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Mythologie
 
 

 

 

Les Capétiens


CHAPITRE QUATRIÈME : Philippe Auguste et Louis VIII, le second réveil de la royauté (1180 – 1226)

 

VIII : Louis VIII (1223 – 1226)

            

            Le court règne de Louis VIII, surnommé le Lion Pacifique, fut signalé par deux brillantes campagnes : l’une contre les Anglais en Guyenne, l’autre contre Raymond VI de Toulouse.

Naissance de Louis VIII, enluminure issue des Grandes Chroniques de France, XIV°, Bibliothèque Nationale.

Le sacre de Louis VIII, par Jean Fouquet, enluminure issue de l'ouvrage Grandes chroniques de France, Paris, France, XV°siècle.

 

            1° Conquête de la Guyenne (1224) – La cour d’Angleterre n’avait toujours pas exécuté toutes les conditions du traité passé en 1217 avec le prince Louis. Ce dernier, profitant de la minorité de Henri III, sut saisir ce prétexte pour s’emparer des dernières possessions anglaises en France.

L’Aquitaine fut reprise, les villes de cette région tombant les unes après les autres (Niort, la Rochelle, Thouars, Limoges, Périgueux, etc.). Louis VIII s’empara de tout ce territoire, jusqu’à la Garonne, au cours d’une campagne rapide.

Henri III ne possédait plus en France que Bordeaux et la Gascogne, qui ne furent pas attaquées.

 

            2° Conquête du Languedoc (1226) – Le paysage politique du Languedoc avait été passablement perturbé, c’est le moins que l’on puisse dire, depuis la croisade contre les Albigeois.

L’ancien comte de cette région, Simon de Montfort, était mort en 1218 lors du siège de Toulouse[1], et c’est son fils Amaury qui avait hérité de ces terres.

Cependant, ce dernier avait quitté le midi, où il ne possédait plus que Narbonne et Agde, et avait cédé ses droits sur le Languedoc au roi de France (en échange de la dignité de connétable, première après la couronne.).

 

Alors qu’il se mettait en marche, Louis VIII fut arrêté par le pape Honorius III, qui n’avait pu résister aux prières de Raymond VII. Cependant, devant l’insistance de l’opinion publique, Honorius fut obligé de convoquer un concile à Bourges, en novembre 1225. L’objectif affiché étant de régler l’affaire du Languedoc.

Raymond VII et Amaury plaidèrent leur cause devant la centaine d’évêques assemblés là. Au final, ces derniers, s’appuyant sur le concile de Latran et sur la nécessité de détruire l’hérésie, déclarèrent qu’une nouvelle croisade contre les Cathares était indispensable. Il fut aussi décidé que c’était au roi de France d’en prendre les rênes. C’était tout ce que désirait Louis VIII.

Au fêtes de paques de l’an 1226, des milliers de chevaliers (les chroniqueurs de l’époque donnent le chiffre de 50 000, qui semble exagéré.) se trouvèrent à Bourges aux côtés du roi.

Cette armée se dirigea vers la vallée du Rhône. A son approche, les seigneurs et les villes se hâtèrent d’abandonner Raymond VII pour faire leur soumission au roi de France.

Avignon refusa cependant d’ouvrir ses portes. L’on mit alors le siège devant la place forte qui était considérée alors comme la clef du Languedoc. Au bout de trois mois, la ville fut prise, et aussitôt Nîmes, Castres, Carcassonne, Albi se rendirent à Louis VIII.

Le siège d'Avignon, par Jean Fouquet, enluminure issue de l'ouvrage Grandes chroniques de France, Paris, France, XV°siècle (au centre et à droite, l'on peut apercevoir la mort de Louis VIII et le sacre de Louis IX.).

Raymond VII, quant à lui, s’enferma dans Toulouse.

L’hiver approchant, les croisés étaient décimés par la maladie, et le roi décida de rentrer à Paris, ajournant le siège de Toulouse. Le 8 novembre 1226, alors qu’il prenait le chemin du retour, passant par l’Auvergne, Louis VIII fut frappé d’une fièvre violente et en mourut.

Cette mort ne changea rien quant à l’avenir de Raymond VII. Il fut assiégé par Humbert de Beaujeu, à qui Louis VIII, avant son départ, avait confié le gouvernement du Languedoc. Raymond VII se défendit pendant deux ans avant de se rendre en 1228.

 

            3° Traité de Meaux (1229) – Des conditions honorables furent accordées à Raymond VII. Il dut cependant céder à l’Eglise le marquisat de Provence et le comtat Venaissin. En outre, toute la partie du Languedoc qui s’étendait du Rhône à Narbonne fut réunie au domaine royal. Enfin, Raymond VII conservait le comté de Toulouse, mais à titre viager : lui mort, le comté devait être la dot de sa fille Jeanne, qui fut fiancée à Alphonse, le troisième fils de Louis VIII.

Ainsi ce termina cette guerre mémorable, qui donnait cette grande province à la couronne. Et pour mettre un terme à l’hérésie cathare, le pape Grégoire IX institua, en 1233, un tribunal chargé de rechercher et de punir les hérétiques. Ce tribunal, nommé inquisition, fut confié aux dominicains.


 

[1] Pour plus de précisions sur la fin de Simon de Montfort, voir le 9, section V, chapitre quatrième, les Capétiens.

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