité était recouverte de nuages, rendant le bombardement impossible. Le pilote, Charles Sweeney, reçut alors l’autorisation de se diriger vers Nagasaki, cible secondaire.

Le B-29 Bockscar.

Atteignant leur objectif à 11h, les membres de l’équipage larguèrent Fat Man sur le complexe industriel de la ville.

La bombe au plutonium, explosant à 500 mètres au dessus de la cible, dévastant la ville dans un rayon de plusieurs kilomètres.

L'explosion de la bombe de Nagasaki.

Toutefois, si la bombe était plus puissante que la précédente, cette dernière fit moins de victimes (40 000 tués et autant de blessés.), en raison du relief de Nagasaki. Toutefois, les usines situées à l’épicentre de l’explosion furent totalement ravagées par l’onde de choc.

Ruines de Nagasaki après l'explosion de la bombe.

 

Le Bockscar, en rupture de carburant, fut contraint de se poser à Okinawa en planant, avant de rentrer à Tinian.

 

- Suite à l’explosion de la seconde bombe au-dessus de Nagasaki, l’Etat-major prévoyait de lâcher une troisième bombe, au cas où le gouvernement japonais s’obstinerait à poursuivre la guerre (la cible était vraisemblablement Sapporo, dans l’île de Hokkaido, au nord du pays.).

 

Toutefois, lors d’une allocution radiophonique, organisée le 15 août 1945, l’Empereur Hirohito annonça la capitulation du Japon[107].

 

            23° L’invasion soviétique du Japon (août 1945)Lors de la conférence de Yalta[108], Staline s’était engagé à déclarer la guerre au Japon dans un délai de trois mois après la fin du conflit en Europe.

 

Toutefois, si le secrétaire général du parti communiste avait pris soin de transférer plusieurs milliers d’hommes en direction de l’Extrême-Orient depuis le printemps 1945, des négociations avaient été mises en place entre l’URSS et le Japon.

Mais, le 7 août, apprenant que les Américains avaient lâché une bombe atomique au dessus de Hiroshima, Staline décida d’abandonner les pourparlers, déclarant précipitamment la guerre au Japon le 8 août 1945.

A noter que les limites de la zone d’occupation n’ayant pas été fixée, Staline souhaitait faire avancer ses troupes le plus vite possible (son objectif était de s’emparer de l’île de Hokkaido, au nord du pays.).

 

a) L’invasion des Kouriles (8 août au 1er septembre 1945) : l’invasion des Kouriles, archipel situé à l’est du Japon, débuta le 8 août 1945.

 

L’armée impériale, ne disposant que de 20 000 hommes dans la région, ne fut guère en mesure de résister à l’ennemi. Par ailleurs, l’Empereur Hirohito ayant annoncé la capitulation du Japon à la mi-août, les troupes japonaises déposèrent rapidement les armes.

Les Soviétiques, progressant presque sans combattre, débarquèrent à la fin août sur Etorofu[109], la plus grande île de l’archipel.  

 

L’invasion des Kouriles prit fin au début du mois de septembre 1945, n’ayant coûté de 1 500 tués à l’armée rouge (contre mille tués côté japonais.).

A noter que les populations japonaises de l’archipel (soit 17 000 personnes.) furent déportées en 1946 par les autorités soviétiques.

 

b) L’invasion du Mandchoukouo (9 au 20 août 1945) : en parallèle de l’invasion des Kouriles, l’armée rouge envahit le Mandchoukouo à compter du 9 août 1945.

 

Attaquant depuis le nord, l’est et l’ouest, les Soviétiques progressèrent de 400 kilomètres en l’espace d’une semaine. Ces derniers, soutenus par les insurgés communistes de Chine, continuèrent leur avancée après le 15 août, alors que l’Empereur Hirohito avait annoncé la capitulation du Japon.

