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Les croisades (1095 - 1270) et la colonisation franque en Orient


CHAPITRE DEUXIÈME : La colonisation franque en Orient


VI : Le royaume arménien de Cilicie

            

            1° La Cilicie jusqu’au règne de Lewon II le magnifique – Ce nouvel État fut fondé par des seigneurs arméniens, déplacés par les Byzantins et chassé par les Turcs, au cours des années 1070.

Ces derniers s’établirent en Cilicie, au sud est de l’Asie mineure, cette région étant protégée par un cercle de montagnes (chaînes du Taurus au nord et de l’Amanus au sud.). La Cilicie avait déjà servi de cadre à la colonisation militaire arménienne face aux musulmans, lors de la Reconquête byzantine de 950 – 1031. Cette région était pour cela revendiquée par les Grecs depuis la fondation des principautés, suite à la première croisade (la création du royaume d’Arménie coïncide à peu près avec la création des États latins.).

Les Arméniens s’associèrent avec la principauté d’Antioche afin de lutter contre les Turcs d’Asie mineure et de Syrie, ainsi que contre les tentatives de reconquête byzantines.

Le royaume d'Arménie et les autres États de Terre Sainte.

 

Lewon II le magnifique, qui régna de 1187 à 1219, accrut la position de l’Arménie face aux Etats latins, déstabilisés par la chute de Jérusalem.

 

            2° L’alliance avec les Francs – Un an après Amaury de Chypre, Léwon le magnifique fut couronné par un représentant du pape et un représentant de l’Empereur. La suzeraineté n’avait beau être que théorique et temporaire, ce fut au cours de cette période que les structures de l’Etat se francisèrent. 

Ce dernier assura la défense de la Cilicie contre l’invasion musulmane, et cette politique fut reprise par son successeur, Hethoum I° (régnant de 1226 à 1269, il avait épousé Isabelle, fille de Lewon II.). Ce dernier, en mariant sa fille avec le prince d’Antioche, Bohémond VI, il fit de cette région un Etat satellite. Héthoum souhaitait mettre en place une alliance entre l’Arménie, Antioche, Tripoli, Chypre et les Mongols, afin de lutter contre les mamelouks d’Egypte.

 

Ce roi fut en effet le promoteur de l’alliance franco-mongole.

Les Mongols, apparus sur les rivages de la Méditerranée au cours du XIII° siècle, étaient à la tête d'un Empire qui s’étendait de la mer de Chine à la Russie. Cet immense royaume comportait néanmoins des noyaux chrétiens, évangélisés par des Syriaques nestoriens.

Louis IX avait tenté de s’en faire des alliés, mais le grand khan avait demandé à ce que le roi de France devienne son vassal, ce que Saint Louis refusa. Par contre, Héthoum accepta de reconnaître la suzeraineté mongole.

Plusieurs campagnes, regroupant Arméniens, Francs et Mongols furent des succès. C’est ainsi que fut pris Alep et Damas. Cependant, ces campagnes furent entravées par les Francs d’Acre, qui ouvrirent leurs frontières aux Egyptiens, qui battirent les Mongols en 1260.

Un changement radical dans la politique des Mongols eut lieu en 1295, lorsque ces derniers se convertirent à l’Islam.

 

            3° Les institutions du royaume d’Arménie – Aux premiers siècles de notre ère, l’Arménie était sous l’emprise de la Perse. Ces derniers créèrent en Cilicie une monarchie décentralisée, où le roi avait (théoriquement.) sous sa domination plusieurs grands seigneurs. Ce système disparut lors des conquêtes byzantines et arabes.

Lewon II, lorsqu’il monta sur le trône, il exigea que tous les grands seigneurs, ainsi que ses arrière-vassaux lui prêtent serment (cette monarchie ressemblait au système féodal Normand.). Le roi introduisit aussi la fleur de lys sur ses armoiries, et ses monnaies furent de type latin mais à légende arménienne.

 

            Les grands officiers virent leur titre et leur mission changer sous l’influence latine. Au fil des siècles, l’on assista à l’apparition des connétables, des chambellans, etc. Il ne resta que deux offices d’origines byzantine : la fonction de père du roi et de prince aîné.

 

            L’armée arménienne n’était pas réduite à de faibles effectifs, contrairement à celle des Etats francs, pouvant compter jusqu’à 100 000 hommes selon les chroniques de l'époque, dont un tiers de cavaliers. A noter que la cavalerie lourde arménienne était très semblable à celle des chevaliers francs (l’équipement des Arméniens en général ressemblait de plus en plus à celui des Latins.).

En outre, un réseau de forteresses avait été élevé afin de protéger le pays. Une fois encore, la défense de la frontière fut confiée à des ordres religieux militaires.

 

            4° La société, commerce et religion en Arménie – Au fil du temps, il devint de plus en plus difficile de distinguer la noblesse franque de la noblesse arménienne. En effet, Lewon II fit modifier le nom des seigneurs arméniens : auparavant, l’on rajoutait un ‘k’ au nom de famille, afin de nommer leur territoire. Par la suite, on apposa le préfixe ‘de’ devant le nom du territoire, qui devint le nom de famille.

La noblesse se francisa de plus en plus, utilisant la législation franque, en organisant des tournois, adoptant des rituels de bénédiction d’armes, et en étant parfois bilingues.

 

            En ce qui concerne le commerce, l’Arménie accorda sous Lewon II d’importants privilèges commerciaux à Venise et Gênes. En outre, de nombreuses colonies européennes vinrent s’installer dans les villes arméniennes, en provenance de Pise, Florence, le sud de la France, l’Aragon, etc.

L’Arménie commerça aussi avec l’Asie Mongole (empruntant la route de la soie.). Ce royaume vit sa place grandir, surtout après la chute des Etats latins.

 

            En ce qui concerne la religion, les souverains d’Arménie préférèrent s’allier avec Rome plutôt qu’avec Constantinople (au XII° siècle, l’Empereur Alexis Comnène lança des persécutions contre les Arméniens.).

Les ordres mendiants progressèrent en Arménie (Franciscains et Dominicains.) au XIII° siècle.

Cependant, les relations commencèrent à se faire plus conflictuelles lorsque la papauté fut exilée en Avignon, au cours du XIV° siècle.

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