Car un pays sans passé est un pays sans avenir...

 
Mythologie
 
 

 

 

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Les Bourbons (XVI° - XIX° siècle)

 

CHAPITRE QUATRIEME : Louis XV le Bien-aimé

 

IV : La guerre de succession d’Autriche (1740 à 1748)

           

            1° Le déclenchement de la guerre de succession d’Autriche (1740) – Le conflit successoral polonais était à peine achevé qu’une nouvelle crise éclata au grand jour : la guerre de succession d’Autriche.

En effet, l’Empereur germanique Charles VI était décédé en octobre 1740. Conformément à la Pragmatique Sanction, ce fut sa fille Marie Thérèse qui lui succéda à la tête de l’archiduché d’Autriche. La couronne impériale excluant les femmes, l’archiduchesse souhaitait que son époux François[1], grand duc de Toscane, soit élu Empereur.

Toutefois, être jeune (née en 1717, Marie Thérèse avait alors 23 ans.) et être une femme fut rapidement perçu comme un signe de faiblesse par de nombreux princes.

Ce fut toutefois Frédéric II, roi de Prusse, qui déclencha les hostilités en décembre 1740. En effet, ce dernier décida de s’attaquer à la Silésie, une riche région minière appartenant à l’Autriche.

Frédéric II et le royaume de Prusse en 1740.

 

De leur côté, Louis XV et Fleury hésitaient à prendre part au conflit. Toutefois, le parti anti-autrichien mené par Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle[2], milita en faveur d’une intervention contre l’Autriche.

Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle, maréchal de France, anonyme, vers 1750, musée des Invalides, Paris.

En février 1741, ce dernier reçut alors l’autorisation de se rendre à la Diète de Francfort, qui devait élire le nouvel Empereur. Belle-Isle devait alors défendre la candidature de Charles, prince électeur de Bavière, favori de Louis XV.

 

            2° La première guerre de Silésie (1740 à 1742) – Ayant envahi la Silésie en décembre 1740, Frédéric II fit en sorte de progresser le plus rapidement possible, sachant que l’armée autrichienne ne se mettrait en marche qu’au printemps.

Ainsi, les deux belligérants s’affrontèrent lors de la bataille de Mollwitz, en avril 1741. Ce jour là, Frédéric II remporta une victoire à la Pyrrhus, perdant plus d’homme que son adversaire au cours de l’affrontement (il disposait toutefois d’une armée supérieure en nombre à celle de l’ennemi.).

Grenadiers de l'armée prussienne, par Johann MERK, vers 1718 (à gauche) et Georg VON LISIEWSKI, vers 1734 (à droite), Deutsches historisches museum, Berlin.

 

Au printemps 1741, suite à la bataille de Mollwitz, Frédéric II avait souhaité s’allier avec l’Angleterre. Toutefois, essuyant un refus de la part de la couronne britannique, le roi de Prusse fut contraint de négocier avec Belle-Isle.

Ce dernier s’engagea alors à garantir la possession de la Silésie à la Prusse, en échange de quoi Frédéric II voterait pour l’électeur de Bavière[3].

En juillet 1741, Louis XV et Fleury apprirent avec stupeur les engagements qu’avaient pris Belle-Isle auprès du roi de Prusse. Finalement, après une longue réunion, il fut décidé de  déclarer la guerre à l’Autriche.

En janvier 1742, le prince électeur de Bavière fut élu sous le nom de Charles VII.

L'Empereur germanique Charles VII, par Adam OESER, vers 1756, Deutsches historisches museum, Berlin.

 

Au mois de mai, un second combat opposa la Prusse à l’Autriche. La bataille de Chotusitz fut un nouveau succès pour Frédéric II, mais une fois de plus au prix de lourdes pertes.

 

Marie Thérèse, afin de diviser ses ennemis, proposa au roi de Prusse de contracter une paix séparée. Ainsi, ce dernier signa la paix de Breslau en juin 1742, confirmée par la paix de Berlin en juillet de la même année.