 

Le kantogun[110], chargé de défendre la région, se trouvait en nette infériorité numérique, face à un ennemi disposant en outre d’un meilleur matériel. Encerclés par le mouvement de l’armée rouge, les Japonais, déplorant d’importantes pertes, reculèrent vers la région de Heibei, en Chine.

Le 20 août, l’armée impériale décida de déposer les armes, comptant près de 80 000 tués (contre 8 000 tués et 20 000 blessés côté soviétique.).

A l’issue de la bataille, près de 600 000 Japonais furent fait prisonniers et déportés en URSS.

Toutefois, malgré la reddition du kantogun, des combats sporadiques, menés par certaines troupes japonaises, continuèrent jusqu’au début du mois de septembre 1945.

 

Côté soviétique, Staline ordonna un pillage en règle du Mandchoukouo, soucieux de transférer l’essentiel du matériel et des infrastructures industrielles de la région. 

A noter que l’invasion du Mandchoukouo permit aux communistes de Chine de s’implanter durablement dans la région, malgré les efforts de Tchank Kaï-chek pour les en empêcher.

 

c) L’invasion de Sakhaline (16 au 25 août 1945) : à compter du 16 août, l’armée rouge envahit la moitié sud de l’île Sakhaline, revendication soviétique depuis le début du conflit.

Mais à cette date, Hirohito avait déjà annoncé la capitulation du Japon ; ainsi, les troupes japonaises n’opposèrent à l’ennemi qu’une résistance de principe.

 

Le 23 août, les défenseurs de l’île déposèrent les armes devant les Soviétiques, qui s’emparèrent de Toyohara[111], capitale de Sakhaline, le 25.

 

Dans les années qui suivirent la fin de la seconde guerre mondiale, la majorité des 450 000 Japonais vivant à Sakhaline furent contraints de s’exiler en direction du Japon.

 

            24° L’armistice du 2 septembre 1945, la fin de la guerre au Japon Faisant face aux assauts cumulés des Américains et des Soviétiques, l’Empereur Hirohito décida finalement d’entamer des pourparlers avec les alliés en vue d’une reddition japonaise.

 

a) L’allocution radiophonique du 15 août 1945 : le 15 août 1945, Hirohito s’adressa au peuple japonais lors d’une allocution radiophonique. S’exprimant dans un style archaïque, propre à la Cour impériale, l’Empereur annonça à mots couverts la capitulation du Japon (ce dernier ne fit que mentionner l’acceptation des termes de l’ultimatum de Potsdam.) : après avoir mûrement réfléchi aux tendances générales prévalant dans le monde et aux conditions actuelles de notre Empire, nous avons décidé de régler, par une mesure exceptionnelle, la situation en cours. Nous avons ordonné à notre gouvernement de faire savoir aux gouvernements des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine et de l'Union soviétique, que notre Empire accepte les termes de leur déclaration commune. Nous efforcer d'établir la prospérité et le bonheur de toutes les nations, ainsi que la sécurité et le bien-être de nos sujets, telle est l'obligation qui nous a été solennellement transmise par nos ancêtres impériaux et que nous portons dans notre cœur. C'est d'ailleurs du fait de notre sincère volonté d'assurer la sauvegarde du Japon et la stabilité du sud-est asiatique que nous avons déclaré la guerre à l'Amérique et au Royaume-Uni, car la pensée d'empiéter sur la souveraineté d'autres nations ou de chercher à agrandir notre territoire était bien éloignée de nous. Mais voici maintenant près de quatre années que le conflit se prolonge. Bien que chacun ait fourni ses meilleurs efforts, […] la guerre a suivi son cours, mais pas nécessairement à l'avantage du Japon […]. En outre, l'ennemi a mis en œuvre une bombe nouvelle d'une extrême cruauté, dont la capacité de destruction est incalculable et décime bien des vies innocentes. Si nous continuions à combattre, cela entraînerait non seulement l'effondrement et l'anéantissement de la nation japonaise, mais encore l'extinction complète de la civilisation humaine. […] C'est la raison pour laquelle nous avons donné l'ordre d'accepter les termes de la déclaration commune des puissances. […] La pensée des officiers et soldats, ainsi que de tous les autres, tombés au champ d'honneur, […] nous serre le cœur nuit et jour. Le bien-être des blessés et des victimes de la guerre, et de tous ceux qui ont perdu leur foyer […], est l'objet de notre plus vive sollicitude. Les maux et les douleurs auxquels notre nation sera soumise à l'avenir vont certainement être immenses. Cependant, c'est en conformité avec les décrets du temps et du sort que nous avons résolu d'ouvrir la voie à une ère de paix grandiose pour toutes les générations à venir en endurant ce qui ne saurait être enduré et en supportant l'insupportable. Ayant pu sauvegarder et maintenir la structure de l'État impérial, nous sommes toujours avec vous, nos bons et loyaux sujets. […] Gardez-vous très rigoureusement de tout éclat d'émotion susceptible d'engendrer d'inutiles complications ; de toute querelle et lutte fratricides qui pourraient créer des désordres […]. Que la nation entière se perpétue comme une seule famille, de génération en génération, toujours ferme dans sa foi en la pérennité de son sol divin […]. Utilisez vos forces pour les consacrer à construire l'avenir. Cultivez les chemins de la droiture ; nourrissez la noblesse d'esprit ; et travaillez avec résolution, de façon à pouvoir rehausser la gloire immanente de l'État impérial et vous maintenir à la pointe du progrès dans le monde.

