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Mythologie
 
 

 

 

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Histoire de l'Egypte antique

CHAPITRE PREMIER : La période pré-dynastique

(LXX° - XXXII° siècles avant Jésus Christ)

 

II : La dynastie 0 (XXXIV° à XXXII° avant Jésus Christ)

           

            1° L’Aegyptiaca de Manéthon – Pendant très longtemps, les historiens ont considéré qu’il y avait eu trente dynasties en Egypte. En effet, ces derniers se basèrent sur les écrits de Manéthon de Sebennytos, un prêtre égyptien qui écrivit une histoire de l’Egypte en langue grecque, l’Aegyptiaca, sur la demande de Ptolémée I°.

A noter qu’à l’instar des écrits de l’historien grec Hérode, l’œuvre de Manéthon n’est pas exempte de défauts. En effet, se dernier n’hésita pas à inventer des dynasties ou à supprimer des pharaons, dans un but idéologique, ainsi qu’à raccourcir ou allonger des dynasties, afin d’obtenir des généalogies composées de neuf pharaons (à l’instar des neuf divinités de l’Ennéade[1], les dynasties de neuf pharaons chacune prouvaient l’eternalité et l’aspect cyclique de l’Histoire.).

 

2° Les premiers rois d’Egypte (XXXIV° - XXXII° siècles avant Jésus Christ) – Cependant, des fouilles récentes nous ont permis d’en savoir plus sur une dynastie antérieure à celles mentionnées par Manéthon dans l’Aegyptiaca, la dynastie 0 (cette dernière a été baptisée ainsi car elle précède la I° dynastie.).

 

A l’origine de l’Histoire de l’Egypte, l’on retrouve l’influence prépondérante du Nil. Très certainement venus du dehors en tribus errantes, les premiers Egyptiens durent, afin de lutter contre les inondations, regrouper leurs efforts et tenter de dompter le fleuve. Erection de digues, ensemencement des boues limoneuses[2], etc.

Au cours de l’Antiquité, l’Egypte n’était pas peuplée comme elle l’est aujourd’hui. En effet, les Egyptiens préférèrent s’installer le long des 6 000 km du Nil, délaissant l’intérieur des terres, jugées trop désertiques. En outre, le delta du Nil étant d’une très grande fertilité, c’est à cet endroit que se concentra une grande majorité de la population.

Le delta étant une zone particulièrement humide, très peu de vestiges ont subsisté. De ce fait, l’histoire ancienne de l’Egypte nous est plutôt mal connue (à contrario, nous avons plus de traces dans le sud et l’intérieur des terres, où le climat a favorisé la conservation.).

 

En 3300 avant Jésus Christ, l’Egypte était alors divisée en deux royaumes, la Basse Egypte au nord, et la Haute Egypte au sud. Les souverains du sud portaient la couronne blanche (le hedjet.), une sorte de haut bonnet blanc ; les souverains du nord portaient la couronne rouge (le deshret.), une calotte rouge et plate, relevée par derrière et ornée par devant d’une agrafe en forme de serpent (nous ne nous attarderons pas sur les souverains du Nord, car, comme nous venons de le mentionner dans le paragraphe précédent, le climat humide du delta n’a pas permis la conservation des vestiges archéologiques.).

Représentation de deux souverains, celui de gauche portant le deshret, l'autre de hedjet.

Cependant, la Haute Egypte était elle-même divisé en trois petits royaumes, Thinis, Noubt et Nekhen[3].

Plusieurs souverains se succédèrent à la tête du petit royaume de Nekhen, sans que l’on ne sache exactement leurs liens de parenté, et parvinrent au bout de plusieurs décennies unifier la Haute Egypte (voir ci-dessous la liste des Rois faucons[4], sujette à caution.). A noter qu’à cette époque ces derniers ne portaient pas encore le titre de pharaon. En effet, l’on pense que ce titre fit son apparition sous le règne d’Akhénaton, pharaon de la XVIII° dynastie (XIV° siècle avant Jésus Christ).