En échange de sa neutralité lors de la guerre de succession d’Autriche, Frédéric II recevait la moitié nord de la Silésie.

 

            3° Revers français contre l’Autriche (1742 à 1743) – En fin d’année 1741, Belle-Isle avait fait jonction avec l’armée bavaroise, puis s’était dirigé vers la Bohême (il s’agissait d’une possession autrichienne.).

Toutefois, l’offensive française débuta sous de mauvais augures. En janvier 1742, les Autrichiens repoussèrent les Français des environs de Vienne, la capitale autrichienne ; en février, le roi de Piémont s’allia avec Marie Thérèse ; en avril, Belle-Isle s’empara de la cité d’Egra, en Bohême, mais ce dernier subit d’importants problèmes de ravitaillement.

Gravure représentant le lancement de la grenade, 1740, musée de l'Infanterie, Montpellier.

 

La situation devint d’autant plus précaire en juin 1742, Frédéric II ayant abandonné ses alliés après avoir signé la paix de Breslau. Dès lors, la France se retrouva seule face à l’Autriche, pays qui recevait d’importants subsides en provenance d’Angleterre.

 

L’année 1743 commença bien difficilement pour Louis XV, ce dernier assistant à la disparition du cardinal Fleury à la fin du mois de janvier.

En début d’année, le maréchal de Broglie fut contraint de quitter la Bohême, à l’issue d’une campagne sanglante, s’installant le long du Rhin ; en février, les Espagnols furent vaincus en Italie par une troupe austro-piémontaise lors de la bataille de Camposanto (qui se déroula dans la région de Modène.).

En juin, les Anglais débarquèrent sur le continent, avec la ferme intention de s’attaquer à l’armée de Broglie, afin de pouvoir pénétrer en Alsace. Louis XV ordonna alors au maréchal Adrien Maurice de Noailles d’attaquer l’armée anglaise avant que celle-ci ne fasse jonction avec les Autrichiens.

Les troupes de Noailles furent toutefois écrasées lors de la bataille de Dettingen[4]. Les Anglais restaient maîtres du terrain, mais dans les deux camps, les pertes étaient élevées (4 000 tués côté français, 2 500 côté anglais.).

Plan-relief de la bataille de Dettingen, le 27 juin 1743, musée des Invalides, Paris.

Suite à la bataille, Noailles et Broglie se retranchèrent sur le Rhin, alors que les Anglais et les Autrichiens décidèrent d’occuper la Bavière (Charles VII fut alors contraint de faire amende honorable auprès de Marie Thérèse.).

A noter que les Anglais tentèrent de traverser le Rhin à plusieurs reprises, au cours de l’été 1743, mais en vain.   

 

            4° Les Français reprennent l’avantage (1744 à 1745) – En fin d’année 1743, l’Angleterre, l’Autriche et le Piémont avaient signé le traité de Worms, un traité particulièrement dangereux pour la France. En effet, ce dernier prévoyait de chasser les Français d’Alsace, de Lorraine et même des Trois Evêchés ; l’Autriche retrouverait la Silésie, et le prince électeur de Bavière perdrait la couronne impériale ; enfin, le Piémont récupérerait des territoires en Italie pris aux espagnols.

Si l’année 1743 s’était soldée sur un échec pour la France, cette dernière, contre toute attente, parvint toutefois à riposter efficacement.

Louis XV, roi de France, par Gustaf LUNDBERG, vers 1740, château de Versailles, Versailles.

 

a) Avril 1744, le traité de Francfort : les Français, rapidement mis au courant du traité de Worms, décidèrent alors de répliquer. Au mois d’avril, la France, la Prusse, la Suède et la Bavière signèrent ainsi le traité de Francfort.

Charles VII était confirmé dans sa dignité impériale, et récupérerait ses Etats ; Frédéric II conserverait la Silésie.

Drapeau bavarois au chiffre de Charles VII, Empereur du Saint Empire romain germanique, vers 1745, musée des Invalides, Paris.