 

Cette allocution, baptisée Gyokuon-hoso[112] par les  Japonais, bien qu’enregistrée sur un disque de mauvaise qualité, entraîna la fin des combats dans de nombreuses îles du Pacifique où la guerre faisait encore rage.

L'allocution de l'Empereur Hirohito, 15 août 1945.

 

b) La capitulation du 2 septembre 1945 : débarquées dans la baie de Tokyo le 28 août, sous le commandement du général George Catlett Marshall[113], les troupes américaines occupèrent en l’espace de quelques semaines les principales îles du Japon.

Mac Arthur (à gauche) et Hirohito (à droite).

 

Le 2 septembre, les dignitaires japonais furent invités à bord de l’USS Missouri, afin d’y signer la capitulation du Japon.

Le texte, assez bref, prévoyait la reddition inconditionnelle de toutes les troupes japonaises ; aucun avion ou navire ne devait être sabordé ou endommagé délibérément ; le gouvernement devait respecter les clauses de la conférence de Potsdam[114] ; les prisonniers de guerre devaient être libérés ; enfin, l’autorité de l’Empereur et du gouvernement devaient être subordonnées au commandement suprême des puissances alliées.

 

Signé le 2 septembre 1945 à 9h04 du matin, l’acte de capitulation fut contresigné, côté japonais, par Mamoru Shigemitsu, ministre des Affaires étrangères, et le général Yoshijiro Umezu.

Du côté des alliés, le texte fut contresigné par les représentants des principales puissances participant au conflit : Douglas Mac Arthur, commandant suprême des puissances alliées ; l’amiral Chester Nimitz, commandant en chef des forces navales américaines dans le Pacifique ; le général Xu Yongchang, représentant la Chine ; l’amiral Bruce Austin Fraser, représentant la Grande-Bretagne ; le général Kuzma Nikolayevich Derevyanko, représentant l’URSS ; le général Thomas Albert Blamey, représentant l’Australie ; le colonel Lawrence Moore Cosgrave, représentant le Canada ; le général Leclerc, représentant le gouvernement provisoire français ; le vice-amiral Conrad Helfrich, représentant les Pays-Bas ; et le vice-maréchal de l’Air Leonard Monk Isitt, représentant la Nouvelle-Zélande.

Le général Mac Arthur contresignant l'acte de capitulation japonais, 2 septembre 1945.