- Horus au Serekh (ce premier souverain fut baptisé ainsi par les archéologues car son serekh[5], bien que ne comportant pas de nom, est surmonté de deux faucons.).

- Ny (ce qui signifie « le faucon. »). Ce souverain dut combattre contre son rival de Thinis.

- Hat fut lui aussi un roi belliqueux, menant plusieurs expéditions contre ses ennemis de Haute Egypte.

- Pe.

- Hej (bien que l’on possède le serekh de ce souverain, son hypothétique tombe n’a jamais été trouvée.).

- Iry (à l’inverse du précédent, les archéologues ont retrouvé la tombe de ce souverain, mais pas son serekh.).

- Ka (ou Sekhen.).

- Crocodile, qui fut vraisemblablement un usurpateur, régna à priori au même moment que son confrère Ka, mais dans une cité se trouvant plus au nord.

- Lion (nous n’avons pas retrouvé le serekh de ce souverain, mais son nom figure sur d’autres vestiges archéologiques. Par contre, sa tombe n’a toujours pas été découverte.).

- Scorpion I°, qui régna vers 3150 avant Jésus Christ, parvint à unifier les petits royaumes du sud de l’Egypte. Selon certains vestiges archéologiques, il semblerait que le roi Scorpion étendit sa domination sur la Basse Egypte, la Nubie et la Palestine, parvenant à poser les bases d’une future unification de l’Egypte. Ses dates de règne restent toutefois très incertaines.

Statue dite du roi Scorpion, musée de Pétrie, Londres.

- Scorpion II reste un souverain à l’existence très controversée. Sa tombe n’ayant pas été découverte, certains archéologues affirment que ce souverain n’a pas existé ; d’autres pensent qu’à l’instar d’Horus Crocodile, Scorpion II fut un roi à la tête d’une autre principauté.

 

A noter que certains égyptologues avancent la thèse selon laquelle les rois Lion et Scorpion I° devraient en fait être placé au début de la dynastie 0 et non à la fin.

 

3° Narmer, unificateur de l’Egypte (vers 3150 avant Jésus Christ) – Originaire de Nekhen, est considéré aujourd’hui par les historiens comme le pharaon qui parvint à unifier le nord et le sud de l’Egypte.

La Palette de Narmer, découverte quasiment intacte à la fin du XIX° siècle et conservée au musée du Caire, représente symboliquement la victoire du Sud sur le Nord de l’Egypte. Sur le verso, le roi, portant la couronne blanche de Haute Egypte, fracasse la tête d’un homme du Nord, a genoux devant lui. Sur le recto, Narmer porte la couronne rouge de Basse Egypte, assistant à un défilé des enseignes des provinces victorieuses. A droite de la scène, l’on voit deux rangées d’hommes du nord décapités par leurs vainqueurs.

La palette de Narmer, XXXII° siècle avant jésus Christ, musée du Caire.

 

L’on raconte qu’après une soixantaine d’années de règne, Narmer aurait trouvé la mort en affrontant un hippopotame. Cependant, les égyptologues pensent que cet évènement serait en fait un symbole de la lutte de l’ordre contre le chaos.

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[1] Pour en savoir plus sur les neuf divinités de l’Ennéade, cliquez ici.

[2] Les pluies étant rares en Egypte, la crue du Nil était le seul moyen de fertiliser la terre.

[3] A noter que nous ne savons pas aujourd’hui ou se trouvait la cité de Thinis.

[4] Les souverains de la dynastie 0 sont appelés Rois faucons car ils avaient l’habitude de rajouter l’épithète Hor à leur nom (Hor pour Horus, dieu faucon.).or à

[5] Le serekh est un cadre rectangulaire dans lequel est inscrit le nom hiéroglyphique d’un pharaon, surmonté d’un faucon (représentation du dieu Horus.).

 
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