 

b) Juillet 1744, offensive en demi-teinte contre le Piémont : l’année 1744 débuta sous les meilleurs auspices, la flotte franco-espagnole parvenant à repousser la marine anglaise sous les murs de Toulon.

Plan-relief de Toulon, musée des Invalides, Paris

Par la suite, en juillet 1744, les Français parvinrent à vaincre l’armée piémontaise lors de la bataille de Pierrelongue.

En septembre, l’armée franco-espagnole parvint à vaincre les Piémontais une fois de plus, lors de la bataille de Cuneo. Toutefois, les vaincus parvinrent à se réfugier dans la cité, qui refusa d’ouvrir ses portes. Peu de temps après l’affrontement, les soldats de Louis XV furent contraints de reculer, ces derniers étant dans l’impossibilité de pénétrer dans le Piémont.

 

c) 1744, offensive victorieuse contre les Pays Bas autrichiens et sur le Rhin : toutefois, alors qu’en Italie les armées françaises, bien que victorieuses, ne progressaient guère, la situation était différente à la frontière nord du pays. En effet, les Français avaient envahi les Pays Bas autrichiens au printemps 1744.

Ne rencontrant qu’une faible résistance, le maréchal Maurice de Saxe[5] s’était emparé de Courtrai, Menin, Ypres et Furnes (mai à juin 1744.).

Le maréchal de Saxe, par Maurice Quentin DELATOUR, musée du Louvre, Paris.

 

Toutefois, alors que Louis XV s’était rendu à Lille afin d’évaluer la situation, il apprit que les Autrichien menaçaient la frontière alsacienne. Le roi de France se rendit alors à Metz au mois juillet, mais tomba gravement malade.

Les médecins estimant que Louis XV était en danger de mort, le parti dévot décida de faire administrer les derniers sacrements au malade. L’aumônier du roi de France, Monseigneur de Fitz-James, accepta de donner l’absolution au mourant, en échange de quoi Louis XV devait reconnaitre ses pêchés, demandant pardon à Dieu et au peuple français.

Le roi de France accepta, et la confession fut rapidement lue dans toutes les églises du royaume. Toutefois, Louis XV parvint à se rétablir à la fin du mois d’août, fort courroucé par la manœuvre du parti dévot (au même moment, le roi de Prusse Frédéric II attaquait la Bohême.).

Maquette de la statue équestre de Louis XV, par Jean Baptiste PIGALLE et Edme BOUCHARDON, vers 1749, musée Carnavalet, Paris (en 1748, suite à l'épisode de Metz, il fut décidé d'ériger une statue équestre en l'honneur de la guérison du roi. La statue ne fut toutefois inaugurée qu'en juin 1763, sur la place Louis XV, renommée aujourd'hui place de la Concorde.).

Main droite de la statue de Louis XV, musée Carnavalet, Paris (il s'agit du seul fragment subsistant de la statue de Louis XV, détruite par les révolutionnaires en 1792.).

 

En octobre 1744, les Français franchirent le Rhin, assiégeant Fribourg en Brisgau (la cité capitula le mois suivant.). Louis XV, requinqué, décida alors d’exiler Monseigneur de Fitz-James et de rentrer à Versailles (cette décision provoqua la colère de Frédéric II, qui dès lors se trouvait seul à combattre.).

 

d) Mai 1745, la bataille de Fontenoy : en avril 1745, l’armée française, commandée par le maréchal Maurice de Saxe, lança une nouvelle offensive contre les Pays Bas autrichiens. L’objectif de cette campagne était de s’emparer de la cité de Tournai.

 

Le maréchal, apprenant alors qu’une armée composée d’Anglais, d’Autrichiens et de Néerlandais venait à sa rencontre, décida de faire face à l’ennemi.

C’est ainsi que les deux belligérants s’affrontèrent lors de la bataille de Fontenoy, en mai 1745.

La bataille de Fontenoy, par Pierre LENFANT, vers 1745, musée des Invalides, Paris.