 

Si, en France, la date de signature de la capitulation japonaise n’a pas une grande portée symbolique, la situation est différente aux Etats-Unis, où sont fêtés aussi bien le Victory in Europe day (« jour de la victoire en Europe. »), le 8 mai, que le Victory in Japan day ( « jour de la victoire au Japon. »), le 2 septembre.


 

[1] L’on estime à un millier le nombre de fusillés contre lesquels aucune charge ne fut retenue.

[2] Dans certains départements, les prostituées échappèrent à la tonte, les autorités considérant qu’elles n’avaient fait que leur travail. Certaines femmes veuves ou divorcées bénéficièrent aussi d’une certaine indulgence.

[3] La dégradation nationale pouvait être définitive ou temporaire.

[4] Devenue SNECMA en 1945 (Société Nationale d'Etude et de Construction de Moteurs d'Aviation), cette société fusionna avec Sagem en 2005, donnant naissance au groupe Safran.

[5] Rebaptisée LCL en 2005.

[6] Le CNEP et la BNCI fusionnèrent en 1966 afin de donner naissance à la Banque nationale de Paris (devenue BNP Paribas en 2000).

[7] Abrégé en GDF, devenu GDF Suez en 2008.

[8] Abrégé en EDF.

[9] Allied Military Government of Occupied Territories (« gouvernement militaire allié des territoires occupés » en français).

[10] Ces francs d’origine américaine furent baptisés « billets drapeaux » car ils arboraient un drapeau tricolore sur leur verso. Ces billets étaient talqués sur le modèle du dollar américain (format, couleur, etc.).

[11] Les quatre autres membres permanents étant la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’URSS et la Chine. Nous reviendrons sur la fondation de l’ONU en d), 14, section VIII, chapitre sixième, la troisième république.

[12] Ce chiffre fut abaissé à 50 en mai 1946.

[13] « Opération Garde au Rhin » en français (à noter que « Garde au Rhin » est un chant patriotique allemand composé au milieu du XIX° siècle).

[14] A ne pas confondre avec le Heeresgruppe B, qui avait participé en 1943 à la bataille de Stalingrad. Le groupe d’armées B installé sur la frontière allemande avait été créé en Italie en 1943, puis envoyé dans le nord de la France.

[15] « Opération Pilon » en français.

[16] L’on appelle opérations sous fausse bannière les offensives au cours desquelles les soldats arborent l’uniforme ennemi afin d’accomplir leurs objectifs. L’uniforme ennemi peut être porté afin de créer un incident diplomatique (incident de Gleiwitz, massacre de Katyn, etc.), mais aussi pour faciliter la progression en territoire hostile.

[17] Rappelons qu’il s’agissait de l’homme ayant libéré Mussolini en 1943 (a), 20, section VI, chapitre sixième, la troisième république) ; il avait aussi participé à l’enlèvement du fils du régent de Hongrie à l’automne 1944 (d), 15, section VII, chapitre sixième, la troisième république).

[18] « Opération Griffon » en français.

[19] A noter que la I° Armée américaine retourna dans le 12° groupe d’armées à la fin de l’offensive, mais la IX° Armée resta sous le giron de Montgomery.

 

[20] La conférence de Téhéran avait été organisée en fin d’année 1943. Pour en savoir plus, voir le b), 21, section VI, chapitre sixième, la troisième république.

[21] Staline accepta la création de cette zone française, à condition qu’elle soit constituée à partir des zones britanniques et américaines.

[22] La ligne Curzon avait été élaborée par George Curzon, ministre des affaires étrangères au sein du gouvernement de David Lloyd George, en 1919, lors de la guerre russo-polonaise. Toutefois, la proposition américaine n’avait pas été retenue, car la Pologne s’était emparée de territoires russes situés à l’est de la ligne à la fin du conflit. Pour en savoir plus à ce sujet, voir le g), 2, section I, chapitre cinquième, la troisième république.

[23] Président des Etats-Unis entre 1913 et 1921, Wilson avait été l’un des principaux partisans de la SDN. Toutefois, le Sénat des Etats-Unis avait refusé d’adhérer à cette organisation suite à la première guerre mondiale, fragilisant la jeune organisation. Voir à ce sujet le a), 3, section VII, chapitre quatrième, la troisième république.

