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1° Règne de Dagobert –
A la mort de son père, Dagobert accourut
d’Austrasie, et fut proclamé par les leudes seul roi des Francs. Son frère,
Charibert, fut écarté, sous prétexte d’imbécillité. On dut toutefois lui
céder l’Aquitaine, où il régna pendant trois ans. A sa mort, on tua son fils
encore jeune, et l’Aquitaine se trouva annexée au royaume de Dagobert.

Dagobert, par
Émile SIGNOL, 1842, conservé au Musée National du château et des Trianons de
Versailles.
Pour la première fois depuis
Clovis, la Gaule retrouva peu à peu cette magnificence perdue depuis déjà de
nombreuses décennies. Les peuples qui avaient jusque là réussi à conserver leur
indépendance, comme ceux de Gascogne et de Bretagne, durent se soumettre.
Ces deux peuples jurèrent fidélité au roi. En dehors de la Gaule, Dagobert
recevait des tributs de la part des Frisons, des Saxons, commandait aux
Thuringiens, aux Alamans, aux Bavarois. Il intervint en Espagne pour imposer
aux Goths un roi qui lui paya son secours 200 000 pièces d’or. En Italie, il
contraignit les Lombards à respecter leur reine Gondeberge, qui était sa
parente. Il n’y avait pas en Occident à l’époque de monarque dont le pouvoir
parût plus grand et les États plus étendus.

Cuve dite "de Dagobert", musée du Louvre, Paris (cette cuve fut, selon la
légende, rapportée à Paris par Dagobert. Cet objet étant fait de porphyre,
un matériau précieux et à l'époque réservé à une élite, peut être Dagobert
s'en servit il comme baignoire ? Toutefois, les poignées n'étant pas
fonctionnelles, certains historiens pensent au contraire que cette cuve fut
peut être utilisée comme sarcophage provisoire par l'Empereur Charles le
Chauve, au IX° siècle après Jésus Christ.).
En outre, Dagobert savait
administrer ses terres. Au début de son règne, il fit une chevauchée à
travers l’Austrasie et la Bourgogne, rétablissant partout l’ordre public, à
la grande joie du peuple. Il rendait une justice expéditive, ne faisant
guère de différence entre riches et les pauvres.

Dagobert, par DUSEIGNEUR, château de Versailles, Versailles.
La cour du roi
tentait de reproduire
l’étiquette et l’éclat de celle de Constantinople. Le goût de Dagobert pour
les arts trouva un auxiliaire précieux en la personne de Saint Eloi, un
orfèvre qui devint quelques années plus tard conseiller du roi et évêque de
Noyon. Ce dernier fit pour le roi un trône en or massif, travailla pour les
églises (constructions, décorations, etc.). Dagobert voulant faire de la
basilique Saint Denis la nécropole royale, Eloi la fit reconstruire et la
couvrit d’or, de marbre et d’objets précieux .

Photographie des tombes des rois Mérovingiens
inhumés à St Denis (la grande majorité des sépultures est située derrière la
grille, une zone interdite au public.).
Le roi tenait Eloi en haute estime, et ce dernier
en profita pour formuler quelques critiques à l’encontre de la vie privée de
Dagobert, quelquefois désordonnée.
Saint Eloi évangélisa quelques années après les
populations des Flandres, encore païennes. Il faillit d’ailleurs y perdre la
vie…
2° Signes de décadence – La
gloire du règne de Dagobert laisse cependant percevoir des signes de
décadence : un Franc nommé Samo, ancien marchand, se mit à la tête de la
tribu slave des Wendes. Puis il lutta contre la domination des Avars et
réussit à délivrer de leur soumission de nombreuses tribus slaves. La
réunion de ces peuplades formaient un vaste Empire. Des marchands francs qui
traversèrent les Etats de Samo furent molestés, et Dagobert exigea
immédiatement réparation. Samo refusa, et le roi des Francs lui déclara la
guerre. Samo laissa les troupes de Dagobert pénétrer sur ces terres et leur
infligea une sanglante défaite, qui ne fut jamais vengée.
Autre preuve de faiblesse de Dagobert : 9 000
Bulgares, chassés de Pannonie par les Avars, s’étaient réfugiés en Bavière
avec femmes, enfants et bagages. Dagobert les répartit entre les habitants,
puis une nuit il commanda un massacre général. Cette méthode, qui fut usitée
à de nombreuses reprises dans l’Histoire, n’est pas une grande preuve de
puissance (mais il faut reconnaître, que pour une personne dénuée de
scrupules, c’est un moyen peu onéreux et peu risqué de se débarrasser
d’indésirables…).
D’autres signes se manifestaient à l’intérieur
du royaume. Les Austrasiens étaient en désaccord avec le roi, et c’est ce
défaut d’entente qui emmena la défaite au pays de Wendes. Pour calmer les
esprits, Dagobert leur donna comme roi son fils Sigebert II. Cet enfant
n’ayant que trois ans, le pouvoir fut exercé par le maire du palais Pépin de
Landen et l’évêque de Cologne, Cunibert. L’aristocratie que Dagobert croyait
avoir dompté relevait la tête. Après la mort de Dagobert, en 638,
l’Austrasie redevint indépendante. Commençait dès lors l’ère des rois
fainéants.

Tombeau de Dagobert, en forme de portail d'église, XIII° siècle, église
Saint Denis.
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