Les Autrichiens et les Anglais décidèrent d’attaquer, essuyant une importante riposte de la part de l’ennemi. Progressant tant bien que mal, les premières lignes anglaises parvinrent bientôt au contact des soldats français. Selon certaines sources, les officiers supérieurs des deux camps se seraient ainsi rencontrés, échangeant des politesses. Puis, alors qu’un chef de bataillon anglais aurait invité les Français à faire feu, le comte d’Anterroches aurait répondu messieurs les Anglais, tirez les premiers ! A noter que ce mot historique, difficilement vérifiable, est peut être apocryphe[6].

"Tirez les premiers, messieurs les Anglais !", par Paul Lehugeur, XIX° siècle.

Toutefois, les Français tirèrent vraisemblablement les premiers, faisant reculer les troupes austro-anglaises. Finalement, ces derniers furent contraints de sonner la retraite.

 

Au soir de la bataille, les deux belligérants avaient perdu à peu près autant d’hommes (environ 2 500 tués et 5 000 blessés dans chaque camps.), mais les Français restaient maîtres du terrain.

La bataille de Fontenoy, par Horace VERNET, XIX° siècle, château de Versailles, Versailles.

Peu de temps après la bataille de Fontenoy, le maréchal de Saxe s’empara de Tournai (juin 1745.). En juillet, Bruges et Audenarde capitulèrent devant les armées françaises. Dès lors, Maurice de Saxe menaçait non seulement les Pays Bas autrichiens, mais aussi les Provinces Unies.

 

Par contre, les nouvelles en provenance du Canada n’étaient bonnes. En effet, les colons anglais s’étaient emparés de Fort Louisbourg, à l’entrée du golfe Saint Laurent.

 

            5° La seconde guerre de Silésie (1744 à 1745) – Au printemps 1744, le roi de Prusse Frédéric II, conformément au traité de Francfort, décida d’attaquer l’Autriche à nouveau.

 

Mais en janvier 1745, un évènement bouleversa le cours de la guerre. En effet, l’Empereur germanique Charles VII mourut, après avoir perdu une bonne partie de ses possessions. Son fils, Maximilien Joseph, préféra ne pas briguer la couronne impériale, se contentant de sa principauté de Bavière.

Ainsi, ce fut François, l’époux de Marie Thérèse, qui fut élu Empereur sous le nom de François I° le septembre 1745. Il ne fut pas reconnu par la France et par Rome.   

L'Empereur germanique François I°, par Martin VAN MEYTENS, XVIII° siècle, Deutsches historisches museum, Berlin (à gauche) ; Marie Thérèse, archiduchesse d'Autriche, par Martin VAN MEYTENS, vers 1745, Deutsches historisches museum, Berlin (à droite).

 

Toutefois, pendant cette période, Frédéric II n’était pas resté inactif. Lors de la bataille de Hohenfriedberg, en juin 1745, les Prussiens écrasèrent les Autrichiens (ces derniers eurent près de 10 000 tués ou blessés, ainsi que 5 000 prisonniers.) ; lors de la bataille de Soor, en septembre, Frédéric II parvint à l’emporter face à un ennemi pourtant deux fois supérieur en nombre ; finalement, en décembre 1745, la Prusse envahit la Saxe, puis remporta la bataille de Kesseldorf. Par la suite, le souverain prussien s’installa à Dresde.

 

François I° accepta alors de céder la quasi-totalité de la Silésie au roi de Prusse (l’Autriche n’en conservait qu’une minuscule moitié sud.), signant le traité de Dresde, en décembre 1745[7].

L’objectif de l’Empereur germanique était de conclure une paix séparée avec Frédéric II, ce dernier abandonnant ses alliés une fois de plus.

Ayant réglé la question de la Silésie, François I° pouvait dès lors se concentrer à la mise en place d’une offensive contre la France (à noter que son épouse, Marie Thérèse, n’apprécia guère les clauses du traité de Dresde.).