[24] Le Commonwealth of Nations (ce qui signifie « richesse des nations. ») est une organisation regroupant les Etats (autrefois) sous domination britannique. A noter que le terme de Commonwealth remplaça celui « d’Empire colonial britannique » à compter de 1931.

[25] Pour en savoir plus sur le bombardement de Hambourg, voir le 5, section VI, chapitre sixième, la troisième république.

[26] La zone industrielle de Dresde fut bombardée à la mi-avril 1945.

[27] « Opération Bucheron » en français.

[28] Rappelons que von Rundstedt avait été chargé de la défense du mur de l’Atlantique avant le débarquement allié.

[29] Le pont de Remagen, en Rhénanie, capturé par les troupes du général Bradley le 7 mars, s’effondra le 17. Dans l’intervalle, 18 bataillons américains parvinrent à traverser le fleuve.

[30] « Opération Pillage » en français.

[31] A noter que le Rhin n’avait pas été traversé par une armée étrangère depuis 1813, date à laquelle Napoléon lança la campagne d’Allemagne. Pour en savoir plus à ce sujet, cliquez ici.

[32] Nous reviendrons sur l’offensive soviétique de 1945 en 8, section VIII, chapitre sixième, la troisième république.

[33] Le ME-262 pouvait atteindre les 900 kilomètres heure, contre 600 kilomètres heure pour les appareils américains.

[34] Rappelons qu’il s’agissait de l’armée de terre allemande.

[35] Hitlerjugend en allemand.

[36] A noter que l’appartenance aux Jeunesses hitlériennes fut rendue obligatoire à compter de 1938.

[37] « Tempête du peuple » en français.

[38] Si les membres du Volkssturm ne portaient pas l’uniforme, faute de moyens, Hitler avait souhaité donner un statut de soldats à ces troupes, afin que les lois de la guerre s’appliquent à elles en cas de capture par l’ennemi.

[39] Le Panzerfaust était un lance grenade antichar à usage unique, disposant d’une portée de 30 mètres.

[40] Si la IX° Armée américaine était restée au sein du 21° groupe d’armées, sous giron britannique, la I° Armée avait été réintégrée au sein du 12° groupe d’armées en début d’année 1945.

[41] Rappelons que les Soviétiques étaient restés inactifs lors de l’insurrection de Varsovie, à l’été 1944 (comme nous l’avons vu en a), 15, section VII, chapitre sixième, la troisième république).

[42] Aujourd’hui Koszalin.

[43] Aujourd’hui Kolobrzeg.

[44] « Opération Solstice » en français.

[45] Aujourd’hui Szczecin.

[46] Hitler était peut être atteint de la maladie de Parkinson à la fin de sa vie.

[47] Voir à ce sujet le d), 4, section VII, chapitre sixième, la troisième république.

[48] La nouvelle chancellerie du Reich avait été érigée sur ordre d’Hitler en 1938.

[49] Nous reviendrons sur la mort de Mussolini en b), 13, section VIII, chapitre sixième, la troisième république.

[50] Goebbels fut brièvement nommé président du Reich après la mort du Führer, mais n’occupa cette fonction que pendant une journée.

[51] Rappelons que le bâtiment, ravagé par un incendie criminel en 1933, n’avait pas été complètement rénové (pour en savoir plus à ce sujet, voir le d), 10, section II, chapitre cinquième, la troisième république).

[52] Dönitz, né en septembre 1891, s’engagea dans la Marine en 1910. Participant à la première guerre mondiale, il fut fait prisonnier par les Britanniques, suite au torpillage de son sous-marin. Libéré en 1920, il rentra en Allemagne, où il réintégra une Marine allemande sévèrement limitée par le traité de Versailles. Dönitz fut nommé commandant en chef de la Kriegsmarine en janvier 1943, souffrant toutefois de la supériorité de la Royal Navy sur la Marine allemande.

