Cependant, ce dernier avait
quitté le midi, où il ne possédait plus que Narbonne et Agde, et avait cédé
ses droits sur le Languedoc au roi de France (en échange de la dignité de
connétable, première après la couronne.).
Alors qu’il se mettait en marche,
Louis VIII fut arrêté par le pape Honorius III, qui n’avait pu résister aux
prières de Raymond VII. Cependant, devant l’insistance de l’opinion
publique, Honorius fut obligé de convoquer un concile à Bourges, en novembre
1225. L’objectif affiché étant de régler l’affaire du Languedoc.
Raymond VII et Amaury plaidèrent
leur cause devant la centaine d’évêques assemblés là. Au final, ces
derniers, s’appuyant sur le concile de Latran et sur la nécessité de
détruire l’hérésie, déclarèrent qu’une nouvelle croisade contre les Cathares
était indispensable. Il fut aussi décidé que c’était au roi de France d’en
prendre les rênes. C’était tout ce que désirait Louis VIII.
Au fêtes de paques de l’an 1226,
des milliers de chevaliers (les chroniqueurs de l’époque donnent le chiffre
de 50 000, qui semble exagéré.) se trouvèrent à Bourges aux côtés du roi.
Cette armée se dirigea vers la
vallée du Rhône. A son approche, les seigneurs et les villes se hâtèrent
d’abandonner Raymond VII pour faire leur soumission au roi de France.
Avignon refusa cependant d’ouvrir
ses portes. L’on mit alors le siège devant la place forte qui était
considérée alors comme la clef du Languedoc. Au bout de trois mois, la ville
fut prise, et aussitôt Nîmes, Castres, Carcassonne, Albi se rendirent à
Louis VIII.

Le siège d'Avignon, par Jean Fouquet, enluminure issue de l'ouvrage
Grandes chroniques de France,
Paris, France, XV°siècle (au centre et à droite, l'on peut apercevoir la
mort de Louis VIII et le sacre de Louis IX.).
Raymond VII, quant à lui,
s’enferma dans Toulouse.
L’hiver approchant, les croisés
étaient décimés par la maladie, et le roi décida de rentrer à Paris,
ajournant le siège de Toulouse. Le 8 novembre 1226, alors qu’il prenait le
chemin du retour, passant par l’Auvergne, Louis VIII fut frappé d’une fièvre
violente et en mourut.
Cette mort ne changea rien quant
à l’avenir de Raymond VII. Il fut assiégé par Humbert de Beaujeu, à qui
Louis VIII, avant son départ, avait confié le gouvernement du Languedoc.
Raymond VII se défendit pendant deux ans avant de se rendre en 1228.
3° Traité de Meaux
(1229) – Des conditions honorables furent accordées à Raymond VII. Il
dut cependant céder à l’Eglise le marquisat de Provence et le comtat
Venaissin. En outre, toute la partie du Languedoc qui s’étendait du Rhône à
Narbonne fut réunie au domaine royal. Enfin, Raymond VII conservait le comté
de Toulouse, mais à titre viager : lui mort, le comté devait être la dot de
sa fille Jeanne, qui fut fiancée à Alphonse, le troisième fils de Louis
VIII.
Ainsi ce termina cette guerre
mémorable, qui donnait cette grande province à la couronne. Et pour mettre
un terme à l’hérésie cathare, le pape Grégoire IX institua, en 1233, un
tribunal chargé de rechercher et de punir les hérétiques. Ce tribunal, nommé
inquisition, fut confié aux dominicains.