Uniforme de Frédéric II de Prusse, XVIII° siècle, Deutsches historisches museum, Berlin.

 

            6° Nouvelles victoires françaises (1745 à 1747) – Alors que Frédéric II s’attaquait à la Silésie, les troupes franco-espagnoles lançaient une nouvelle offensive en Italie.

 

a) Une nouvelle victoire sans lendemain contre le Piémont (septembre 1745) : en 1745, Charles Emmanuel III, roi du Piémont, se trouvait dans une situation délicate. En effet, son armée était de taille modeste par rapport à celle des Français, et il ne pouvait recevoir de renfort d’Autriche (en effet, François I° étant alors en train de combattre en Silésie.).

 

C’est ainsi que fut livrée la bataille de Bassignana, affrontement au cours duquel les Piémontais affrontèrent un ennemi près de trois fois supérieur en nombre. Une fois de plus, les Français l’emportèrent, ne laissant au roi du Piémont que Pavie, Turin et Alexandrie.

Suite à la bataille, Louis XV tenta de conclure une paix séparée avec Charles Emmanuel III. Toutefois, en décembre 1745, ce dernier apprit que l’Autriche et la Prusse avaient fait la paix, et que François I° ne tarderait pas à lui envoyer des renforts. Les pourparlers prirent alors fin.

 

En juin 1746, Charles Emmanuel III, suite à une série de coups de force, parvint finalement à contraindre les Français de quitter le Piémont.

Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle fut alors chargé de défendre la Provence contre une invasion austro-piémontaise.

 

b) La tentative de Charles III en Angleterre (1745 à 1746) : Charles III, le fils de Jacques III, prétendant à la couronne d’Angleterre, parvint quant à lui à débarquer en Ecosse au cours du mois de juillet.

Réunissant une armée d’environ 6 000 hommes, il s’empara d’Edimbourg, puis battit l’armée anglaise lors de la bataille de Preston-Pans (septembre 1745.).

Le roi d’Angleterre Georges II chargea alors son fils, William Augustus, duc de Cumberland, de s’attaquer à Charles III. Les deux belligérants s’affrontèrent ainsi lors de la bataille de Culloden, qui fut un sanglant échec pour les Ecossais (avril 1746.).

Suite à l’affrontement, le duc de Cumberland prit des mesures très sévères contre les Ecossais, exécutant les prisonniers, et exilant les rebelles dans les colonies.

Charles III, quant à lui, ne tarda guère à rentrer en France.

 

A noter qu’en juillet 1746, le roi d’Espagne Philippe V mourut. Ce fut donc son fils, Ferdinand VI, qui monta sur le trône. Les diplomates français craignirent un temps que ce dernier ce rapproche de l’Autriche.

En février, le dauphin Louis Ferdinand épousa Marie Josèphe de Saxe, fille du roi de Pologne Auguste III.

Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France, par Jean Marc NATTIER, 1751, château de Versailles, Versailles.

 

c) Nouvelle victoire dans les Pays Bas autrichiens (juillet 1747) : le maréchal Maurice de Saxe, à la tête de l’armée royale, était parvenu, en quelques mois, à s’emparer de nombreuses cités (Ostende et Ath, été 1745 ; Bruxelles, février 1746 ; Anvers, juin 1746 ; Namur, septembre 1746.). En outre, les Français avaient vaincu les Autrichiens en septembre 1746 lors de la bataille de Raucoux, ces derniers ayant traversé la Meuse afin de porter secours au Pays bas.

Vue de Bruxelles, gravure issue de l'ouvrage Histoire de France, par François GUIZOT, France, 1875.

Vue d'Anvers, gravure issue de l'ouvrage Histoire de France, par François GUIZOT, France, 1875.

Vue de Namur, gravure issue de l'ouvrage Histoire de France, par François GUIZOT, France, 1875.

 

Devant cette succession de défaites, les Provinces Unies avaient demandé à mettre en place de pourparlers. Toutefois, les Néerlandais ne cessant de louvoyer afin de retarder les négociations, Louis XV annonça sa volonté d’envahir les Provinces Unies (avril 1747.)