[53] Peut être deux millions au total dans toute l’Allemagne sous contrôle soviétique.

[54] Buda et Pest, deux villes se faisant face sur le Danube, furent réunies à la fin du XIX° siècle pour former Budapest.

[55] « Opération Réveil du printemps » en français.

[56] Pour en savoir plus sur l’anschluss, voir le b), 14, section II, chapitre cinquième, la troisième république.

[57] Reiner était un politicien autrichien né en décembre 1870. Chancelier au sortir de la première guerre mondiale, entre 1918 et 1920, il participa à la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye (voir à ce sujet le b), 3, section VII, chapitre quatrième, la troisième république). Président du Parlement entre 1931 et 1933, il fut favorable à l’anschluss, mais quitta la politique après 1938.

[58] Reiner, élu président de la république, fut officiellement reconnu par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne en fin d’année 1945.

[59] Benès, né en octobre 1887, fit ses études à Londres et à Paris, obtenant un doctorat de droit en 1908. En raison de la première guerre mondiale, il s’installa en France à compter de 1915, favorable à la création d’un Etat tchécoslovaque. Nommé premier ministre entre 1921 et 1922, Benès fut élu président de la république en décembre 1935.

[60] Hacha était un avocat né en juillet 1872. Il fut élu président du protectorat de Bohême-Moravie suite à l’exil d’Edvard Benès, en fin d’année 1938. Hacha fut hostile à la politique de germanisation de la république tchèque, mais ne fut jamais en mesure de s’opposer à Hitler.

[61] Tiso était un prêtre catholique né en octobre 1887. Elu député à compter de 1925, il fut nommé ministre de la Santé entre 1927 et 1929. Suite aux scissions de la république tchèque et de la Slovaquie, Tiso fut élu président de la république en fin d’année 1938.

[62] Arrêté peu après par les alliés, il fut condamné à mort et exécuté en avril 1947.

[63] Rappelons que la Gestapo (Geheime Staatspolizei en allemand.) était une police politique.

[64] La Sipo (Sicherheitspolizei en allemand, ou « police de sûreté. ») regroupait la Gestapo, police politique du troisième Reich, et la Kripo, politique criminelle.

[65] Agé, il mourut en prison à la fin juin 1945.

[66] Pour en savoir plus sur l’armistice de Moscou, voir le b), 16, section VII, chapitre sixième, la troisième république.

[67] Les effectifs avaient été réduits de 250 000 à 150 000 hommes, en raison de la bataille de Normandie.

[68] Rappelons que le 15° groupe d’armées était composé de la VIII° Armée britannique et de la V° Armée américaine.

[69] « Opération Mitraille » en français.

[70] Vietinghoff, issu d’une famille aristocratique de Westphalie, s’engagea très jeune dans l’armée. Participant à la première guerre mondiale, il rejoignit la Reichswehr suite à l’armistice. Pendant la seconde guerre mondiale, il participa à l’invasion de la Pologne, de la Yougoslavie, et de l’URSS. Il fut envoyé en Italie à compter de l’été 1943.

[71] Dans ses mémoires, Otto Skorzeny raconte que Mussolini lui aurait donné ces lettres, peu après son évasion du Gran Sasso (cette affirmation est évidemment à prendre au conditionnel.). A noter que cette correspondance n’a jamais été retrouvée.

[72] Jodl, né en mai 1890, fit ses études à l’école militaire de Munich. Participant à la première guerre mondiale avec le grade de lieutenant, il fut hospitalisé pendant un an suite à une blessure reçue en 1914 sur le front ouest. Suite à la signature du traité de Versailles, Jodl intégra la Reichswehr, gravissant rapidement les échelons au cours des années 1930. Nommé général à l’été 1940, Jodl fut un des concepteurs de l’opération Barbarossa, planifiant aussi l’action des Einsatzgruppen en Russie occupée.

[73] Devenu musée de la Reddition en 1985.

[74] L’édifice où se tint la réunion fut tranformé en musée de l’armée soviétique à compter des années 1960, avant d’être rebaptisé musée germano-russe de Berlin-Karlshorst en 1995.

[75] L'armistice et la capitulation sont deux conventions permettant de mettre un terme aux combats. Toutefois, si l'armistice est une décision politique, entérinée par des civils, la capitulation est un acte militaire. 

[76] Aux Etats-Unis, la distinction est faite entre le Victory in Europe day (abrégé en V-E day, où « jour de la victoire en Europe. »), fêté le 8 mai ; et le Victory in Japan day (V-J day, où « jour de la victoire au Japon. »), fêté le 2 septembre. Nous reviendrons sur la capitulation japonaise en 24, section VIII, chapitre sixième, la troisième république.

[77] Nous avons vu précédemment que l’URSS détenait trois sièges, comme cela avait été convenu lors des accords de Yalta : Ukraine, Biélorussie et URSS).

[78] Le conseil de tutelle est inactif depuis 1994, date à laquelle le dernier territoire sous tutelle à obtenu son indépendance.

[79] Né en octobre 1913, Bao Dai fit ses études en France, avant de devenir Empereur d’Annam en 1926 (ce dernier étant encore jeune, une régence fut établie jusqu’en 1932).

[80] Né en octobre 1922, Norodom Sihanouk devint roi du Cambodge en 1941.

[81] Né en juillet 1885, Sisavang Vong monta sur le trône du Laos en 1904.

[82] Contraction de Viêt Nam Dôc Lập Dông Minh Hôi, ou « Ligue pour l'indépendance du Viêt Nam » en français.

[83] Hô Chi Minh, né en mai 1890, fit ses études à Londres et Paris, participant au congrès de Tours, en 1920, où il vota en faveur de la scission du parti communiste. Rentrant au pays en 1927, il fonda le parti communiste indochinois en 1930, puis le Viêt Minh en 1941.

[84] Il ne reçut l’autorisation de débarquer en Indochine qu’à compter d’octobre 1945.

[85] Nous y reviendrons en e), 22, section VIII, chapitre sixième, la troisième république.

[86] Hukbalahap (contraction de Hukbo ng Bayan Laban sa mga Hapon) signifie « armée populaire contre les japonais. »

[87] Né en novembre 1885, Yamashita s’engagea au sein de l’armée impériale au début du XX° siècle, puis fut nommé attaché militaire à Berlin à l’issue de la première guerre mondiale. Hostile à la participation du Japon à la secodne guerre mondiale, il participa aux offensives de Malaisie et de Singapour en 1942. Yamashita, écarté par le gouvernement, fut affecté au Mandchoukouo jusqu’en 1944. A cette date, il fut nommé commandant en chef des forces japonaises aux Philippines.

[88] « Opération Hautbois » en français.

[89] Soit plus de victimes qu’à Hiroshima ou à Nagasaki.

[90] Né en juillet 1891, Kuribayashi rejoignit les rangs de l’armée impériale en 1914. Nommé attaché militaire aux Etats-Unis à la fin des années 1920, il fut promu général en 1940. En fin d’année 1941, Kuribayashi participa à l’invasion de Hong-Kong, puis fut nommé commandant en chef de la garnison d’Iwo Jima à l’été 1944.

[91] Le seppuku (plus connu en France sous le nom de hara-kiri), était un suicide rituel japonais, consistant à s’ouvrir le ventre via une coupe horizontale effectuée avec un sabre court.

[92] Nimitz, né en février 1885, s’engagea dans la Marine au début du XX° siècle. Participant à la première guerre mondiale, il fut nommé chef d’Etat-major en 1918, conservant une fonction de commandement pendant l’entre-deux-guerres. En décembre 1941, suite aux évènements de Pearl Harbor, Nimitz fut nommé commandant en chef de la flotte des Etats-Unis par Roosevelt.