Les ambassadeurs des Provinces Unies se présentent devant Louis XV, gravure issue de l'ouvrage Histoire de France, par François GUIZOT, France, 1875.

 

En juillet 1747, Maurice de Saxe fut confronté à une armée composée d’Autrichiens, d’Anglais et de néerlandais, commandée par le duc de Cumberland. Les deux belligérants s’affrontèrent alors au cours de la bataille de Maastricht.

Bataille de Maastricht, par Auguste COUDER, XIX° siècle, château de Versailles, Versailles.

Toutefois, ayant l’avantage du nombre (80 000 contre 60 000 seulement.), les Français ne tardèrent pas à prendre l’avantage. Les austro-anglo-néerlandais, vaincus, décidèrent alors de sonner la retraite, mais les deux adversaires accusaient des pertes sévères (près de 10 000 hommes tués ou blessés pour chaque camp.).

 

Suite à l’affrontement, les Français décidèrent de s’installer dans leurs quartiers d’hiver. En avril 1748, Maastricht décida de capituler[8].

 

c) Dernière offensive en Italie (juillet 1747) : victorieux dans les Pays Bas autrichiens, Louis XV souhaitait l’être aussi en Italie. En effet, l’armée royale avait vaincu le roi du Piémont à de nombreuses reprises, mais faute de pouvoir s’implanter durablement dans le pays, elle avait été dans l’incapacité de faire plier l’ennemi.

Louis XV en campagne, anonyme, vers 1745, musée des Invalides, Paris.

 

Le roi de France envoya alors une imposante armée franco-espagnole en Italie, commandée par le maréchal Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle[9]. L’armée royale entama alors la traversée des Alpes, se divisant en deux colonnes. La première passa par le Mont Cenis sans encombre, mais la seconde fut bloquée par les Piémontais à l’Assieta, un plateau situé à 2 500 mètres d’altitude que Charles Emmanuel III avait fait fortifier.

 

Le maréchal de Belle-Isle décida alors d’attaquer la position piémontaise, mais l’assaut se solda sur un sanglant échec. Les Français, au soir de la bataille, n’étaient pas parvenus à repousser les Piémontais, perdant près de 5 000 hommes au combat, dont Belle-Isle lui-même. L’ennemi, au contraire, ne perdit pas cent hommes.

 

Cette nouvelle défaite mit un terme aux velléités de Louis XV envers le Piémont.

 

            7° Le traité d’Aix la Chapelle (octobre 1748) – Les principaux belligérants, en début d’année 1748, décidèrent de mettre en place des pourparlers. En effet, le conflit durait depuis maintenant sept années, et coûtait particulièrement cher.

Ce n’est toutefois qu’en octobre 1748 que fut signé le traité d’Aix la Chapelle.

Allégorie en l'honneur de la publication de la paix d'Aix la Chapelle, le 13 février 1749, par Jacques DUMONT, dit Le Romain, vers 1758, musée Carnavalet, Paris.

 

Frédéric II sortait principal vainqueur de ce conflit. En effet, il avait montré aux puissances européennes que la Prusse était un Etat sur lequel il fallait désormais compter ; en outre, il conservait la Silésie (conformément au traité de Dresde, signé en décembre 1745.).

 

En Italie, le roi du Piémont reçut la partie du Milanais située à l’ouest du Tessin, du lac Majeur au Pô ; François III, duc de Modène (dépossédé par les Piémontais pendant la guerre.), fut restauré ; Philippe, fils du roi d’Espagne, reçut le duché de Parme.

 

Les Provinces Unies retrouvèrent leurs frontières d’avant guerre, et l’Angleterre retrouva toutes ses colonies (comme Madras, en Inde, prise par les Français en 1746.).

L’Autriche elle-même, bien qu’ayant accumulé de nombreux revers au cours du conflit, retrouva ses territoires, à l’exemption de la Silésie et du duché de Parme.