[93] « Opération Famine » en français.

[94] Ushijima, né en juillet 1887, suivit des études militaires, avant d’intégrer l’armée impériale en 1916. Participant à la guerre contre la Chine, il fut nommé général en 1937. Il fut envoyé à Okinawa en 1944.

[95] Né en juillet 1886, Buckner fit ses études à l’académie militaire de West Point, s’engageant dans l’armée quelques années avant le déclenchement de la première guerre mondiale. Instructeur pendant l’entre deux guerres, Buckner participa à la bataille des îles aléoutiennes (1942 à 1943).

[96] Le Yamato, endommagé en 1942, resta à quai pendant plusieurs mois. Il participa à la bataille du golfe de Leyte, en octobre 1944, où son jumeau, le Musashi, fut coulé par la flotte américaine.

[97] Né en juillet 1890, Ito fit ses études à l’école navale japonaise, intégrant la marine impériale en 1912. Nommé contre-amiral en 1938, il rejoignit l’Etat-major japonais en 1941.

[98] Rappelons que ce dernier avait supervisé la construction de la route de Birmanie, en 1943, destinée à approvisionner la Chine en armes et munitions. Voir à ce sujet le 22, section VI, chapitre sixième, la troisième république.

[99] Truman, né en mai 1884 au sein d’une famille de fermiers, participa à la première guerre mondiale. Se lançant dans la politique après-guerre, aux côtés des démocrates. Elu sénateur du Missouri en 1934, il devint vice-président des Etats-Unis en janvier 1945, puis succéda à Roosevelt au mois d’avril, suite à la mort de ce dernier.

[100] Attlee, né en janvier 1883, s’engagea très tôt dans la politique, au sein du parti travailliste (parti de gauche britannique). Nommé vice-président du gouvernement en 1940, il fut chargé de gérer les affaires du pays en l’absence de Churchill. En juillet 1945, il remporta les élections législatives face aux conservateurs, pourtant favoris.

[101] La Somalie italienne fut rétrocédée à l’Italie en 1950.

[102] « Opération Chute » en français.

[103] Oppenheimer, né en avril 1904, fit ses études à Harvard, obtenant son doctorat de physique à l’université de Göttingen, en Allemagne. Rentrant aux Etats-Unis, il participa au projet Manhattan, bien qu’étant proche des mouvements communistes américains, ce qui lui causa tort après guerre.

[104] Le Enola Gay était accompagné de deux B-29, l’un pour les relevés scientifiques, l’autre pour les films et photographies.

[105] Aujourd’hui dôme de Genbaku (« dôme de la bombe atomique » en français), resté en l’état depuis le 6 août 1945.

[106] Comme à Hiroshima, le bombardier fut suivi de deux autres appareils, pour les relevés et les photographies.

[107] Nous y reviendrons en a), 24, section VIII, chapitre sixième, la troisième république.

[108] Pour en savoir plus sur la conférence de Yalta, voir le 3, section VIII, chapitre sixième, la troisième république.

[109] Aujourd’hui Itouroup.

[110] Le kantogun était un groupe d’armées originaire du Guandong, en Chine. 

[111] Aujourd’hui Yuzhno-Sakhalinsk.

[112] « Voix radiodiffusée du joyau » en français.

[113] Marshall, né en décembre 1880, ne fit pas ses études à West Point, en raison d’une forme physique insuffisante, mais au Virginia Military Institute. Participant à la première guerre mondiale, il devint aide de camp du général Pershing (pour en savoir plus sur ce personnage, voir le c), 5, section V, chapitre quatrième, la troisième république), qui le nomma lieutenant colonel en 1923. Promu général en 1936, il fut nommé chef d’Etat-major de l’armée américaine par Roosevelt en septembre 1939. A ce titre, il participa aux conférences interalliées, accompagnant le président américain en tant que conseiller. 

[114] A l’exception de celle mentionnant l’abdication de l’Empereur Hirohito.

 
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