L'Autriche suite au traité d'Aix la Chapelle (1748).

En fait, Louis XV décida de rendre les Pays Bas autrichien à Marie Thérèse, préférant adopter un rôle d’arbitre plutôt que de conquérant. Les frontières françaises restèrent donc les mêmes qu’en 1740. A noter que le roi de France accepta aussi de chasser Charles III, prétendant à la couronne d’Angleterre.

Arrestation de Charles III, gravure issue de l'ouvrage Histoire de France, par François GUIZOT, France, 1875.

 

Au final, la guerre de succession d’Autriche s’achevait sur un statu quo navrant pour la France, le pays vainqueur rétrocédant les Pays Bas aux Autrichiens vaincus, et ce sans aucune contrepartie. Le vieux rêve de voir les frontières de la France s’étendre jusqu’au Rhin s’était envolé…

Le roi de France fut très critiqué pour son comportement, et c’est d’ailleurs à cette époque que naquit l’expression se battre pour le roi de Prusse. En effet, si Frédéric II sortait grand gagnant de cet affrontement, ce n’était pas le cas de Louis XV, qui avait décidé d’adopter un rôle d’arbitre plutôt que de conquérant[10].

 

A noter en outre que la France, à l’issue du conflit, se retrouvait isolée diplomatiquement. Les relations avec la Prusse et l’Autriche n’étaient plus au beau fixe, et la situation vis-à-vis de l’Angleterre restait toujours électrique (en raison des multiples affrontements qui se déroulaient entre colons français et anglais dans les colonies.).
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[1] Nous éviterons de donner un numéro à ce personnage, ce dernier étant nommé François III en tant que duc de Lorraine (1729.), François II en tant que grand duc de Toscane (1737), et François I° en tant qu’Empereur germanique (1745.).

[2] Comme son nom le laisse présager, Charles Louis Auguste était le petit fils du surintendant Nicolas Fouquet, emprisonné par Louis XIV pour détournement de fonds publics.

[3] Rappelons que Frédéric II, bien qu’étant roi de Prusse, était aussi prince électeur de Brandebourg.

[4] A noter qu’à cette date, la France n’était pas officiellement en guerre avec l’Angleterre.

[5] Maurice de Saxe était un bâtard de Frédéric Auguste I°, prince électeur de Saxe (et devenu roi de Pologne sous le nom d’Auguste II.). Agé d’une vingtaine d’années, il décida de se mettre au service de la France, vraisemblablement déçu que les aristocrates polonais aient préféré placer son demi-frère Auguste III sur le trône de Pologne.

[6] On appelle apocryphe une citation qui n’a pas été prononcée au moment des faits, ou bien sous une forme différente.

[7] A noter qu’en août 1745, Frédéric II s’était engagé à voter pour François lors de l’élection impériale, à condition que ce dernier lui cède la Silésie.

[8] A noter que Maurice de Saxe mourut en novembre 1750 dans des conditions obscures (certaines sources disent qu’il fut blessé mortellement lors d’un duel, d’autres qu’il succomba à un rhume mal soigné.).

[9] Ne pas confondre Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle (combattant en Italie.) et son frère, Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle (ayant participé à la Diète de Francfort, qui élut l’Empereur Charles VII.).

[10] Rappelons toutefois que bien souvent, les bons sentiments n’ont guère de place en politique. Prenons l’exemple de Saint Louis, qui, souhaitant faire un beau geste, avait décidé de rétrocéder à l’Angleterre le Limousin, le Périgord, l’Agenais, la Saintonge et une partie du Quercy, lors du traité de Paris de 1259. L'initiative du roi de France (ce dernier pensait vraisemblablement que bien mal acquis ne profite jamais.), bien qu’honorable, est néanmoins considéré aujourd’hui comme une des causes de la guerre de Cent Ans. Pour en savoir plus sur ce traité, cliquez ici ; pour plus de renseignements sur la guerre de Cent Ans, cliquez là.

 
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